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À leur majorité, la Grande-Bretagne renvoie des centaines de réfugiés dans leur pays

Un jeune migrant tout juste arrivé sur l'île de Lesbos, en Grèce. DIMITAR DILKOFF / AFP

Un jeune migrant tout juste arrivé sur l'île de Lesbos, en Grèce. DIMITAR DILKOFF / AFP

Chaque année, ces jeunes migrants sont expulsés vers l'Afghanistan ou l'Irak après qu'ils ont eu 18 ans.

Ces derniers mois, l'attention des médias s'est beaucoup portée sur l'arrivée massive de réfugiés, en Europe notamment, et les problèmes posés par cet accueil. Les Irakiens, Libyens, Afghans, Iraniens ou Syriens fuient leur pays en guerre pour trouver refuge sur le Vieux continent où ils ne sont pas forcément les bienvenus. Mais, parallèlement à cette crise migratoire, le Bureau of Investigative Journalism, une ONG britannique révèle un tout autre problème: celui du renvoi de milliers d'enfants réfugiés dans leur pays une fois qu'ils ont atteint la majorité. Même si celui-ci est toujours en proie au chaos.

C'est en Grande-Bretagne que ça se passe. Le ministre de l’Immigration anglais, James Brokenshire, a reconnu qu’aux cours de ces neuf dernières années, 2.748 jeunes réfugiés avaient été renvoyés dans leur pays avec un pic en 2011 où 495 demandeurs d’asile ont été contraints de quitter l’Europe. Destination pour la très large majorité d'entre eux: l'Afghanistan. Mais chaque année, plusieurs dizaines de jeunes majeurs sont aussi renvoyés vers l'Irak malgré la présence sur une large partie du territoire de l'État islamique.

Pourtant, ces enfants qui fuient le chaos et la guerre font en sorte de s’adapter au mieux à la vie britannique. D’ailleurs, pour Tim Farron, leader des Libéraux-Démocrates, une grande majorité d’être eux sont parfaitement intégrés. Tous se préparent ainsi à continuer leur vie d’adulte sur place au moins le temps que les conflits qui touchent leur pays se terminent. Certains même ne se voient plus jamais quitter le Royaume-Uni. Sauf qu’une fois qu’ils passent à l’âge adulte, ils ne sont plus protégés par le droit d’asile et doivent en demander une prolongation. Celles-ci sont compliquées à obtenir. D'après les chiffres du Bureau of Investigative Journalism, seule une prolongation du droit d’asile sur cinq est accordée. 

«Tout perdre une seconde fois et tout simplement insupportable»

Gillian Hughes, psychologue pour enfant, fait le lien entre leur départ forcé d’Europe avec celui qu’ils ont déjà été contrait de faire de leur pays d’origine. Pour lui, «tout perdre une seconde fois et tout simplement insupportable».

Louis Paigh, une députée qui travaille avec le Bureau of Investigative Journalism sur la question, envisage de faire passer le débat devant le Parlement afin de résoudre le problème du système britannique d’asile. En attendant, Tim Farron préside ce 10 février un sommet d’urgence entre tous les partis politiques pour tenter d’améliorer la prise en charge des futurs enfants réfugiés. Le Bureau de la commission de l’enfance, l’Association des collectivités locales et l’association «Save the children» prendront part au débat.

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