Science & santé

Comment les autorités britanniques ont autorisé la modification génétique d'embryons humains

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 03.02.2016 à 10 h 50

Repéré sur HFEA

The new Francis Crick Institute building | pseudo du photographe via Wikimedia Commons License by

The new Francis Crick Institute building | pseudo du photographe via Wikimedia Commons License by

C'est une décision historique. Le 1er février, l'Autorité britannique de la fertilisation humaine et de l'embryologie (HFEA) a autorisé pour la première fois, au Royaume-Uni, des scientifiques à manipuler des embryons humains à l’aide de la technique d’ingénierie du gène Crispr-Cas9, et ce à des fins de recherche uniquement et non de traitement.

Comme le souligne France TV Info:

«La demande avait été déposée au mois de septembre 2015 afin d'étudier les gènes en jeu lors du développement des cellules qui vont ensuite former le placenta, pour essayer de comprendre certaines formes d'infertilité. "Comprendre le développement de l'embryon pourrait nous aider à comprendre les causes de l'infertilité, des fausses couches et de certaines maladies génétiques", a ajouté Alastair Kent, directeur de Genetic Alliance UK.»

Cette décision fait suite à une demande d'autorisation du Francis-Crick Institute. Le rapport de la HFEA est disponible sur le site de l'autorité britannique et l'on découvre comment ce genre d'autorisation est accordé. 

L'autorité britannique a tout d'abord procédé à l'examen de la demande, assorti de plusieurs commentaires. On peut y lire par exemple que, dans le cadre du renouvellement de leur autorisation du recherche, les responsables du projet souhaitent ajouter «de nouvelles activités de recherche et de nouveaux objectifs à cette autorisation, dont l'utilisation d'une nouvelle technique d'ingénierie génique, CRISPR/Cas9, sur les embryons humains».

Le rapport de l'autorité britannique souligne également la nécessité de travailler sur des embryons humains, car les recherches ont pour but «d'étudier le rôle de produits géniques chez les embryons humains qui ne sont pas présents chez les embryons de souris au même stade». La HFEA se dit par ailleurs évidemment satisfaite du fait qu'aucune activité interdite ne soit impliquée dans ce projet, comme le fait, dans le cadre de cette recherche, d'«implanter des embryons, des ovules ou du sperme dans le corps d'une femme, ou le fait de conserver un embryon quatorze jours après sa création, ou même avant la fin de ces quatorze jours s'il commence à y avoir une ligne primitive».

Suit la décision du comité, qui accepte de renouveler l'autorisation de recherche pour ce projet pour les trois prochaines années, incluant donc désormais la possibilité de manipuler génétiquement les embryons. Le projet de l'équipe du Dr. Kathy Niakan et ses objectifs de recherche sont ensuite repris en longueur dans le rapport:

«Le but de notre recherche est de comprendre de quels facteurs humains les embryons ont besoin pour se développer correctement ainsi que de faire émerger de nouvelles cellules souches humaines pour des applications thérapeutiques.»

On peut par ailleurs lire les conclusions atteintes par l'autorité britannique lors de sa dernière inspection du laboratoire, en octobre 2015. Les inspecteurs se sont référés à un guide qui indique point par point ce qui doit être fait pour obtenir les autorisations nécessaires.

La plupart du temps, il est indiqué que rien de spécifique ne pourrait être mieux fait. L'institut doit, par exemple, «maintenir des archives correctes et précises ainsi que des informations sur toutes ses activités autorisées» ou «faire remonter tous les incidents, enquêter convenablement sur toutes les réclamations et partager les conclusions qui en ont été tirées de manière appropriée».

On y apprend, bien sûr, que les chercheurs doivent «respecter le statut de l'embryon quand ils réalisent les activités autorisées». Si c'est bien le cas de ce projet, la HFEA indique cependant que la suite des recherches nécessitera un incubateur. Or, au moment de la dernière visite d'inspection, «il n'y avait pas encore de verrou pour s'assurer que les embryons soient uniquement utilisés pour le projet de recherche spécifié».

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