Égalités / Monde

Les pro-Clinton tentent de culpabiliser les femmes qui préfèrent Sanders

Temps de lecture : 2 min

Les supporters d'Hillary tentent par tous les moyens de convaincre le public jeune qui fait pour l'heure défaut à la candidate à la primaire démocrate.

ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Les supporters d'Hillary Clinton ont une nouvelle stratégie pour tenter de convaincre les jeunes femmes de voter pour l'ancienne première dame: les faire culpabiliser.

Alors que les femmes de moins de 29 ans ont tendance à préférer Bernie Sanders –elles ont voté six fois plus en sa faveur que pour Hillary lors des caucus de l'Iowa et il mène aussi dans le New Hampshire–, plusieurs alliées de Clinton ont récemment insinué que ne pas soutenir la candidate était une forme de trahison à la cause des femmes.

L'accusation la plus directe est venue de Madeleine Albright, qui fut secrétaire d'État dans l'administration de Bill Clinton. Lors d'un événement de campagne dans le New Hampshire le 6 février, elle a ainsi déclaré:

«Il y a une place spéciale en enfer pour les femmes qui ne s'entraident pas».

Puis, en référence à la révolution politique appelée de ses voeux par le candidat socialiste Bernie Sanders:

«Les gens parlent de révolution. Mais ça serait quand même une vraie révolution d'avoir la première femme présidente des États-Unis? Jeunes femmes, vous devez aider. Hillary Clinton sera toujours là pour vous.»

«Le combat n'est pas fini»

Le message de Madeleine Albright est que les jeunes femmes d'aujourd'hui sont ingrates vis-à-vis de l'ancienne génération de féministes qui s'est battue pour améliorer les choses, et qu'elles devraient en quelque sorte honorer cette dette en votant pour Hillary.

Alors que les mots de Madeleine Albright ont été très critiqués, Hillary Clinton a tenu à la défendre:

«Je crois qu'il s'agissait d'une remarque espiègle mais très pertinente. Elle le croit fermement, en partie parce qu'elle sait que la lutte a été rude. Et elle comprend que le combat n'est pas fini.»

Un jour avant Albright, c'était la célèbre journaliste et militante féministe Gloria Steinem qui s'en prenait aux jeunes fans de Bernie Sanders dans une émission télévisée:

«Elles deviendront plus militantes avec l'âge. Quand tu es jeune, tu te dis: “Où sont les mecs? Les mecs sont avec Bernie.»

Venant d'une icône féministe, cette suggestion que les choix politiques des jeunes femmes sont déterminés par leur envie de rencontrer des garçons était particulièrement choquante. Steinem s'est depuis excusée sur sa page Facebook, expliquant qu'elle ne voulait pas dire que les jeunes femmes n'étaient pas sérieuses et autonomes dans leurs choix politiques.

«Qu'elles préfèrent Bernie ou Hillary, les jeunes femmes sont militantes et féministes en plus grand nombre que jamais.»

Jusqu'en enfer

En janvier, c'était Debbie Wasserman Schultz, la présidente du comité national démocrate, qui s'en prenait aux jeunes femmes peu enthousiastes pour la candidature d'Hillary Clinton.

«Je vois beaucoup d'ingratitude chez les jeunes femmes qui ont vécu après le passage de Roe v. Wade», avait-elle expliqué en référence à la décision de Cour Suprême ayant permis de légaliser l'avortement.

Comme Madeleine Albright, il s'agissait donc de souligner le manque de reconnaissance des jeunes pour les combats de leurs aînées.

Sur Twitter, le journaliste Glenn Greenwald, très anti-Clinton, résumait ainsi l'attitude des supporters de l'ancienne secrétaire d'État:

Les démocrates dévoilent une nouvelle stratégie novatrice: critiquer, insulter et menacer les jeunes d'aller en enfer jusqu'à ce qu'ils se conforment à la ligne du parti.

Slate.fr

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