Économie

Plus de la moitié des emplois seraient menacés par l'intelligence artificielle

Temps de lecture : 2 min

Le remplacement du travail humain par les machines concernerait plus de la moitié de la population mondiale.

Le bras du robot AILA (Artificial Intelligence Lightweight Android), à Hanovre en 2013 | CARSTEN KOALL/AFP
Le bras du robot AILA (Artificial Intelligence Lightweight Android), à Hanovre en 2013 | CARSTEN KOALL/AFP

C’est la dernière en date des prédictions alarmistes sur l’impact du progrès technologique sur le travail humain: selon Moshe Vardi, directeur de l’Institute for Information Technology de l’université Rice, au Texas, plus de la moitié de la population mondiale pourrait être mise au chômage par l’automatisation des tâches, la robotisation et les avancées de l’intelligence artificielle.

«Nous nous approchons du moment où les machines seront capables de surpasser les humains dans presque toutes les activités», a-t-il déclaré devant une association scientifique, l’American Association for the Advancement of Science (AAAS), relate le Guardian.

Si les mises en garde de Stephen Hawking et Elon Musk, qui craignent que l’intelligence artificielle ne crée des armées de robots tueurs autonomes, nous ont habitués à redouter un futur apocalyptique proche de la science-fiction, de nombreux spécialistes, plus mesurés, ont eux aussi alerté sur les bouleversements à prévoir à court terme sur le marché du travail. Les économistes David H. Autor et David Dorn ont montré que l’informatisation et l’automatisation s’attaquaient en priorité aux emplois routiniers, dont les tâches sont répétitives et prévisibles, donc facilement automatisables. Cette routinisation concerne les emplois manuels mais aussi de service.

Remplacement

Martin Ford, auteur de Rise of the Robots, explique que les emplois de bureau ne sont à ce titre pas à l’abri d’être remplacés par des logiciels, qui apprennent à tout faire y compris à écrire des articles de presse. Des chercheurs d’Oxford ont prédit en 2013 que 47% des emplois américains, des télémarketeurs aux cuisiniers, étaient vulnérables aux effets de l’automatisation.

En France, une étude menée par le cabinet Roland Berger en 2014 aboutit à des résultats tout aussi préoccupants, puisque le remplacement du travail humain par les machines concernerait 42% des métiers et 3 millions d’emplois à l’horizon 2025.

Reste à savoir si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle: certains promoteurs de l’intelligence artificielle mettent en avant le tableau idyllique dépeint par l’économiste John Keynes, selon lequel l’humanité pourrait profiter du progrès technologique pour ne travailler que quelques heures par semaine. D’autres en revanche s’inquiètent des effets de cette nouvelle donne sur le partage des richesses et la montée des inégalités.

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