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Quand l'absence de données handicape une population

Les cartes de statistiques mondiales n'ont souvent pas de données à afficher pour l'Afrique centrale. / Crédit : Slate.fr

Les cartes de statistiques mondiales n'ont souvent pas de données à afficher pour l'Afrique centrale. / Crédit : Slate.fr

Les pays d'Afrique centrale sont souvent grisés sur les cartes. Un phénomène révélateur d'un problème grave dans la récolte de données.

Aucune donnée disponible. Combien de fois avez-vous étudié une carte du monde et êtes-vous tombés sur cette notice? Malheureusement, la plupart des pays qui sont en manque de données statistiques sont ceux qui en auraient le plus besoin. Dans un article publié sur Quartz, Christopher Groskopf explique que c'est notamment le cas des différents États d’Afrique centrale. Cet ensemble est composée d'un ensemble plus ou moins large de 8 à 13 pays (Tchad, Cameroun, République centraficaine, Gabon, Congo, République démocratique du Congo, Rwanda, Burundi, Guinée équatoriale et Sao Tomé et Principe, Angola, Zambie, Malawi), qui ont peu de choses en commun, sinon une mauvaise gestion des données statistiques. Un manque d'informations qui entrave au bon développement.

 

Les pays d’Afrique centrale / source: Africa-countries-central  via Wikimedia Commons

Car pour nombre de ces pays, l'absence de statistiques entraîne une impossibilité d’évaluer des phénomènes graves comme la pauvreté ou la santé. «Les pays qui ont le moins de données sur les naissances et les décès sont exactement ceux où la mortalité maternelle est la plus importante», dénonce à Quartz El Iza Mohamedou, de Paris21.

Sur le site de cette organisation qui lutte pour améliorer la capacité statistique des pays en voie de développement, on lit:

«De bonnes statistiques (...) font ressortir les domaines dans lesquels les ressources sont les plus indispensables et offrent les moyens de suivre les progrès et d’évaluer l’impact des différentes politiques mises en œuvre. De bonnes statistiques améliorent également la transparence et la responsabilité en matière d’élaboration de politiques, deux conditions indispensables à une bonne gouvernance, dans la mesure où elles permettent aux électeurs de juger du succès de l’action engagée par leur gouvernement et de rendre ce dernier comptable de ses décisions.»

82,3% des données sur les inégalités des sexes sont inexistantes

Ce dernier point est également essentiel. «Les présidents sont élus, rejetés et réélus en promettant de créer de l’emploi, pourtant la plupart d’entre eux n’a pas la moindre idée de l’étendue du chômage. Ils ne savent ni s’il monte, ni s’il descend, et ne savent même pas où travaillent les gens et où ils voudraient travailler», explique à Quartz Morten Jerven, auteur des livres Poor Numbers et Africa:Why Economists Get It Wrong qui traitent du problème des statistiques en Afrique.

Malgré tout, les indicateurs de statistiques se sont améliorés d’en moyenne 16% dans les pays de la région, selon le site américain. Paris21 soutient que la plupart des nations africaines ont, ou sont en train de développer, une stratégie nationale pour améliorer leurs bases de données. Toutefois, ces améliorations restent encore bien maigres par rapport aux standards établis dans de nombreux pays. En 2015, une étude du Hunger Report rapporte qu’en Afrique sub-saharienne, 82,3% des indicateurs d’inégalités entre genres sont manquant. L’étude est poignante. Par exemple, aucune donnée n’est disponible dans les pays de cette région sur les inégalités de salaires. Mais aussi concernant le nombre de femmes dans la police, ayant accès aux médias ou à internet. L'ampleur du problème est à ce jour tout simplement inconnue.

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