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Personne ne veut entrer au gouvernement, alors?

François Hollande et Manuel Valls, le 23 septembre 2015. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY

François Hollande et Manuel Valls, le 23 septembre 2015. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY

C’est le casse-tête qui se pose à tout l’exécutif et, pour l’instant, la réponse qui vient des rangs socialistes semble être: pas grand-monde.

Après le départ de Christiane Taubira et l’annonce probable et imminente par François Hollande de la nomination de Laurent Fabius à la tête du Conseil constitutionnel, un remaniement du gouvernement Valls se précise. Par temps clément, une telle manœuvre consiste à arbitrer entre les trop nombreuses candidatures de «ministrables» pour faire le tri mais, cette fois, Hollande et Valls vont peut-être se retrouver face à des difficultés de recrutement et à une pénurie de candidats de qualité.

À peine Le Parisien a-t-il annoncé que Martine Aubry briguait le poste de ministre des Affaires étrangères que Laurent Fabius s’apprête à quitter, que l’intéressée a fait savoir qu’il n’en était rien, tout en laissant entendre que cette fausse annonce était une sorte de manipulation pour tester sa réaction. L'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, dont le nom a été également cité récemment, accepterait-il de prendre la suite de Laurent Fabius dans un gouvernement dirigé par son successeur? Sera-ce Ségolène Royal, considérée comme favorite ou encore Élisabeth Guigou? Dans tous les cas, le renouvellement risque de ne pas être au rendez-vous.

L’ouverture à la «société civile» ne donne pas pour l’instant de résultat plus probant: Nicolas Hulot, qui envisage d’être candidat à l’élection présidentielle en 2017, a lui aussi décliné l'offre, bien qu’il ait été courtisé par l’Élysée qui lui aurait proposé «un super-ministère de l’Écologie» et le poste de numéro deux du gouvernement en le nommant ministre d’État. À défaut, un membre d'Europe-Écologie-Les Verts pourrait faire son entrée au gouvernement. Plusieurs noms auraient d'ailleurs été soumis à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique pour vérification.


Qui pour remplacer Valls?

Et ce n’est pas tout: même le poste de Premier ministre serait sur la sellette, si on en croit le «cercle le plus proche du président» qui pousserait ce dernier en ce sens. Dans le contexte pré-remaniement propre aux rumeurs, intox et bruits de couloirs abondamment relayés par la presse qui maintient un suspense un peu forcé, ce genre d'«information» –alors même que personne n'avait anticipé la date de la démission de Taubira– vaut ce qu'elle vaut... Néanmoins, le nom de Bertrand Delanoë est évoqué. Le 24 janvier, le JDD qui consacrait un article à l’ancien maire de Paris rappelait par ailleurs que son nom était régulièrement évoqué depuis plusieurs années aux portefeuilles des Affaires étrangères ou de la Culture. Mais là non plus l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous. «Je ne serai pas ministre. Je ne pourrais l'être que si je suis en harmonie avec mes convictions et en capacité d'agir», répondait l’intéressé aux questions du JDD, précisant au passage qu’il était opposé au projet de loi de déchéance de nationalité discuté en ce moment à l’Assemblée.

Récemment nous avons dressé la (longue) liste des ministres (voir ci-dessous) qui, depuis le début du quinquennat, ont démissionné avec fracas (Christiane Taubira), ont profité d’un remaniement pour ne pas y rester (Cécile Duflot) ou ont poussé la provocation à un point de non retour (Batho, Montebourg, Hamon, Fillipetti). Sans oublier celles et ceux qui se sont empêtrés dans un scandale politique ou fiscal ne laissant d’autre choix au président que de les débarquer (Jérôme Cahuzac, Thomas Thévenoud). À tous ces démissionnaires faut-il donc ajouter dorénavant les récalcitrants.

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