Sciences

Le mot qui vous reste sur le bout de la langue en dit long sur votre mémoire

Temps de lecture : 2 min

C'est certes frustrant, mais très instructif sur la manière dont le cerveau fonctionne.

Migraine. Quinn Dombrowski via Flickr CC License by
Migraine. Quinn Dombrowski via Flickr CC License by

«Mais tu sais… Ce n’est pas un orthophoniste. Ça commence par un L.» Cette scène vous est familière? Il n'y a pas d’inquiétudes à avoir. Ne pas parvenir à verbaliser une tournure de phrase ou à trouver un mot fait partie du quotidien de la plupart des humains, selon un article de la BBC.

Quand un oubli de la sorte se produit, on essaie de combler le silence en se tournant vers une liste de synonymes pour retrouver le bon mot. Parfois, en vain. C’est ce que les scientifiques et les professionnels de la santé appellent l’aphasie léthologique.

Comme beaucoup de termes qui appartiennent au champ lexical du cerveau, les deux mots qui servent à désigner cette pathologie sont dérivés du grec ancien. Le mot aphasie vient du «a» privatif du grec ancien et du mot « phasis » qui se traduit par «parole». Quant à léthologique, il vient du grec «lêthê» pour «oubli» et de «logos» pour «langage».

«Dans la mythologie grecque, Lethe était aussi l’une des cinq rivières de l’enfer que les âmes des morts buvaient pour oublier tous leurs souvenirs terrestres», raconte le site de la BBC.

L’importance de mémoire et de l’oubli dans la mythologie grecque fait écho à notre compréhension moderne du fonctionnement de la mémoire dans le cerveau.

Les mots inutiles passent à la trappe

Le cerveau ne fonctionne pas comme un ordinateur qui stockerait des données qu’il retrouverait à la seule pression d’un bouton.

«Nos mémoires sont surprenantes, elles répondent aux nombres d’associations que l’ont crée avec de nouvelles informations. Mais elles ne dépendent pas de l’effort de concentration que l’on produit pour se souvenir», explique Tom Stafford, professeur de psychologie cognitive à l’université britannique de Sheffield.

Le vocabulaire actif écrit ou oral de la majorité des adultes français ne compte que 5.000 mots. Bien entendu, on peut en comprendre bien plus sans pour autant les utiliser au quotidien. Ce sont ces mots et noms propres —qui composent notre vocabulaire passif— que l’on oublie souvent.

«Parce que nos esprits fonctionnent par association et sont construits sur des modèles d’informations interconnectées, développe la BBC, le souvenir d’un mot peut dépendre des liens que l’on a crée entre ce mot et d’autres informations mémorisées.»

Si vous avez plus de difficultés à vous souvenir de mots que vous utilisez peu, c’est parce que vous n’avez pas encore crée tous les liens qui vous faciliteraient la tâche. L’aphasie léthologique, c’est à la fois l’oubli d’un mot, mais aussi la trace de ce mot dans la mémoire.

«Peut-être qu’il nous est nécessaire de boire à la rivière Lethe pour nous aider à temporairement oublier l’anodin et l’inutile pour privilégier les informations qui sont importantes à nos vies», conclut la BBC.

Slate.fr

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