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Pourquoi l'éléphant n'attrape presque jamais le cancer

Eléphant d’Afrique wikimedia common

Eléphant d’Afrique wikimedia common

Le cancer est en fait une maladie très répandue dans le monde animal et représente une part importante de la mortalité comparable à celles des humains. Les chats et les chiens souffrent de différentes formes de cancer y compris des poumons quand ils vivent avec des fumeurs. C’est le cas aussi des animaux sauvages du diable de Tasmanie à de nombreuses espèces de baleines en passant, contrairement à une rumeur tenace, par les requins

Mais il y a des exceptions, un petit nombre d’animaux ont peu de cancer ou pas du tout explique la BBC. Et parvenir à comprendre pourquoi leurs cellules ne se mettent pas à un moment donné à se reproduire de façon anarchiques peut nous aider à enrayer un jour les cancers humains.

En théorie, développer un cancer est simplement une question de statistiques. Plus un organisme possède de cellules et plus longtemps il vit, plus il y a de probabilités qu’une cellule succombe à une mutation.

C’est une règle qui ne s’applique pas aux éléphants. Ils ont des milliards de cellules de plus que nous, vivent longtemps et ont très peu de cancer. Seulement 5% des éléphants meurent du cancer à comparer à 20% des humains.

Les scientifiques ont commencé à comprendre il y a quelques semaines après avoir analysé le génome des éléphants et découvert qu’il contient de nombreuses copies d’une gène connu pour combattre les cancers. C’est un gène qui détruit les tumeurs. La plupart des mammifères l’ont dont les humains, mais nous en avons une copie quand les éléphants en ont 20.

Ce gène fait deux choses explique l’un des auteurs de la découverte de la présence de ce gène en grande quantité chez l’éléphant, le professeur Vincent Lynch de l’Université de Chicago. D’abord, il stoppe la prolifération des cellules leur donnant le temps de se réparer par elles même et ensuite les cellules qui ne peuvent guérir se suicident dans un processus appelé apoptosis. En théorie, nous pourrions créer des médicaments «qui reproduisent ce que font les éléphants» explique Vincent Lynch.

Mais il y a encore mieux que les éléphants, les baleines à bosse. C’est tout aussi surprenant. En théorie, elles devraient avoir un grand risque de cancer. Non seulement, elles sont l’un des plus grand animal vivant sur terre, mais en outre elles ont une espérance de vie qui peut dépasser 200 ans. Là encore l’explication est génétique. L’ADN des baleines à bosse a subi des mutations qui l’aide à éviter une grande partie des mutations qui conduisent à la prolifération anarchique de cellules.

L’éléphant comme la baleine à bosse sont des espèces dont l’espérance de vie est à l’état naturel importante et qui ont donc été sélectionnées par l’évolution pour mieux résister aux mutations cancéreuses de leurs cellules que l’homme. Si l’espérance de vie des humains a beaucoup augmenté, c’est grâce à notre intelligence, pas à notre biologie. Mais nous serons sans doute capables bientôt de modifier nos gènes et de les rendre bien plus résistants au cancer et d’accélérer ainsi artificiellement notre évolution biologique.

 

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