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L'Homme aurait fait disparaître les mammouths

IceAge_Mammouths | Julian Johnson via Flickr CC License by

IceAge_Mammouths | Julian Johnson via Flickr CC License by

La fin de l'ère glaciaire ne serait en fait pas la cause de l'extinction des pachydermes.

Le réchauffement climatique a bon dos. En tout cas en ce qui concerne l’extinction des mammouths. La mystérieuse disparition des pachydermes est une des plus longues enquêtes de l’histoire, que les scientifiques et archéologues ont tour à tour tenté de résoudre. Tempête soudaine, changement de climat, massacre par les hommes… Les hypothèses sont nombreuses.

Le voile pourrait toutefois être enfin levé sur le mystère. Todd Surovell, directeur du Frison Institute et professeur d’anthropologie à l’université du Wyoming, a publié en janvier de cette année une étude qui confirme le rôle de l’Homme dans l’extinction du pachyderme poilu. Accompagné de Nicole Waguespack, également professeure à l’université du Wyoming, il a compilé tous les endroits où des fossiles de Proboscidiens (ordre de mammifères dont descendent les mammouths et les éléphants) ont été trouvés, et les ont superposés aux sites de fouilles archéologiques où ont été retrouvés des objets préhistoriques humains, triant le tout par date. «Le motif est apparu tout seul, affirme Surovell au Pacific Standard, qui a retracé toute la découverte. Nous ne le cherchions même pas.» La conclusion est sans appel. «Des humains se dispersent dans de nouvelles régions. Ils exploitent les proboscidiens. Les proboscidiens meurent», résume le chercheur.

«Cette découverte est difficile à réconcilier avec l’explication climatique, à moins que quelqu’un nous affirme que le changement climatique a suivi à la trace, en même temps, l’expansion des humains dans le Nouveau Monde», relève Surovell.

Sevrage précoce

Fin 2015, une étude réalisée par Daniel Fisher, directeur du musée de paléontologie de l’université du Michigan, et Michael Cherney montre que, sur une période de mille ans, les bébés mammouths se sont sevrés de plus en plus vite. Un phénomène observé de nos jours chez les animaux particulièrement menacés.

«Ce passage à un sevrage précoce peu avant l’extinction des mammouths est une preuve irréfutable de la pression de la chasse. Cela s’ajoute à un corpus de données de plus en plus important, qui ne correspond pas à l’idée que le changement climatique a causé l’extinction de nombreux mammifères de l’ère glaciaire», résume Fisher. 

Les derniers représentants de l’ordre des Proboscidiens sont aujourd’hui les éléphants, cantonnés à l’Afrique et à l’Asie. À cause du braconnage, de l’expansion des humains sur leur territoire et de la petite taille des réserves naturelles, ils sont eux aussi menacés d’extinction.

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