L'effet Carla

Slate.fr, mis à jour le 08.10.2009 à 17 h 23

Les politiques d'aujourd'hui sont plus attentifs à leur ligne qu'à leur travail. C'est en tout cas ce que pense Hannah Betts, journaliste au Telegraph. Dans son article, Betts estime que la France mène cette nouvelle mode qu'elle nomme «l'effet Carla».

Le récent malaise du président Nicolas Sarkozy alors qu'il faisait son jogging serait en effet dû à une importante perte de poids. L'arrivée de l'ancienne mannequin Carla Bruni dans la vie du président a chamboulé ses habitudes alimentaires: le fromage blanc allégé remplace désormais le chocolat.

Et l'influence de Madame Sarkozy ne s'arrête pas là! Le ministre de l'intérieur Brice Hortefeux s'est mis à un régime draconien composé de soupes et de fruits et inquiète ses proches tant il a maigri. Le secrétaire d'Etat chargé du commerce, Hervé Novelli, a lui aussi perdu du poids tandis que Christian Estrosi a passé son été à courrir 16 km, trois fois par semaine.

A l'étranger, le couple Obama est connu pour son attrait pour le sport intensif. Les Anglais,eux, comptent un accro au cyclisme, David Cameron, et un débutant des pilates, Gordon Brown.

La faute à la crise économique, d'après la journaliste. L'obésité est devenue au Etats-Unis une vraie bombe à retardement et au Royaume-Uni un vrai problème.

Mais selon Betts, la vie politique dépend du concept Darwinien de la survie du plus apte. Le peuple attend de ses leaders qu'ils soient des exemples de vertu qui se révèle par une perfection physique. Et Carla Bruni sait bien que sa fine silhouette aide son mari à gagner des points.

Les problèmes d'image ne sont pas spécifiques aux anorexiques ou aux adolescentes prépubères: des sondages montrent que des millions de femmes ont une mauvaise image de leur corps.

Une étude menée par le professeur Susie Orbach révèle qu' «un nombre surprenant de femmes, n'ayant pas une bonne image de leurs corps, ne se sentent pas capables de parler en public, de défendre leurs idées et se montrent très réticente  à effectuer des activités très ordinaires. Il s'agit d'une épidémie, d'une urgence absolue de santé publique».

Et cette nouvelle mode montre que nous sommes maintenant tous des femmes puisque nos hommes politiques estiment qu'ils ne peuvent exercer leur fonction qu'en ayant une belle apparance physique.

Il faudrait, conclut la journaliste, que l'on cesse de reporter nos propres névroses sur nos politiques et qu'on leur permette, de temps en temps, de manger de la brioche.

Lire l'article complet sur le Telegraph

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