Partager cet article

L’univers est-il vivant?

Le bulbe de la Voie lactée observé par le télescope Hubble | via Nasa

Le bulbe de la Voie lactée observé par le télescope Hubble | via Nasa

L’univers est-il d’une toute autre nature que celle purement physique que nous cherchons à comprendre? Sommes-nous des éléments infimes d’un ensemble «vivant» dont les éléments n’ont pas forcément conscience de l’existence.

Le scientifique Ethan Siegel tente de répondre à cette difficile question sur son blog publié par le magazine Forbes. Elle est formulée de la façon suivante: «sommes-nous les cellules du cerveau d’une créature bien plus importante, à une échelle planétaire, qui n’a pas conscience de son existence? Comment le savoir? Comment tester cette hypothèse?»

Il existe d’indéniables et troublantes analogies entre le vivant et le physique, entre l’infiniment petit et l’infiniment grand. Les atomes sont à l’image des systèmes solaires avec leurs électrons comme des planètes tournant autour d’un noyau comparable à une étoile. La structure à très grande échelle de l’univers et de ces galaxies n’est pas sans rappeler non plus les neurones du cerveau humain. Autre coïncidence remarquable, le très grand nombre d’étoiles dans une galaxie, de galaxies dans l’univers, d’atomes dans une cellule et de cellules dans un corps humain est compris entre 10 puissance 11 et 10 puissance 14. Des nombres qui sont comparables.

L’idée philosophique selon laquelle l’ensemble de l’univers est en fait une créature sensible n’est pas nouvelle. Et il est presque impossible d’y répondre. Tout simplement et pour commencer parce que nous ne savons pas exactement ce qu’est la conscience d’exister. Nos connaissances sont avant tout celles, partielles, de la réalité physique de l’univers. A partir de cela, on peut essayer de construire un raisonnement sur ce que serait un univers vivant et voir si cela correspond à cette réalité physique.

«Nous savons les choses suivantes: quel est l’âge de l’univers, combien de temps il faut pour que les différents éléments qui le compose envoient et reçoivent des signaux les uns des autres et quelle est la taille des structures gravitationnelles les plus importantes… Si nous faisons ces différents calculs et les comparons avec ce qu’il se passe même dans la plus simple des structures cérébrales, nous pouvons apporter une réponse partielle à la question de savoir s’il existe des structures sensibles à une échelle cosmique quelque part dans l’univers», écrit Ethan Siegel.

L’univers existe depuis 13,8 milliards d’années depuis le Big Bang et il est en expansion à un rythme rapide. Cela est cohérent avec l’hypothèse selon laquelle cet univers est composé de 68% d’énergie noire, 27% de matière noire, 4,9% de matière «normale», 0,1% de neutrinos et 0,01% de photons.

Comme la lumière se déplace à une vitesse constante dans cet univers, la plus rapide possible, nous pouvons déterminer combien il existe de différentes «communications» entre deux objets pris dans cette expansion. Le premier grand problème c’est l’expansion. Si nous envoyons aujourd’hui des signaux à la vitesse de la lumière, nous ne serons capables que de toucher 3% des galaxies de l’univers observable, le reste est inatteignable compte tenu de la vitesse à laquelle nous nous éloignons les uns des autres.

Les communications sont évidemment beaucoup plus faciles au sein de notre groupe local de galaxies avec la Voie Lactée, Andromède, la galaxie Triangulum et une cinquantaine d’autres plus petites. Elles vont peut-être, sans doute, fusionner pour former une structure plus massive de centaines de milliers d’années lumières au cours des prochains milliards d’année. De nombreux groupes et clusters de galaxies vont probablement connaître la même évolution.

Mais si nous comparons ces structures «locales» de l'univers avec le seul cerveau humain qui possède environ 100 milliards de neurones et 100 000 milliards de connections activées 200 fois par seconde par chaque neurone, il faudrait des milliers de milliards d’étoiles confinées dans un petit volume de l’espace pour avoir quelque chose de comparable. Ce n’est pas le cas.

Cela signifie que notre compréhension actuelle de la réalité physique de l’univers fait qu’il ne peut s’agir d’une entité vivante comparable à notre forme de vie et de conscience de nous même. Cela ne signifie pas que l’univers n’est pas vivant. Mais que cette forme d’existence, si elle existe, n’a tout simplement rien à voir avec la notre.

Vous devez être membre de Slate+ et connecté pour pouvoir commenter.
Pour devenir membre ou vous connecter, rendez-vous sur Slate+.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte