Quand les députés «abstentionnistes» critiquaient l'abstention des électeurs

Yves Colmou, conseiller de Manuel Valls, à l'Assemblée nationale le lundi 8 février 2016 à Paris. (Jacques Demarthon/AFP)

Yves Colmou, conseiller de Manuel Valls, à l'Assemblée nationale le lundi 8 février 2016 à Paris. (Jacques Demarthon/AFP)

Le lundi 8 février, il n'y avait que 29% des députés présents à l'Assemblée nationale lors du vote pour la réforme qui vise à inscrire l'état d'urgence dans la Constitution française.

411. C'est le nombre de députés qui ont déserté l'hémicycle de l'Assemblée nationale ce lundi 8 février, lors du vote du premier article de la loi constitutionnelle sur l’état d’urgence. Un fort abstentionnisme attendu, le lundi, la plupart de ces élus étant en général dans leur circonscription. Toutefois, pour une partie de l'opion qui se voit rappeler à chaque élection l'importance d'aller voter, ce faible taux de participation sur un enjeu qui paraît si fondamental déroute. Surtout que parmi tous ces déserteurs, certains se sont érigés au cours de leur carrière politique en vrai ennemis de l'abstentionnisme. Voici quelques-unes des déclarations de ces absents remarqués contre ceux qui ne votent pas.

«Les Français, à juste titre, sont très attachés à leur liberté, à toutes leur libertés, et aller voter en est une. L'abstention, c'est l'échec des politiques.»
 
 

«La moindre des choses est de prendre un petit peu de son temps pour aller voter et d'arrêter d'avoir peur derrière sa télé.» (mars 2015)

«Ouvrons les yeux vers les révolutions en Tunisie, en Egypte, en Lybie, pour comprendre que le droit de vote ne se glavaude pas.» (L'hebdo du vendredi, mars 2011)
«L'abstention est une forme de désaveu.» (Le Républicain Lorrain, mars 2014)
«L’avenir n’est jamais dans l’abstention: la République, c'est l'engagement!»
 
 

«Il serait temps de déclarer la guerre à l'abstention.»

En 2014, Cambadélis mettait en garde le PS contre l'abstentionnisme, parlant de «bouderie démocratique sans précédent.»

«Votons, et refusons l'abstention. S'abstenir, c'est renoncer, voter c'est y croire!» (30 mars 2010)
«Nous avons six ans, notre travail consiste à faire baisser l'absention.» (L'hebdo du vendredi, mars 2010)
«Plutôt que l'abstention, le vote par procuration. Vous devez exercer votre droit.» (mars 2012)
«L'absention est une crise de la citoyenneté. Une crise du civisme.» 
 

 «Il est très important d’aller voter, surtout lorsque nous connaissons un contexte social explosif.» (mars 2015)

 

De quoi inciter les jeunes à aller voter.

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