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Chou kale, smoothie… Les aliments «bien-être» ne sont pas tous vos amis

Légumes sur un marché serbe à Belgrade, le 25 novembre 2014. ANDREJ ISAKOVIC / AFP

Légumes sur un marché serbe à Belgrade, le 25 novembre 2014. ANDREJ ISAKOVIC / AFP

Les «aliments miracle» s'enchaînent et les régimes diététiques se ressemblent. Dans cette course au «bien-manger», Stephen Le prône un retour aux sources.

Votre salade est-elle aussi saine que vous le pensez? Tous ces nouveaux légumes crus, riches en sucres, toxines et acides phytiques sont-ils vraiment bons pour votre santé? Attention, le bio-anthropologue Stephen Le pourrait bien doucher votre enthousiasme pour le chou kale, à en croire l’hebdomadaire canadien Maclean’s

Selon lui, plutôt que de succomber à la mode du smoothie, il faudrait plutôt suivre un régime alimentaire adapté à la région d’où l’on vient, à ses coutumes et à son emplacement géographique. Pour faire court: il faudrait manger comme ses ancêtres. Après le décès de sa mère d’un cancer du sein à 66 ans seulement, Stephen Le s’est penché, au travers de recherches et de voyages, sur les traditions culinaires de diverses région du globe.

Dans son livre 100 Million Years of Food: What Our Ancestors Ate and Why It Matters Today, il dresse un constat pour le moins surprenant par rapport à la croyance populaire: non, les hommes ne mangent pas plus de calories qu’ils le faisaient il y a quelques millions d’années, et se dépensent autant.

Manger cinq fruits et légumes par jour ne serait donc pas la réponse universelle à tous les questionnements diététiques. L’anthropologue affirme même qu'à tout considérer manger des végétaux ne serait pas plus sain qu’une consommation modérée d’alcool, ou qu’être en léger surpoids.

Sa pensée écorche au passage tous les «aliments miracle» vantés ces dernières années par les célébrités ou les adorateurs du bio, du chou kale à la poudre de macha, en passant par les graines de chia, les baies de goji et le quinoa. Un argument soutenu par Michael Ruhlman, chef cuisinier et écrivain, qui souligne que ce ne sont pas les aliments en eux-mêmes qui sont sains ou non, mais comment ils sont consommés.

Exit le bar à salades

«Dans la société occidentale, le bar à salades est un modèle de santé, clame Stephen Le. Mais si vous montriez ça à la plupart des communautés dans le monde, ils seraient horrifiés. Ils diraient: Mais vous ne pouvez pas digérer ça!”» L’anthropologue canadien note que les légumes ont mis longtemps à s’intégrer à l’alimentation humaine, bien après la viande ou les produits laitiers, et ce en raison de leurs toxines. Le développement de la cuisine et surtout de la cuisson a mis fin à ce problème. 

Avant la course au quinoa, le régime crétois ou le régime Okinawa ont déjà été célébrés pour leurs bienfaits pour la santé et leurs apports nutritionnels. Maclean's souligne pourtant que cette habitude alimentaire n’est pas bénéfique pour tout le monde: «Après avoir été pendant des siècles un des peuples à consommer le plus d’huile d’olive au monde, il apparaît que les Crétois se sont génétiquement adaptés à cette consommation», explique Gary Paul Nabhan, ethnobotaniste à l’université de l’Arizona. Avec à la clé, peu de maladies cardiaques. Mais si le même régime était adopté par d'autres populations, il aurait certainement des effets plus néfastes sur la santé.

Manger comme nos grands-parents n'est pourtant pas du goût de tout le monde. Plus que la perspective de manger du chou et des pommes de terre cinq jours par semaine, c'est surtout l'aspect nostalgique de cette nouvelle tendance culinaire qui agace certains. Tom Philpott relève dans Mother Jones que la qualité et la quantité des produits consommés par nos ancêtres ont laissé à désirer pendant des siècles.

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