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Poutine veut accueillir les juifs européens fuyant l’antisémitisme

Devant l'école de La Source, à Marseille, le 12 janvier 2016. BORIS HORVAT/AFP.

Devant l'école de La Source, à Marseille, le 12 janvier 2016. BORIS HORVAT/AFP.

La Russie veut faire revenir les juifs. Quand Michael Gorbatchev a fini par ouvrir les frontières de ce qui était alors l’URSS de nombreuses familles juives ont fui le pays et un antisémitisme d’Etat qui les empêchaient de suivre des études et d’accéder à des postes élevés. Entre 1989 et 2006, environ 1,6 million de juifs ont quitté le pays. Près d’un million sont partis en Israël, un peu plus de 300 000 ont été aux Etats-Unis et un peu plus de 200 000 en Allemagne.

Vladimir Poutine veut aujourd’hui inverser cette tendance et se poser en garant de la sécurité des juifs européens. Le Président russe a appelé la semaine dernière les juifs européens, confrontés à la montée de l'antisémitisme, à venir s'installer en Russie, «où ils seront mieux acceptés», écrit le Washington Post. Une déclaration faite lors  d'une rencontre avec des responsables du Congrès juif européen, une organisation dont le siège est à Paris et dont le président russe, Moshe Kantor, est un oligarque proche de Poutine. Selon Moshe Kantor, «la situation des Juifs en Europe est la pire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale» avec une augmentation des actes antisémites de 40% environ au cours de chacune des trois dernières années.

«Les Juifs vivent à nouveau dans la peur, et il y a une possibilité très réelle d'un exode des Juifs de certaines régions d'Europe. Il y a plus de juifs qui fuient la France, qui est censée être un pays très sûr, que de juifs qui quittent l'Ukraine à cause de la guerre», a ajouté Kantor.

Vladimir Poutine lui a répondu: «pendant l'ère soviétique, les Juifs ont quitté la Russie, mais maintenant ils peuvent revenir».

Un peu surpris, Moshe Kantor a rétorqué qu’il «s’agissait d’une nouvelle idée fondamentale» que le Congrès juif européen allait étudier. Les autres organisations juives internationales sont plus sceptiques...

Elles le sont d’abord à cause de la personnalité du Président du Congrès juif européen. Moshe Vyacsheslav Kantor, comme le présente les médias russes, est un oligarque qui a construit sa fortune lors de la désintégration de l’URSS. Il a eu l’habileté à la fois de ne pas attirer l’attention, de ne pas avoir un mode de vie flamboyant et de construire son empire dans les engrais, une activité bien moins visible que l’énergie, les médias ou la banque.

L’autre raison des doutes de la plupart des organisations juives est le fait que la Russie n’est pas épargnée par l’antisémitisme, y compris aujourd’hui. Ce pays a même une longue tradition d’antisémitisme et de pogroms qui remonte à l’époque des Tsars. Il y a eu en Russie et en URSS de nombreuses violences contre les juifs tout au long du XIXème et du XXème siècle, à la fois d’origine religieuse et liée également à des purges communistes.

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