«Harry Potter and the Cursed Child» n’est pas (vraiment) le huitième tome de la saga

Des enfants tiennent dans leurs mains le dernier volet de la saga, à Hong Kong en 2007. Mike Clarke /AFP

Des enfants tiennent dans leurs mains le dernier volet de la saga, à Hong Kong en 2007. Mike Clarke /AFP

L'entourage de JK Rowling a annoncé pour juillet la publication du script de «The Cursed Child», pièce de théâtre promptement présentée comme «le huitième Harry Potter».

Le site Pottermore, responsable de la communication officielle autour de l’univers Harry Potter, a annoncé mercredi la sortie de Harry Potter and the Cursed Child: Parts I&II (Harry Potter et l’enfant maudit). L’annonce a rapidement été relayée comme la sortie du «huitième Harry Potter», par les médias, le site Pottermore, ainsi que JK Rowling elle-même sur son compte Twitter.

Ce livre est en réalité le script d’une pièce de théâtre du même nom, qui se jouera au Palace Theatre de Londres à partir de juillet 2016. Ce qui ne sera pas exactement pareil pour les fans.

Il n’a pas vraiment été écrit par JK Rowling

Harry Potter and the Cursed Child est une pièce qui raconte les interrogations et difficultés d’Albus Potter, fils du sorcier à lunettes et de Ginny Weasley, à accepter le poids de l’héritage familial. Son père, désormais employé du ministère de la Magie, peine quant à lui à gérer son propre passé, indique le site Pottermore.

Même si elle est présentée comme «la huitième histoire», la pièce n’a cependant pas été entièrement écrite par JK Rowling. Le scénario a été établi avec l’aide de cette dernière, mais les dialogues et le reste de la pièce ont été écrits Jack Thorne (Skins, Shameless), gagnant de deux BAFTA, et mis en scène par John Tiffany, récompensé par un Tony award pour la comédie musicale Once. Bien que conçue par un dramaturge et un metteur en scène reconnus, il est possible que le résultat et l’écriture soient légèrement différents de ce que les fans connaissent.

Un script enrichi

Harry Potter and the Cursed Child: Parts I&II ne sortira en librairie qu’après la première de la pièce, prévue le 30 juillet 2016. Cette première édition ne sera que le script brut, enrichi par les différentes répétitions qui auront «permis à l’équipe artistique de répéter et explorer plus en avant les scènes, avant la première officielle», rapporte Pottermore. Cette première version sera ensuite remplacée par une édition plus complète, et collector.

Avoir un script enrichi en lieu et place d’un «vrai» roman paraît un peu fade comparé au roman. La richesse de l’univers d’Harry Potter repose notamment sur de longues descriptions, précises, s’attachant à de nombreux détails. Et en dépit des débats interminables sur la qualité littéraire contestée de la saga, les fans eux la trouvent indéniable et apprécient la saga notamment pour ça. «Rowling a un talent pour inventer un univers parallèle imaginé avec soin, pour créer des personnages et fabriquer des scénarios», décrivait Philip Nel, chercheur en littérature jeunesse, dans le Washington Post en 2011.

Une pièce de théâtre ne pourra pas remplacer ça.

Attente

Cela fait quasiment dix ans maintenant que les fans du sorcier attendent une suite. Harry Potter et les reliques de la mort n’était pas encore refermé que les rumeurs d’un huitième tome couraient déjà. Les lecteurs fourmillaient de questions sur le devenir de certaines familles et professeurs, ce qu’il advenait de Neville et d’autres personnages secondaires, et plus globalement sur la suite d’une multitude d’histoires développées pendant sept tomes. Dans l’esprit des fans, un «huitième» Harry Potter avait sa place s’il apportait des réponses sur des personnages déjà existants, que ce soit de l’époque de Harry ou de ses parents. Ce rôle d’ «encyclopédie» a déjà été partiellement rempli avec l’ouverture du site Pottermore en 2012, devenu depuis un site hybride, entre plateforme d’informations et exploration plus poussée des livres.

La pièce ne remplira pas forcément cette fonction de dévoilement: Albus Severus semble être au centre de l’intrigue. Une hypothèse que corrobore l’imagerie de la pièce, représentant un enfant réfugié dans un nid en forme de Vif d’or. Les chances sont minces de retrouver les personnages de la série d'origine, comme le montre le pitch officiel de la pièce, révélé le 23 octobre 2015

«Cela a toujours été difficile d’être Harry Potter et ce n’est pas beaucoup plus simple maintenant qu’il est à la fois un employé du Ministère de la Magie surchargé, un époux et le père de trois enfants en âge d’aller à Poudlard. Alors que Harry se bat avec un passé qui ne veut pas rester en place, son plus jeune fils Albus lutte avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Le passé et le présent se mêlant de façon inquiétante, tant le père que le fils apprennent une vérité qui dérange: parfois, l’obscurité surgit d’endroits inattendus.»

Tout cela ne fait pas de Harry Potter and the Cursed Child une mauvaise nouvelle: la pièce permettra aux lecteurs de se replonger dans l’univers du mythique sorcier, près de vingt ans après la sortie du premier tome. Mais cela fait de la campagne marketing qui l'entoure déjà une campagne très abusive.

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