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Quand la CIA trompe ses propres agents avec de faux mémos

Un auditorium à Langley, le siège de la CIA aux Etats-Unis | via Pixabay License by

Un auditorium à Langley, le siège de la CIA aux Etats-Unis | via Pixabay License by

Des cadres de l'agence de renseignement ont intentionnellement envoyé des informations erronées à leurs propres agents pour garder certaines données sensibles secrètes.

Il y a quelques jours, la CIA ouvrait intentionnellement ses dossiers ovnis, surfant sur l'engouement suscité par le retour de la série X-Files à la télévision. Quelques jours plus tard, le 31 janvier 2016, de nouveaux documents internes de l'agence de renseignement américaine ont été dévoilés au public par le Washington Post. Des révélations dont la CIA, cette fois, se serait bien passée.

Le quotidien américain révèle que des cadres haut placés ont envoyé à plusieurs reprises de faux mémos internes à leurs propres agents afin de les tromper et de dissimuler des informations secrètes. Celles-ci portaient notamment sur des frappes de drones, des missions ou des activités illégales que la CIA ne souhaitait pas ébruiter. 

Un court-circuit interne

Cette pratique, connue sous le nom de «eyewashing», consistait, dans un premier temps, à transmettre une note à un certain nombre de membres de l'agence de renseignement contenant des informations erronées. Puis, dans un second temps, à transmettre un deuxième mémo –contenant, cette fois, les vraies informations– à un cercle réduit d'agents leur demandant d'ignorer le précédent document. Un moyen de brouiller les pistes et de court-circuiter la transmission d'une information sensible.

Plusieurs vétérans de la CIA ont témoigné dans cette enquête du Washington Post. Si certains présentent la manœuvre comme rare et «peu fréquente», d'autres, à l'inverse, dénoncent des abus et un processus opaque. Pour illustrer cette pratique au sein de l'agence de renseignement, le quotidien américain cite un exemple précis: pour expliquer la mort d'un membre d'al-Qaïda au Pakistan, des cadres de la CIA avaient évoqué à tort des violences tribales dans le nord-ouest du pays alors que, en réalité, l'homme avait été tué lors d'une frappe de drone américaine.

Un ancien membre de la CIA évoque aussi un cas typique d'«eyewashing». Si une source se retrouve en possession d'une information sensible pour l'agence, alors un mémo serait envoyé à tous les agents au courant de son existence pour les informer qu'elle a été tuée, «heurtée par un bus». Puis, un second mémo serait envoyé à un cercle réduit d'agents pour leur dire que la source est, en réalité, encore vivante et en possession d'une information sensible, explique le Washington Post.

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