Tech & internetEconomie

Pourquoi l'avantage d'Uber est aujourd'hui indépassable

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 02.02.2016 à 12 h 18

Repéré sur The Guardian

L'entreprise bénéficie de fonds pour couvrir ses pertes que les États n'ont plus.

Les taxis et Uber, à la lutte partout en Europe. REUTERS/Sergio Perez.

Les taxis et Uber, à la lutte partout en Europe. REUTERS/Sergio Perez.

Les taxis ont encore récemment manifesté contre les services de VTC. Cette fois-ci, Uber n'était pas direcement dans leur collimateur, mais le géant du transport cristallise les peurs face à un changement économique radical, d'autant qu'il s'est imposé en quelques années seulement.

Comme le notait récemment Eric Le Boucher sur Slate, la réponse à l'ubérisation devrait être de favoriser ces nouveaux services de VTC pour faire baisser les prix –à condition que des paiements décents soit assurés aux chauffeurs et que les gains soient répartis entre les acteurs.

Or, les alternatives à la plateforme Uber, qui devient hégémonique, tardent à éclore. Est-ce parce qu’Uber a mis au point tellement finement son modèle de rationalisation des coûts et de rotation des courses qu’il est devenu indépassable? Selon Evgeny Morozov, auteur très critique des modèles de la Silicon Valley, il faut trouver l’explication ailleurs. Dans le Guardian –texte par ailleurs publié dans Le Monde Diplomatique–, il soutient que le plan d’Uber consiste à faire baisser ses tarifs au point que de nouveaux clients préféreront l’utiliser plutôt que de prendre leur voiture ou les transports en commun. Dans certaines zones, Uber a fixé des tarifs si bas qu’ils ne couvrent même pas le prix du carburant et de l’usure du véhicule.

Et l’avantage d’Uber à ce jeu, c’est qu’il peut se permettre de «brûler» autant de cash que nécessaire pour arriver à ses fins et devancer la concurrence. Au cours des trois premiers quarts de l’année 2015, Uber aurait ainsi gagné 1,2 milliard de dollars pour 1,7 de perte.

Cet argent provient d’investisseurs comme Google, Amazon, Goldman Sachs: s'ils en ont autant à investir dans Uber, c'est parce que les gouvernements ont du mal à imposer les multinationales high-tech à hauteur de leurs bénéfices. Or, cet argent serait nécessaire pour investir dans des alternatives de transports publiques ou en partenariat avec le privé.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte