Économie

Valoriser le temps libre rend heureux. À moins que ce ne soit l'inverse

Temps de lecture : 2 min

De nombreuses études tendent de déterminer ce qui nous rend heureux. Avec des résultats plus ou moins concordants.

Girl..... | Garrett Charles via Flickr CC License by
Girl..... | Garrett Charles via Flickr CC License by

C’est l’éternelle question: l’argent fait-il le bonheur? Vaut-il mieux travailler un peu plus et vivre plus confortablement, ou se contenter de moins mais en ayant le temps de le dépenser? Une nouvelle étude menée par l’université de Colombie-Britannique, au Canada, repérée par le blog Research digest, apporte de l’eau au moulin des partisans du temps libre (et des défenseurs des 35 heures).

Près de 4.600 personnes ont participé à une série de six études publiée dans la revue Social Psychological and Personality Science. Il leur était demandé notamment de choisir parmi deux profils: celui d’un personnage fictif prêt à gagner un peu moins d’argent pour passer un peu moins de temps au bureau et celui d’un autre, optant pour le choix contraire. Résultat: une courte majorité de participants se sont identifiés au premier personnage, et les résultats sont demeurés les mêmes trois mois plus tard, lorsque la question leur fut répétée. Or, ces participants, lorsque l’on mesurait leur degré de bonheur, toutes choses égales par ailleurs, étaient aussi plus heureux que les autres.

Un effet de seuil?

Petit bémol: si cette étude fournit des pistes de réflexion, elle ne suffit pas à elle toute seule à prouver qu’il existe un lien consistant entre temps libre et bonheur. Les chercheurs le reconnaissent eux-mêmes: il n’est pas impossible que les personnes qui sont plus heureuses soient aussi celles qui valorisent le plus le temps libre, du fait de ce bien-être. Autrement dit, ce n’est pas forcément le temps libre qui crée le bonheur, mais le bonheur qui pourrait peut-être rendre possible l’appréciation du temps libre.

C’est un débat complexe et dont nous avons souvent rendu compte dans ces colonnes. Des études qui semblent parfois contradictoires ont été publiées sur le sujet. En 2010, des chercheurs ont affirmé que les revenus idéaux pour être heureux se situaient autour de 75.000 dollars (58.600 euros) par an, l'effet s'estompant au-delà de cette somme. Mais deux ans plus tard, trois auteurs, Daniel W. Sacks, Betsey Stevenson et Justin Wolfers, de l’université de Pennsylvanie, affirment que cette hypothèse est démentie par les chiffres. Selon eux, plus le revenu par habitant d’un pays est élevé, plus le niveau de satisfaction de ses habitants augmente. Sans effet de seuil.

Une question de paramètres

Une autre étude a montré que le niveau de bonheur n’était pas toujours lié au niveau de vie, les taux de bonheur européens étant en moyenne plus bas que ceux des pays émergents, moins riches. Mais ce qui est vrai au niveau global ne semble pas vrai au sein de l’OCDE, où «le ‘bien-être’ est complètement corrélé au PIB», comme le rapporte notre collègue Eric Le Boucher.

Contradictoires, vraiment? «Depuis le début des années 1970, de nombreux économistes ont tenté de démontrer que bonheur et argent ne sont pas liés. Il est toujours difficile de répondre à cette question, puisque sa conclusion varie en fonction des paramètres étudiés», analyse France Ortelli. Si vous voulez la recette chiffrée du bonheur, il vous faudra donc tout lire, et dans le détail. Mais il existe peut-être un moyen plus simple pour être heureux: faire ce qui vous fait du bien, en écoutant vos sens et votre conscience.

Slate.fr

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