Monde

La bataille d'Alep et le risque d'une nouvelle crise humanitaire majeure

Repéré par Fanny Arlandis, mis à jour le 09.02.2016 à 16 h 41

Repéré sur New York Times, Syria Deeply, The Guardian, The Washington Post

Quelques éléments pour comprendre les enjeux de la bataille d'Alep qui se joue actuellement au nord-ouest de la ville.

A Bab al-Salama, près de la frontière turque, des réfugiés attendent la distribution de tentes après avoir fui la ville d'Alep, le 6 février 2016. BULENT KILIC / AFP

A Bab al-Salama, près de la frontière turque, des réfugiés attendent la distribution de tentes après avoir fui la ville d'Alep, le 6 février 2016. BULENT KILIC / AFP

1.Qui se bat contre qui?

Depuis que les rebelles se sont emparés de la moitié de la ville à l'été 2012, on a dénombré quatre batailles majeures sur le territoire d'Alep, mais aucune n'avait permis au régime de gagner autant de terrain que celle de la semaine dernière. Le 1er février, le camp gouvernemental a lancé une large offensive dans ce bastion de la révolution anti-Assad, torpillant par la même occasion de fragiles pourparlers lancés à Genève sous l'égide des Nations Unies pour trouver un réglement politique à la crise.

C'est grâce à l'intervention russe, depuis octobre 2015, que Bachar el-Assad peut mener ces offensives dans différentes provinces. Il est également aidé par le Hezbollah libanais et des combattants afghans, irakiens et iraniens. Les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), soutenus par les Russes, se battent également contre l'opposition dans le but d'unifier leurs territoires et aquérir plus d'autonomie.

À Alep et sa région, l'opposition est principalement composée de rebelles issus de l'Armée Syrienne Libre et de salafistes d'Ahrar al-Sham. Le Front al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaida), a, lui, envoyé des renforts.
 

2.Quelle importance stratégique?

Depuis le début de l'intervention russe, l'opposition armée recule partout en Syrie. Selon Le Monde, elle est aussi «minée par les désertions».  Si Alep, plus de deux millions d'habitants avant la guerre, tombe entièrement, cette défaite sera la plus grosse pour la rébellion depuis le début du conflit. Cette bataille est donc décisive pour la révolution.

Depuis la prise de deux villages chiites, Zahraa et Nubul, par les forces loyalistes le 3 février, la route du nord de la ville a été coupée. Elle permettait aux rebelles de s'approvisionner en armes et en nourriture. La menace d'un siège brutal plane désormais sur la ville.
 

3.Quelles conséquences pour la population?

Depuis l'entrée des rebelles dans Alep, en 2012, l'aviation syrienne largue des barrils d'explosifs en visant délibérement les civils. Les frappes russes, plus précises, ont également pour but de toucher en priorité les hôpitaux, les boulangeries et les écoles.

Dans la ville, les prix ont explosés et les civils manquent de tout. Il n'y a plus d'eau ni d'éléctricité et l'essence pour faire fonctionner le chauffage est hors de prix.

La bataille d'Alep risque de déclencher une nouvelle crise humanitaire majeure. Des milliers de civils ont déjà fui la ville de peur d'être pris au piège si Alep se retrouve complétement encerclée. Selon les Nations Unies, 20.000 personnes sont bloquées à la frontière entre la Syrie et la Turquie, côté syrien, et plus de 70.000 devraient encore arriver dans les prochains jours. La Turquie, qui accueille déjà 2,5 millions de réfugiés, a fermé sa frontière il y a trois mois. Les autorités ont cependant indiqué qu'elles laisseront des réfugiés passer, sans préciser quand, ni combien. 

Si Alep est finalement reprise entièrement aux rebelles, la Turquie verra arriver une nouvelle fois à ses frontières des milliers de réfugiés, notamment les combattants et leurs familles.

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