Messi n’a ni inventé ni sublimé le geste du penalty en deux temps

Ce type d’action footballistique a été inventé par un Belge il y a plus de cinquante ans.

Si vous êtes fan de foot, vous n’avez pas pu rater le but inscrit par le Barcelonais Luis Suarez dimanche 14 février contre le Celta Vigo (6-1), sur une passe décisive effectuée par Lionel Messi... sur penalty. L’action a bien sûr déclenché des commentaires enflammés sur les réseaux sociaux mais, en réalité, Messi n’a ni inventé, ni même sublimé, ce type d’action, qui se pratique généralement plutôt en une-deux.


Pour les plus jeunes, elle rappelle bien sûr un échec magistral, celui de Robert Pirès et Thierry Henry sur une tentative similaire avec Arsenal, en 2005, contre Manchester City.


Pour les un peu moins jeunes, l’origine de la manœuvre est souvent attribuée à Johan Cruyff et Jesper Olsen avec l’Ajax Amsterdam, lors d’un match du championnat néerlandais contre Helmond Sport en décembre 1982. Comme l’expliquait en 2014 la revue spécialisée The Blizzard, il s’agit du seul penalty tiré par le numéro 14 en 250 apparitions sous le maillot ajacide –quand il les tirait à l’entraînement, expliquait le gardien de la réserve Ron Boomgard, il le faisait seulement «pour tenter des choses folles et humilier son adversaire».


Mais, en réalité, l’idée remonte à encore plus loin, comme le relèvent notamment Eurosport, Le Figaro et la quasi-totalité de la presse belge ou flamandophone –et pour cause, c’est un Belge, Rik Coppens, qui l’a inventée. Dans son livre Onze mètres, la solitude du tireur de penalty, le journaliste Ben Lyttleton raconte comment, lors d’un match de qualification pour la Coupe du monde 1958 largement dominé par la Belgique, Coppens avait improvisé une combinaison jamais tentée à l’entraînement en lâchant à son camarade André Piters les mots «twee tijden» («deux touches»), avant de marquer lui aussi le penalty en une-deux, sur une passe pas très académique de son équipier:

«C’était ma décision, a raconté Coppens à Ben Lyttleton. Nous avions une bonne avance au score. Il ne pouvait pas y avoir de conséquence regrettable. Je voulais faire quelque chose de spécial pour le public. J’aimais faire le show et être créatif. Proposer un geste de ce type, c’était naturel pour moi.»

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