Un couple a pris ses photos de mariage dans la ville la plus dévastée de Syrie

Un couple dans les rues de Homs, en Syrie, le 5 février 2016. Joseph Eid/AFP

Un couple dans les rues de Homs, en Syrie, le 5 février 2016. Joseph Eid/AFP

Nada Merhi et Hassan Youssef on réalisé leurs photos de mariage à Homs, ville syrienne en ruine.

Pour de nombreux couples, les photos de mariage font partie des moments les plus importants de la cérémonie: éclairage, photographe professionnel, pose, et surtout décor… chaque détail compte. Le 5 février dernier, Nada Mehri, 18 ans, et Hassan Youssef, 27 ans, deux jeunes Syriens, n’ont pas dérogé à la règle. À un détail près: le shooting photo s’est déroulé dans les rues de Homs, ville située au nord de Damas et tombée en ruine depuis le début de la rébellion  en 2011.

Le Washington Post explique sur son site qu’un photographe nommé Jafar Meray a réalisé tous les clichés dans la rue. Un photographe de l’Agence France-Presse, qui accompagnait le couple pour réaliser des clichés, explique que son collègue syrien a voulu «utiliser la destruction de Homs pour prendre des photos d’une jeune couple mariés permettait de montrer que la vie est plus forte que la mort.»

 (Joseph Eid/AFP)

 (Joseph Eid/AFP)

 (Joseph Eid/AFP)

 (Joseph Eid/AFP)

Comme le note le journal américain, Jafar Meray avait déjà proposé à des couples de poser dans les rues détruites. Sa page Facebook montre de nombreux couple ayant accepté de poser, les différentes reprises médiatiques, et plusieurs messages en arabe qui disent notamment «la vie continue, silencieusement».

 

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Si le décor est vite oublié grâce aux photos de Meray, un détail interpelle: les mariés portent souvent un uniforme militaire sur les photos, nous ramenant très vite à ce que vivent les habitants au quotidien. «Youssef est soldat dans l’armée syrienne, rappelle le journal américain, celle-là même qui a aidé à détruire Homs après des années de frappes aériennes, d’attaques d’artilleries, et de coups de mortiers et de roquettes destinés aux groupes rebelles.» Il y a quelques jours, une vidéo filmée par un drone permettait justement de prendre conscience de l'ampleur du désastre à Homs. Le New York Times expliquait que ces images ressemblait un décor de «jeu vidéo post-apocalyptique», fait de cimetière abandonné, d'habitants esseulés et d'immeubles réduits en gravats. 

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