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«Les ondes gravitationnelles devaient être là depuis le début de l'univers»

David Reitze lors de l'annonce de la découverte des ondes gravitationnelles. Capture d'écran.

David Reitze lors de l'annonce de la découverte des ondes gravitationnelles. Capture d'écran.

Albert Einstein avait prédit leur existence. Ce jeudi 11 février, c'est confirmé. Les ondes gravitationnelles existent et pourraient bientôt bouleverser la recherche.

Une découverte historique. On nous l'avait promis, la conférence de presse de David Reitze, le directeur du laboratoire Ligo de Caltech l'a confirmé, en milieu d'après-midi, ce 11 février. Ils ont bel et bien découvert les ondes gravitationnelles, celles-là-mêmes qu'Albert Einstein avait théorisées il y a près d'un siècle, après avoir déjà publié la théorie de la relativité générale.

 

Pour bien comprendre l'importance de cette découverte, il faut déjà savoir ce que sont les ondes gravitationnelles. L'AFP en donne un très bonne explication:

«Une onde gravitationnelle est une infime ondulation de l'espace-temps qui se propage dans l'univers à la vitesse de la lumière. [...] Einstein décrit la gravitation comme une déformation de l'espace. Les masses, comme le Soleil par exemple, courbent l'espace. Un peu à la manière de quelqu'un qui se trouverait sur un trampoline.

Si les masses bougent et connaissent une accélération, ces déformations vont se déplacer et se propager à travers l'espace, formant des ondes gravitationnelles.

On illustre souvent ces oscillations par l'image des rides qui se propagent à la surface d'un étang lorsqu'on vient de jeter une pierre dedans. Plus on est loin, plus la vague devient faible. Les ondes gravitationnelles que l'on recherche sont celles qui sont produites par des phénomènes astrophysiques violents comme la fusion de deux trous noirs ou encore l'explosion d'étoiles massives.»

Une vidéo (en anglais) met d'ailleurs très bien en images ces déformations de l'espace et comment nous pouvons les mesurer:

 

«Explorer des parties de l'univers qu'on ne connaît pas»

Sur Wired, on apprend que «la découverte de ces ondes nous permettrait de créer des systèmes pour observer l'univers de façons qui n'étaient pas encore possible jusque-là». Comme l'explique Anthony Lasenby du laboratoire Cavendish à l'université de Cambridge au site: «Si on les a vraiment détectés, alors on a les moyens d'utiliser ce phénomène pour explorer des parties de l'univers qu'on ne connaît pas encore.» En clair, les ondes gravitationnelles vont créer de nouvelles possibilités en matière de recherche. Le Guardian précise ainsi que ces ondes «peuvent répondre à des questions sur la création de l'univers»:

«Pour voir quelque chose qui se trouve à 13 milliards d'années lumière, les astronomes capturent une lumière qui a commencé son voyage il y a 13 milliards d'années. Mais peu importe la perfection du télescope, il est impossible de jeter un œil aux 400.000 premières années de l'univers, parce que ce serait tellement dense et obscur que même la lumière ne pourrait s'échapper de cette soupe primitive. Mais les ondes gravitationnelles devaient, elles, être là depuis le début.»

Comme l'explique à l'AFP, Tuck Stebbins, le chef du laboratoire d'astrophysique gravitationnelle à la Nasa: «Si on pouvait détecter ces ondes il serait alors possible de remonter à la première milliseconde du Big Bang. Il n'y a pas d'autres moyens pour l'humanité de voir les origines de l'univers.»

La fausse annonce de 2014

Si vous pensiez qu'on avait déjà découvert ces ondes, vous n'avez, par ailleurs, pas tout à fait tort. Le Guardian rappelle que pendant quelques semaines en 2014, on était sûr d'avoir découvert ces ondes, avant de réaliser notre erreur.

Phys rappelle également que deux chercheurs ont été récompensés du Nobel en 1993 pour leurs découvertes datant de 1974. C'était alors une détection indirecte des ondes gravitationnelles, puisqu'ils avaient «découvert que les orbites de deux étoiles à neutrons de notre galaxie, en rotation autour d'un centre de masse commun, rétrécissait à un taux consistent avec une perte d'énergie via les ondes gravitationnelles».

Enfin, si vous voulez vous rendre compte de l'ampleur qu'une telle annonce peut avoir dans le monde scientifique, sur NPR, un astrophysicien se remémore les années passées à attendre la confirmation d'une telle découverte. Le «Woohoo» qui concluait le mail qui relançait les rumeurs d'une découverte des ondes gravitationnelles allait dans le même sens.

Et pour ceux qui veulent aller encore plus loin, Newser a réalisé une très belle sélection d'articles sur le sujet.

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