Science & santé

Retarder le vieillissement en détruisant les vieilles cellules endommagées

, mis à jour le 07.02.2016 à 14 h 00

REUTERS/Mike Blake

REUTERS/Mike Blake

Sera-t-il possible un jour de retarder et d’empêcher le vieillissement de nos cellules en prenant un simple médicament? Cette perspective n’est pas de la science-fiction mais pourrait bien devenir une réalité dans quelques années. Selon une étude scientifique publiée par le magazine Nature, des chercheurs de Mayo Clinic, un des centres de recherche médicaux les plus réputés aux Etats-Unis, ont été capables d’accroître l’espérance de vie de souris de 30% en nettoyant leurs corps d’une catégorie de cellules endommagées.

Ces cellules abîmées sont baptisées cellules sénescentes et ont pour caractéristique liée au stress biologique de cesser de se diviser et de s’accumuler dans notre corps. Elles sont liées à la quasi-totalité des maladies liées au vieillissement du glaucome à l’arthrite en passant par les dysfonctionnements rénaux et le diabète de type 2.

«Nous voyons les cellules sénescentes s’accumuler avec le vieillissement», explique Darren Baker l’un des auteurs de l’étude. «Nous nous sommes demandés: que se passe-t-il si nous les empêchons d’être là ? Y aura-t-il des effets sur la santé et l’espérance de vie des animaux?» Les chercheurs ont donc génétiquement modifié des souris en faisant que leurs cellules sénescentes se suicident. Quand les souris commençaient à vieillir, les chercheurs leur administraient un traitement appelé AP20187. Et les résultats selon les mots de Darren Baker ont été «incroyables»».

Les souris dont les cellules sénescentes ont été détruites ont affiché une santé bien supérieure à celle qui n’avaient pas subi ce traitement avec notamment des reins et des cœurs bien plus solides et une plus grande résistance au développement de cancers. Non seulement, les souris traités ont une espérance de vie supérieure de 30% mais en outre, elles vivent en bien meilleure santé.

Est-ce que cela peut fonctionner pour les humains?

Vraisemblablement. Mais le processus n’est pas aussi simple que d’injecter AP20187. Les souris ont été génétiquement modifiées pour être sensibles à ce traitement. En l’état, il n’aurait aucun effet sur nous. Mais une startup appelée Unity Biotechnology développe maintenant depuis quatre ans un traitement qui devrait fonctionner sur les humains en nettoyant notre corps des cellules sénescentes. La société affirme avoir une molécule efficace mais il reste encore à la tester sur des hommes. Si tout se passe bien, elle pourrait être sur le marché dans six à sept ans.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte