Après cinq ans de conflit, 11,5% des Syriens sont morts ou blessés

Des Syriens portent le corps d'une victime du régime syrien à Alep. AMEER AL-HALBI / AFP

Des Syriens portent le corps d'une victime du régime syrien à Alep. AMEER AL-HALBI / AFP

Un rapport du Centre syrien de recherche politiques fait le point sur une guerre qui n'en finit pas entre le camp de Bachar el-Assad et les rebelles.

Après cinq années de conflit, quelques chiffres publiés en exclusivité par le Guardian donnent la mesure de l'ampleur du désastre syrien. D'après un rapport du Centre syrien de recherche politiques, 470.000 personnes sont mortes directement ou indirectement à cause de la guerre. Au total, 11,5% de la population ont été tués ou blessés (1,9 million de personnes). De fait, l’espérance de vie a elle aussi fortement chuté. Elle est passée de 70 ans, en 2010, à 55,4 en 2015.

D'autres statistiques rendent bien compte du chaos auquel est confronté le pays. En cinq ans, la Syrie a perdu 21% de sa population, partie en grande partie vers la Turquie et l'Europe. Au total, 45% des Syriens ont quitté leur foyer que ce soit pour aller à l'étranger (4 millions de personnes) ou ailleurs dans le pays (6 millions de personnes). Pour les survivants, la vie quotidienne reste très compliquée puisque les prix de consommation ont augmenté de 53% l’an dernier. Surtout, 13,8 millions de Syriens ont perdu leur emploi.

Alep, un nouveau Sarajevo?

Et la situation pourrait encore s'aggraver. Depuis plusieurs jours, une nouvelle bataille fait rage à Alep entre l’armée du gouvernement Assad et les rebelles qui sont à sa tête depuis 2012. Aidés par les frappes aériennes russes et l’armée iranienne, les pro-Assad sont en passe de récupérer la ville. Les frappes russes sont parvenues à toucher les hôpitaux et les écoles et l’armée d’Assad empêche toute aide extérieure. Les habitants n’ont donc plus d’autres choix que de quitter la ville pour s’en sortir.

La situation actuelle à Alep n’est pas s’en rappeler celle de Sarajevo à la fin des années 1990, quand les pro-Yougoslaves combattaient les forces bosniennes. La guerre avait fait plus de 100.000 morts chez les civils et était à l’origine de fortes vagues de migration. 

Le Washington Post explique d'ailleurs que cette nouvelle bataille sur le territoire syrien pourrait être à l’origine d’une nouvelle crise des réfugiés. Près de 35.000 personnes ont fui la région d'Alep et sont actuellement massés à la frontière Syro-Turque. Ankara affirme que depuis le début du conflit, 2,2 millions de réfugiés syriens ont gagné la Turquie. Reste à savoir si les prochaines vagues de réfugiés vont, elles aussi, pouvoir être accueillies.

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