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Comment «être connecté» à Cuba?

Des Cubains tentent de connecter leurs appareils à internet dans les rues de La Havane. YAMIL LAGE / AFP

Des Cubains tentent de connecter leurs appareils à internet dans les rues de La Havane. YAMIL LAGE / AFP

Malgré des relations apaisés avec les États-Unis, internet sur l'île se développe très lentement.

Pour un Américain, il va bientôt être très facile de se rendre à Cuba, avec la réouverture de lignes d'aviation régulières. Mais se connecter à internet une fois sur place pourrait s'avérer bien plus compliqué. David Rocks raconte sur le site Bloomberg les nombreuses difficultés rencontrées sur l'île, toujours dirigée par le clan Castro, pour accéder à la toile. De fait, le pays ne se classe qu’à la 126e position sur les 202 pays suivis par la Banque Mondiale en 2014 concernant l’utilisation d’internet par ses habitants. Seuls 30% des Cubains ont accès régulièrement au web, notamment à cause des restrictions de l’information qu’exerce la dictature castriste sur la population depuis plusieurs dizaines d’années.

Si internet est très peu prèsent chez les particuliers, quelques solutions existent. Comme nous le disions dans un article en octobre 2015, le meilleur moyen pour les Cubains d’avoir accès au web est de se ruer autour des hôtels de luxe qui possèdent des accès wifi publics en échange d’une taxe. Seulement, la forte affluence sur les trottoirs rend la connexion particulièrement lente.

Le journaliste explique aussi qu’un service de wifi payant, appelé Nauta, a été mis en place pour les clients de ces mêmes hôtels. Il peut coûter de 2 à 3 CUC l’heure (donc plutôt bon marché), mais il se révèle être aussi plutôt lent.

Dans les faits, se connecter à l'aide d'un smartphone relève presque de la mission impossible. Mais les grands opérateurs tentent aujourd'hui de remédier à cela. Verizon Wireless par un accord avec Vodafone devrait pouvoir proposer une connexion à ses clients. Le prix serait de 2,99 dollars la minute pour les appels et de 2,05 dollars par méga octet de connexion internet (ce qui équivaut à peu près au chargement d’une douzaine de photo Instagram). Ces prix restent relativement chers puisqu’ils représentent presque un dixième du salaire moyen cubain, qui est de 19 dollars.

Les services européens plus efficaces

David Rocks raconte aussi que les forfaits européens marchent plutôt bien sur l’ile des Caraïbes. Malgré quelques retards, il a pu recevoir et envoyer des e-mails. Il est parvenu notamment à passer plusieurs appels vocaux via Whatsapp.

Pour ce qui est de la téléphonie, il existe également une autre solution, celle d’acheter une carte SIM locale. Pour quarante dollars (ou quarante pesos), elle propose un numéro de téléphone valable un an, une communication de quarante minutes et un transfert de données. Elle semble malheureusement destinée à une infime partie de la population et aux étrangers puisque son prix est deux fois supérieur au salaire moyen.

En conclusion, pour avoir un accès à internet et au téléphone décent à Cuba, il faut être riche… ou très patient.

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