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Le parcours du combattant d’une femme handicapée sur Tinder

Être handicapé rend-il moins désirable? | Joshua Zader via Flickr CC License by

Être handicapé rend-il moins désirable? | Joshua Zader via Flickr CC License by

Quoi qu’elle fasse, si elle est handicapée, la «rousse sexy» devient très vite la «nana en chaise roulante». À tel point qu’on lui reprochera même de s’être inscrite sur Tinder, comme si des personnes invalides ne pouvaient pas sortir avec des personnes valides.

Trouver l’amour sur les sites de rencontre lorsque l’on est valide n’est déjà pas facile. Mais rencontrer quelqu’un sur ces sites lorsque l’on est handicapé est un désagréable parcours du combattant, semé d’insultes et de terribles blessures, raconte sur le site refinery29.com Kristen Parisi.

Paraplégique depuis un accident de voiture à l’âge de 5 ans, cette attachée de presse a pourtant essayé toutes les méthodes. D’abord, exposer son handicap sur son profil, de manière à ne pas «mentir» sur soi. Mais cette option, explique-t-elle, l’a exposée à des remarques désagréables, voire carrément intrusives. «Tu m’emmènes faire un petit tour de chaise roulante dans ton vagin?» lui demande un homme. «J’imagine que tu ne cherches pas à baiser», lui assène un autre.

«Je ne me résume pas à mon handicap»

Après une dizaine de commentaires similaires, Kristen Parisi décide d’enlever la photo d’elle avec sa chaise roulante et de ne s’ouvrir sur son handicap qu’aux personnes en qui elle aura un peu confiance. Mais la déconvenue est encore plus brutale. «Pourquoi t’inscris-tu sur Tinder? Est-ce que tu ne devrais pas t’intéresser plutôt à d’autres personnes en chaise roulante?» affirme l’un d’entre eux. «Attends, alors, si tu es paraplégique, ça veut dire que tu ne ressens rien pendant la sodomie? Ça serait vraiment génial», s’exclame un autre.

Quoi qu’elle fasse, la «rousse sexy» devient très vite la «nana en chaise roulante». Pourtant, affirme-t-elle, son handicap n’a pas plus d’impact dans sa vie que ne pourrait avoir tout autre trait de caractère, et peut-être moins même qu’un manque de volonté ou un esprit casanier. «Pour moi et pour ceux qui me connaissent bien, mon handicap n’a aucune espèce d’importance dans ma vie. Je vis une vie normale, et j’ai déjà voyagé seule deux fois à travers les États-Unis [...]. Je ne me résume pas à mon handicap», explique Kristen Parisi.

Au bout d’un an, elle rencontre via Tinder une personne ouverte, qui ne la juge pas à l’aune de son handicap. Ils font un bout de chemin ensemble mais c’est elle qui finit par le quitter, parce que ce dernier, estime-t-elle, est un peu trop «vissé à son petit village».

«Mecs stupides et ignorants»

Être handicapé rend-il moins désirable? Les obstacles sont tels qu’il existe de nombreux sites spécialisés de rencontres pour handicapés. En France, on trouve ainsi idylive.fr, handi-rencontres.fr, handistory.com ou encore handicaperencontre.fr (liste non exhaustive!).

Cela ne devrait pourtant en aucune manière être le cas, se désole Kristen Parisi:

«Il n’y a rien qui cloche chez moi. Ce qui cloche, ce sont les mecs stupides et ignorants qui ne savent pas qu’une femme en chaise roulante n’est pas mieux ni moins bien qu’une autre.»

Aujourd’hui la «rousse sexy» n’a plus aucune envie de revenir sur Tinder mais elle ne regrette rien et est même très contente d’avoir tenté l’expérience: 

«Je suis bien plus confiante en moi et cela m’a confortée dans l’idée que je n’ai pas à m’excuser pour ce que je suis. Au début, je me disais que je serais chanceuse de trouver quelqu’un qui accepte mon handicap. Maintenant, je me dis qu’un homme devrait s’estimer heureux et fier d’être avec moi, chaise roulante ou pas.»

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