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Comment cherche-t-on un extraterrestre?

Une statue d'extraterrestre sur un parking à Baker, Californie, le 10 mai 2015. AFP PHOTO / FREDERIC J. BROWN

Une statue d'extraterrestre sur un parking à Baker, Californie, le 10 mai 2015. AFP PHOTO / FREDERIC J. BROWN

La Nasa lancera en 2018 un nouveau télescope spatial. L'occasion pour les scientifiques de développer la recherche de traces d'aliens dans l'univers, en évitant quelques écueils.

En octobre 2018, la Nasa devrait lancer son nouveau téléscope spatial James-Webb. Le remplaçant de Hubble, doté d’un miroir de plus de 6,4 mètres de diamètre (contre 2,4 mètres pour son prédécesseur), permettra aux astrophysiciens de développer leurs recherches de vie extraterrestre.

Avec la multiplication des découvertes des planètes et exo-planètes, la recherche des petits hommes verts s’est quelque peu compliquée au cours des dernières années.

Le magazine scientifique Quanta explique ainsi qu’aujourd’hui, les scientifiques se concentrent sur la détection de «biosignatures» gazeuses, des vapeurs pouvant être uniquement produites par une vie extraterrestre. Pour ce faire, ils observent une planète en contre-jour de son étoile et scrutent le rayonnement lumineux autour du globe. Quand il y a des «gaz extraterrestres», ceux-ci absorbent certaines fréquences de lumières et créent des trous dans cette intensité lumineuse.

Ne pas se reposer sur l'oxygène

Alors que la méthode d’observation n’est pas remise en question dans l’article, le problème réside dans la nature de la signature gazeuse observée. Jusqu’à il y a six ans, la référence était l’oxygène. Depuis cinquante ans, les astrophysiciens considéraient que l’élément chimique ne pouvait pas être produit en quantité détectable par la géologie ou la photochimie. La présence d’oxygène dans un atmosphère était donc une preuve solide de vie sur la planète observée.

Mais en 2010, l’exobiologiste Shawn Domagal-Goldman s’est rendu compte que l’hypothèse était bancale. Lors d’une simulation sur une planète virtuelle, ce scientifique travaillant au Virtual Planetary Laboratory (VPL) de l’université de Washington a constaté que des radiations solaires pouvait déposséder des molécules de CO2 de leur oxygène, et ce plus rapidement qu’elles pouvaient se régénérer. Il y avait alors une abondance d’oxygène, détectable, sans de vie extraterrestre pour la causer.

Ne pas se faire avoir par les molécules

Deux écoles s’affrontent alors: ceux qui veulent garder l’hypothèse de l’oxygène, mais chercher les alternatives possibles qui pourraient fausser un résultat, et ceux qui veulent y ajouter d’autres molécules, préférant ne pas se focaliser uniquement sur la donnée très «terrienne» qu’est le comportement de l’oxygène.

La scientifique Victoria Meadows, à la tête du VPL, est de la première école. Pour elle, l’observation des niveaux d’oxygène reste la clé, mais elle estime qu’on doit être capable de distinguer les fausses alertes.

«Nous considérons la possibilité, si ce n’est de mettre tous nos œufs dans le même panier, de tester au moins quelques paniers, illustre-t-elle pour Quanta Magazine. Il est donc important de faire des essais et de trouver ce que nous cherchons là-haut, et précisément comment nous pourrions nous faire avoir».

Son équipe a pour le moment repéré plusieurs mécanismes pouvant interférer avec la production d’oxygène. 

Ne pas prendre un océan pour un extraterrestre

Dans les hautes altitudes, les rayons UV peuvent scinder les atomes d’hydrogène, qui s’échappent ensuite dans l’espace en laissant une traînée d’oxygène plusieurs milliers de fois plus dense que l’atmosphère terrienne. Pour les planètes formées autour d’étoiles naines rouges de type M, les rayons UV peuvent faire bouillir leurs océans, dégageant une grosse quantité de vapeur d’eau dans leur atmosphère.

Certains scientifiques préfèrent une approche moins basée sur le fonctionnement de la Terre. Ainsi, Sara Seager, chercheuse au MIT, recense toutes les molécules qui pourraient exister sous forme de gaz. «À long terme, l’objectif est de regarder un autre monde et de formuler des hypothèses solides quant à ce que la vie pourrait produire dans ce monde», résume William Bains, un scientifique britannique.

Avec la lancée prochaine de James-Webb, il est urgent de pouvoir différencier un océan qui bout d’un extraterrestre qui s’agite sur une plage. Pour l’observation d’une seule planète, il faudra au télescope plusieurs centaines d’heures, restreignant les possibilités d’observation.

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