Égalités / Monde

Le débat sexiste sur la voix d'Hillary Clinton, accusée de parler trop fort

Temps de lecture : 2 min

Pour de nombreux commentateurs américains, la candidate à la primaire démocrate hurle. Mais parle-t-elle seulement plus forts que ses concurrents homme?

Hillary Clinnton, le 4 février 2016 I Jewel Samad / AFP
Hillary Clinnton, le 4 février 2016 I Jewel Samad / AFP

Cela fait plusieurs années que la voix d'Hillary Clinton est un grand sujet de discussion aux États-Unis. Les journalistes conservateurs adorent se moquer de la façon dont elle parle: elle a été accusée de «caqueter» et d'avoir une voix «stridente». En 2007, l'animateur radio Glenn Beck avait déclaré:

«Hillary Clinton ne peut pas être élue présidente parce qu'il y a un truc qui ne va pas avec sa voix».

Ces dernières semaines, ce genre d'accusations a ressurgi. Sur Fox News, une journaliste vient de déclarer:

«Je vous garantis que Vladimir Poutine et les Saoudiens et tous les autres trouvent que sa voix est énervante.»

Dans un éditorial du Wall Street Journal sa voix était qualifiée de «forte, monotone, et pénible à l'oreille».

Et après les caucus en Iowa, le journaliste Bob Woodward a dit dans une interview:

«Elle crie. Sa façon de communiquer n'est pas très détendue.»

Dans le New York Times, la journaliste Amy Chozik réfléchit sur le sens de ces critiques, et pose la question:

«Hillary Clinton parle-t-elle vraiment trop fort ou est-ce plutôt que les hommes ne veulent pas l'entendre?»

«On est au Soudan ou quoi?»

Pour de nombreux commentateurs, il y a un deux poids deux mesures dans ce genre de critiques, comme si les femmes politiques n'avaient pas le droit de hausser le ton comme les hommes.

Joyce Karam, une journaliste pour le quotidien Al-Hayat avait tweeté ces mots en défense de la candidate démocrate:

«Dans l'Amérique d'aujourd'hui, quand une femme hausse le ton, on dit qu'elle “hurle, quand un homme crie, c'est de l'“enthousiasme. On est au Soudan ou quoi?»

Interviewée par le New York Times, une coach spécialisée dans la prise de parole en public expliquait que bien que tous les candidats, hommes et femmes, aient tendance à hausser le ton quand ils font campagne, le public n'est tout simplement pas habitué à entendre des voix de femmes dans ces circonstances.

Au bout du compte, c'est Hillary Clinton qui a trouvé la meilleure réponse, lâchée lors d'un débat dans l'Iowa:

«Parfois, quand une femme s'exprime, il y a des gens qui disent qu'elle hurle.».

Slate.fr

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