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La double personnalité d'Henri VIII aurait pour origine des coups à la tête

Portrait of Henry VIII of England | Hans Holbein le jeune via Wikipedia Commons

Portrait of Henry VIII of England | Hans Holbein le jeune via Wikipedia Commons

Des chercheurs de Yale ont étudié la vie du roi d'Angleterre du XVIe siècle. Selon leurs découvertes, une suite de blessures auraient grandement affecté son comportement.

Tous les historiens s’accordent à dire qu’Henri VIII, qui régnait sur l’Angleterre et l’Irlande de 1509 à sa mort, en 1547, faisait preuve durant la première partie de son règne d'une très bonne forme physique. Il avait alors l’image d’un roi fort et charismatique. Sauf qu'à la fin de sa vie, Henry VIII laissera la trace d'un monarque cruel et tyrannique. 

Des chercheurs de la prestigieuse université de Yale ont fait des recherches pour comprendre ce qui avait pu se passer. Ils ont déterminé que les importants changements de personnalité qui ont marqué la fin de sa vie seraient dus à de nombreuses blessures, notamment à la tête. Ils publieront leur rapport détaillé sur le sujet dans l’édition de juin du Journal of Clinical Neuroscience.

Le site Quartz, qui relaie cette découverte historique, précise que les changements de personnalités du roi Henri VIII sont d’autant plus flagrants qu’il était dans sa jeunesse et la première partie de sa vie, quelqu’un de joyeux avec «le rire facile». À partir de 1524, plusieurs blessures successives altèrent sa personnalité. Cette année-là, il est touché par une lance lors d’une joute. Il tombe alors de son cheval, totalement hébété. En 1525, il chute lourdement, le poteau sur lequel il se trouve se casse et il tombe dans un fossé plein d’eau. Mais c’est en 1536 qu’il subit sa plus grave blessure. Lors d’une joute, toujours, il chute à nouveau de son cheval qui lui tombe dessus. Il serait alors resté plus de deux heures sans pouvoir parler.

Amnésique, impuissant, colérique

Ces différentes blessures ont pu provoquer plusieurs symptômes, comme le révèlent les chercheurs. Tout d’abord, à la suite de ces lésions cérébrales, Henri VIII aurait été touché par d'importantes migraines, très fréquentes après 1531. S'y ajoutent insomnies et signes de dépression. Mais, plus inquiétant pour gouverner un peuple, le roi a souffert de forts troubles de la mémoire. Par exemple, alors qu’il avait demandé qu’on envoie sa sixième épouse, Catherine Parr, en prison dans la Tour de Londres, il oublia ses commandements et la consola lorsque ses soldats étaient venus la chercher. 

Quartz ajoute que certains écrits révèlent qu’il souffrait d’impuissance, alors qu’il était vu comme un «homme à femmes». Il aurait même été incapable de consommer son cinquième mariage avec Catherine Howard. Enfin, on peut ajouter à tous ces troubles, des colères à répétition qui le rendaient tyrannique ou encore une forme physique déplorable. D’après The Journal of Medical Biography, il meurt «énorme» à l’âge de 55 ans. Comme le dit Arash Salardini, l’auteur principal de l’étude, «il est fascinant de penser que l’histoire moderne européenne peut avoir été modifiée à cause de coups à la tête».

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