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Ted Cruz pourrait bien ne pas être éligible à la présidence des États-Unis

Ted Cruz à Sanbornville, dans le New Hampshire, le 19 janvier 2016.

Ted Cruz à Sanbornville, dans le New Hampshire, le 19 janvier 2016.

Le lieu de naissance du candidat à la primaire républicaine pourrait l'empêcher d'accéder à la Maison Blanche.

Si vous suivez l'élection présidentielle américaine, vous savez probablement que parmi les favoris du côté républicain se trouve Ted Cruz. Le sénateur du Texas est arrivé en tête lors du caucus de l'Iowa, mais devrait finir un peu plus loin dans un New Hampshire qui semble promis à Donald Trump.

Comme on le lui rappelle régulièrement, en plus de tous les candidats républicains, Ted Cruz va surtout devoir affronter un autre adversaire: la Constitution américaine. Le sénateur est né au Canada, en 1970, de parents américains. Or, la Constitution américaine exige que le président soit un «citoyen né américain».

Cruz a renoncé à sa nationnalité canadienne il y a quelques mois. Et comme nous l'écrivions à la fin du mois de janvier, «malgré cela, il est régulièrement attaqué par ses adversaires –notamment par Donald Trump– qui indiquent qu'il ne pourrait pas devenir président car la Constitution exige que les candidats soient nés américains, sans plus de précision. La Cour Suprême américaine n'a, de son côté, jamais donné de définition claire.»

«Natural born citizen»

Sur Slate.com, le professeur de droit Eric Posner explique pourquoi Ted Cruz ne peut pas être éligible. Il se réfère à la définition du XVIIIe siècle de «natural born citizen», qui, pour lui, signifie uniquement être né aux États-Unis. «Un “natural born citizen ne peut être quelqu'un dont la naissance lui donne le droit à la citoyenneté en raison d'un statut –et dans ce cas, un statut qui confère la citoyenneté américaine à une personne née à l'étranger d'un parent américain.» Il indique également que si les Pères Fondateurs avaient voulu donner un spectre plus large, ils auraient pu utiliser l'expression «natural born subject», employée par la couronne britannique pour les personnes nées dans les dominions. 

«Les temps ont changé depuis le XVIIIe siècle. Je doute que Cruz essaie de faire passer les États-Unis sous contrôle canadien. Et je n'ai pas peur que les Américains offrent la présidence à Vladimir Poutine ou David Cameron. Mais Cruz, dont le site de campagne comporte une section intitulée “Restaurer la Constitution pense que la Cour Suprême s'est égaré en refusant d'appliquer la compréhension originale de la Constitution à la lettre. S'il a raison, alors il n'est pas éligible en tant que président.»

Ce n'est pas la première fois que David Posner émet ces objections. Il l'avait déjà indiqué au Chicago Tribune, ainsi que sur son blog.

À l'inverse, soulignait Radio Canada, en janvier dernier, «les experts s'accordent pour dire que la situation de Ted Cruz ne pose pas de problème». Au final, c'est peut-être donc Donald Trump qui aura raison. Le milliardaire américain avait prédit qu'en cas de victoire de son adversaire, il pourrait passer deux ans devant la justice pour savoir s'il a bien le droit de devenir président des États-Unis.

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