Audrey Azoulay, la ministre qui n'avait pas de page Wikipédia

Capture d'écran  d'une vidéo du CNC.

Capture d'écran d'une vidéo du CNC.

La remplaçante de Fleur Pellerin était quasiment inconnue du grand public avant sa nomination.

Mais c'est qui, cette nouvelle ministre de la Culture?

C'est au moins quelqu'un qui ne souffrira pas du procès en manque de légitimité culturelle, parce qu'Audrey Azoulay, nommée ce jeudi 11 février au poste de ministre de la Culture en remplacement de Fleur Pellerin, est l'ancienne directrice générale déléguée du Centre national du cinéma (CNC), institution où elle a passé huit ans.

C'est même à ce poste que François Hollande l'a découverte, racontait L'Express en septembre dernier. Ils étaient dans le même avion, en route pour le Mexique, en avril 2014, quand le Président de la République l'a rencontrée et confié à un proche, toujours selon l'hebdo: «C'est une fille bien, il faut lui trouver un poste.» Cinq mois plus tard, à 42 ans, elle devenait conseillère chargée de la culture et de la communication à l'Elysée, poste qu'elle occupait jusqu'à aujourd'hui.

Depuis, vous avez pu la croiser sur cette une de l'Obs, qui avait tant fait parler, sur la jeune garde du Président, en février 2015, aux côtés de Gaspard Gantzer ou Constance Rivière:

Là, à gauche, c'est elle sur la photo.

Capture d'écran du site de l'Obs

Dans l'article, on pouvait lire qu'Audrey Azoulay, au poste de conseillère à la culture et à l’audiovisuel, avait désormais pour mission –à l'instar de Nathalie Ianetta, conseillère au sport– de «favoriser, soutenir et galvaniser les associations sportives et culturelles, constituées de centaines de milliers de bénévoles qui sont les garants du "vivre ensemble"». Ça n'indiquait pas grand chose. 

Pas plus que cette seule autre phrase, consacrée aux deux femmes: «C’est par elles, selon le président, que "l’esprit du 11 janvier" peut se perpétuer dans les mois à venir. "Les héros d’aujourd’hui sont là, sur les terrains de sport, dans les théâtres, dans les salles de musique, avec les mômes, au quotidien, le mercredi, le dimanche…"»

Une «femme de conviction»

Bon. Quoi d'autre alors, sur elle? Originaire d'Essaouira, elle est la fille d'André Azoulay, célèbre conseiller du roi du Maroc Mohammed VI (et de son père Hassan II avant lui). Fille aussi de Katia Brami, présentée comme écrivain sur les rares sites francophones qui la mentionnent. Son parcours se poursuit en France: Dauphine (maîtrise de gestion), Sciences-Po, l’ENA (promotion Averroès... la même que Fleur Pellerin). Elle entame sa carrière comme magistrate à la Cour des comptes avant d'arriver au CNC en 2003. Promue à la direction financière sous la présidence de Nicolas Sarkozy, elle y devient directrice déléguée chargée du secteur de l'audiovisuel et du numérique. En 2014, alors qu'elle rejoint l'Elysée, Le Figaro écrit:

«L'arrivée au cabinet présidentiel de cette inconnue du grand public est saluée à la fois par le monde du cinéma, qui voit en elle une femme de conviction qui sait défendre ses dossiers, et par la haute administration, qui connaît son entregent. Ses anciens collaborateurs, dans ses différentes fonctions, mettent en avant ses qualités de manager et de négociatrice.»

Un parcours qui ne manque pas de grand chose, si ce n'est de lumière. La nouvelle ministre de la Culture et de la Communication n'a d'ailleurs pas de compte Twitter connu au moment de l'écriture de cet article (mais déjà un compte parodique). Elle n'avait pas non plus de fiche Wikipédia à l'heure de sa nomination. A 16h47, trois minutes après l'alerte du Monde, elle s'installait sur Internet.

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