Stéphane Le Foll à la presse: «La meilleure des solutions, c’est d’écrire tout ce que je vous ai dit»

Capture d'écran issue d'une vidéo de Public Sénat.

Capture d'écran issue d'une vidéo de Public Sénat.

Le porte-parole du gouvernement a tenu à prodiguer quelques astuces aux journalistes pour mener à bien leur travail.

Une fois n’est pas coutume, le point presse à l’issue du conseil des ministres du 3 février a été mouvementé. Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement, n’a pas caché son agacement face aux questions des journalistes, qui l’interrogeaient sur la déchéance de nationalité, principal dossier de ce conseil. Le projet de loi relatif à la réforme constitutionnelle, a-t-il expliqué aux journalistes, «unifie les régimes de déchéance applicables aux personnes condamnées quelle que soit l’origine de leur appartenance à la Nation». Mais comme il a dans le même temps annoncé que la France allait ratifier la convention de 1961 visant à réduire le nombre d’apatrides, les journalistes présents avaient beaucoup de questions: quel sort pour les binationaux?

D'après le Lab d’Europe 1, qui publie un verbatim de l’échange avec les journalistes, le porte-parole a affirmé que tout a été dit dans son rapport de départ. Certains journalistes ont pourtant insisté:

«-Un journaliste: C'est un vrai problème parce qu'il reste une ambiguité et nous, on veut pas écrire des choses qui soient fausses ou ambiguës.

 

- Stéphane Le Foll: Eh ben si... Ohlala, si c'était la règle qui s'appliquait à chaque fois que vous écrivez des choses...


[…]

 

- Le journaliste: Mais c'est quand même pas compliqué de nous confirmer qu'effectivement tel morceau de phrase n'est pas dans le texte ou est dans le texte.

 

-Stéphane Le Foll: Mais je n'ai pas à vous confirmer si tel morceau de phrase est ou pas dans le texte, j'ai à faire un compte-rendu d'un conseil des ministres et de manière extrêmement précise.»

L’échange va se poursuivre ainsi et quand le journaliste va lui répéter qu’il ne veut pas écrire quelque chose de faux, Stéphane Foll va alors donner un petit conseil à son interlocuteur et ses collègues:

«N'écrivez pas! Mais la meilleure solution, c'est d'écrire tout ce que je vous ai dit.»

La presse devrait donc se contenter de répéter sans broncher ce que la parole gouvernementale accepte de lui livrer.


 

Les relations entre Stéphane Le Foll et les journalistes sont mises à rude épreuve dernièrement. Il y a quelques jours, il était arrivé furieux dans les locaux de BFMTV. La séquence, filmée par «Le Supplément» de Canal+, le montre en colère face à Alain Weill, patron de NextRadioTV. Il reprochait à la chaîne de ne pas avoir diffusé une interview qui leur avait accordé lors d’un déplacement du ministre à Laval. «Le président de la Fédération départementale d'agriculture, lui, il a droit à son interview», notera-t-il, avant d’ajouter que, «ne même pas mettre la réponse à une question posée, c'est ne pas respecter le ministre». Et de conclure, de manière directe: «Je l'ai dit à votre journaliste: mais vous vous foutez de moi, vous me prenez vraiment pour un con!»

 

Partager cet article