L’Iran envoie, parfois de force, des milliers de réfugiés afghans combattre en Syrie

Dégâts causés par les frappes aériennes russes dans la région d’Alep, le 7 octobre 2015 | REUTERS/Ammar Abdullah

Dégâts causés par les frappes aériennes russes dans la région d’Alep, le 7 octobre 2015 | REUTERS/Ammar Abdullah

Avec l’accord sur le gel de son programme nucléaire, l’Iran est revenu dans le concert des nations pour employer ce cliché. Le Président Rohani a été reçu la semaine dernière avec les honneurs en France Les gouvernements américains et européens et leurs grandes entreprises courtisent sans la moindre retenue les dirigeants de la République Islamique dans l’espoir d’arracher des marchés

Quelques voix s’élèvent pourtant pour continuer à dénoncer la nature d’un régime théocratique, brutal et agresseur. «Les officiels occidentaux persistent dans une profonde méprise qui consiste à croire que l’accord nucléaire est une marque de modération qui va améliorer la vie du peuple iranien et l’avenir du Moyen-Orient», écrit Lord Maginnis of Drumglass, membre de la chambre des Lords. «Mais rien n’est plus éloigné de la réalité. Les violations des droits de l’homme, les agressions régionales et la rhétorique anti-occidentale permanente à Téhéran montre que l’Iran n’a pas plus sa place aujourd’hui au sein des nations que lors des 37 dernières années depuis que les fondamentalistes islamistes ont pris le pouvoir…»

De la même façon en France, Plus de soixante-cinq députés et sénateurs de la majorité et de l’opposition ont publié la semaine dernière une lettre ouverte au président de la République pour «attirer [son] attention sur le bilan accablant du régime des mollahs en matière de respect des droits de l'homme.» «On ne dénombre pas moins de dix-neuf exécutions pour le seul mois de janvier 2016 dont trois pendaisons publiques», rappellent les parlementaires. La République islamique d’Iran a exécuté au cours des dernières années des centaines de personnes selon Amnesty International dont des enfants.

Tout aussi dérangeant, selon un rapport très peu cité qu’Human Rights Watch a rendu public il y a quelques jours, Téhéran contraint depuis plus de deux ans des réfugiés afghans à combattre en Syrie aux côtés des troupes de Bachar el Assad !

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont recruté des milliers de réfugiés afghans chiites sans papiers en Iran pour les envoyer combattre en Iran depuis au moins novembre 2013. «Human Rights Watch a interrogé plus d’une demi douzaine d’Afghans qui ont vécu en Iran sur le recrutement par les autorités iraniennes d’Afghans pour combattre en Syrie. Un certain nombre disent qu’eux ou leurs proches ont été forcés à se battre en Syrie, que d’autres ont fui vers la Grèce et que certains ont été déportés en Afghanistan pour avoir refusé…».

Il y aurait environ 3 millions d’Afghans réfugiés en Iran qui fuient les persécutions. Seulement 950 000 ont un statut légal de réfugiés.

«Des combattants afghans encadrés par des militaires iraniens combattent dans de nombreuses régions syriennes y compris Damas, Alep, Homs, Deir al-Zor, Hama, Lattaquié et dans la zone du Golan à la frontière entre la Syrie et Israël… Ils déclarent que leurs officiers iraniens les ont forcé à mener des opérations militaires dangereuses comme l’attaque de positions retranchées de Daech avec seulement des armes automatiques sans soutien d’artillerie. Ils ont déclaré parfois que leurs officiers iraniens les ont menacé de leur tirer dessus s’ils n’obéissaient pas aux ordres d’avancer sous le feu de l’ennemi».

Partager cet article