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«Désolée, nous ne pouvons pas interdire tout ce qui vous choque»

Temps de lecture : 2 min

La militante féministe Julie Bendel livre un plaidoyer en faveur de la liberté d'expression. Nous ne vaincrons pas les idées de Donald Trump ou de l'activiste pro-viol Roosh V en les interdisant du territoire, argue-t-elle.

Mural de Dase  | Dasemarcalvarez via Wikimedia Commons CC SA 2.0License by
Mural de Dase | Dasemarcalvarez via Wikimedia Commons CC SA 2.0License by

«Qu'est-ce qui est arrivé à la liberté d'expression?», lance la journaliste et activiste féministe Julie Bindel dans une vidéo publiée dans le Guardian et très partagée. L’activiste donne plusieurs exemples de ce qu’elle estime être selon elle des abus de la censure: en janvier, près de 500.000 personnes ont signé une pétition visant à interdire l’accès du candidat américain à la primaire républicaine Donald Trump au Royaume-Uni. En 2015, l’union syndicale des étudiantes en Grande-Bretagne a souhaité que soit aux étudiants mâles de porter des robes en guise de déguisement lors des soirées, parce que selon ces étudiantes, de tels déguisements étaient une offense pour les personnes transgenres.

Une conférence de Julie Bindel a été interdite par ce même syndicat, qui affirme que l’activiste a des opinions «terriblement transphobes». La militante s’est attiré de nombreuses critiques par le passé pour ses opinions. En 2004, Julie Bendel a publié un article dans le Guardian, dans lequel elle affirme que les personnes à qui l’on a assigné le sexe masculin à la naissance et qui choisissent une chirurgie de réattribution sexuelle ne devraient pas être considérées comme des femmes, de même que les personnes qui «se glissent un tuyau vide à l‘intérieur de leur jeans 501» ne devraient pas être considérés comme des hommes. Une opinion considérée comme cruelle par de nombreuses personnes trans', qui n'ont pas choisi de naître dans le mauvais corps.

«Désolée, nous ne pouvons pas interdire tout ce qui vous choque», conclue-t-elle. «Interdire aux gens d’exprimer leur opinion ne fait pas disparaître ces opinions», argue Julie Bendel. «Interdire à Donald Trump d’entrer en Grande-Betagne n’empêchera pas les Américains de voter pour lui. Et interdire à Roosh V (un activiste qui veut légaliser le viol, ndlr) l’accès à notre pays ne changera rien au fait qu’au Royaume-Uni, environ 85.000 femmes sont violées chaque année». Ou comme n’a pas dit Voltaire: «Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire.»

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