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En cas de guerre dans les pays baltes, l’Otan perdrait très vite face à la Russie

Temps de lecture : 2 min

Selon l'organisation spécialisée Rand Corp., l'escalade des tensions serait désastreux pour l’Occident.

Barack Obama et Vladimir Poutine trinquent lors d'un déjeuner à New York, au siège des Nations unies. REUTERS/Mikhail Metzel
Barack Obama et Vladimir Poutine trinquent lors d'un déjeuner à New York, au siège des Nations unies. REUTERS/Mikhail Metzel

«Si les tanks et les troupes russes débarquaient dans les pays baltes demain, les forces de l’Otan, dépassées en armements et en équipements, seraient battues en moins de trois jours.» Cette phrase, assez surréaliste, ouvre une longue analyse de Foreign Policy sur un rapport de Rand Corp., institution américaine spécialisée dans la géopolitique, qui explique que «l’Otan ne peut pas défendre avec succès le territoire de ses membres les plus exposés».

Ces deux dernières années, la présence russe aux frontières de l’Union européenne s’est considérablement renforcée, notamment à cause de la crise en Crimée. À l'inverse, note le rapport, la présence des Américains et de ses alliés, dont le but était de prévenir une éventuelle invasion russe, est bien trop faible pour maintenir un rapport de force. Face à cela, trois options seraient envisageables, mais «toutes mauvaises»: mener une contre-attaque sanglante, agiter le drapeau de représailles massives, y compris nucléaires, ou concéder une défaite temporaire.

En revanche, comme le note le rapport, il suffirait d'ajouter sept brigades dans la zone de conflit, dont trois lourdement armées, et d’un soutien de l’artillerie et des airs «pour prévenir une invasion rapide des états baltes». Mobiliser après coup des forces supplémentaires coûteraient en revanche 2,7 milliards de dollars par an.

Le timing de publication du centre américain tombe à pic puisque les généraux américains commencent à avoir du mal à convaincre de l’utilité de leur présence en Europe de l’Est, notamment pour des raisons financières.

En septembre 2014, Barack Obama avait promis à la Lettonie, à la Lituanie et à l’Estonie que son pays et l’Otan seraient là pour les protéger. Et pourtant, le rapport affirme que «ni les États-Unis, ni ses alliés de l’Otan sont actuellement prêts pour soutenir les propos énergiques du président». Face à une Russie qui continue de se positionner à l'Est, des pays comme l’Allemagne ou l’Angleterre ont vu leur présence continuellement diminuer depuis la fin de la guerre froide.

S'il est difficile d’estimer l’impact réel d’un renforcement des troupes dans cette zone particulièrement sensible, Rand Corp. estime désormais qu’il est indispensable et qu’il permettrait à l’Otan d’envoyer «un message à Moscou sur son engagement et la réaffirmation de son assurance à tous ses membres et à tous les partenaires et alliés des États-Unis à travers le monde».

Slate.fr

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