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Entre «réunion de parents d'élèves» et «carnaval», voici à quoi ressemblent les caucus de l'Iowa

Hillary Clinton et Bernie Sanders essayant d'expliquer le fonctionnement du caucus de l'Iowa pour les Démocrates. REUTERS/Randall Hill

Hillary Clinton et Bernie Sanders essayant d'expliquer le fonctionnement du caucus de l'Iowa pour les Démocrates. REUTERS/Randall Hill

Accrochez-vous, ce n'est pas simple.

Pour les candidats à la Maison Blanche, le plus sérieux commence: ce lundi 1er février, les électeurs de l'Iowa seront les premiers à voter pour leur candidat préféré à l'investiture démocrate ou républicaine. Si cet État donne rarement le vainqueur de la primaire, il peut s'avérer dévastateur pour les candidats les moins bien placés, ou ceux dont le résultat attendu était finalement bien supérieur au résultat réel.


Mais pourquoi parle-t-on d'un caucus pour l'Iowa, et pas d'une primaire? C'est sans doute parce que ce mode de scrutin est très complexe (heureusement, plusieurs médias, comme le Wall Street Journal, ont réalisé des infographies pour le résumer). Petit mode d'emploi.

1.La primaire républicaine

Dans le cas des Républicains, c'est (presque) simple. Comme le raconte le Washington Post:

«Un caucus républicain est étrange, mais simple: un mélange entre une élection classique et une réunion de parents d'élèves. Les électeurs se rassembleront sur près de 900 sites, puis écouteront des discours des représentants que les candidats auront désignés. (Les candidats peuvent aussi se pointer et prononcer les discours eux-mêmes, dans ce qui constitue l'un des exemples les plus intimes de démocratie en politique.) Ensuite, les électeurs écrivent leur choix sur un papier et le remettent aux organisateurs du scrutin.» 

En 2012, CNN précisait également que tout et un peu n'importe quoi pouvait servir de bureau de vote: «des écoles, des sous-sol d'église ou chez des particuliers».

«Une fois que tous les votes ont été comptés, les délégués de ce caucus prennent leur téléphone et appellent Des Moines, la capitale de l'Iowa, et font remonter leurs résultats.»

Comme l'indique CBS, les candidats obtiennent ensuite un nombre de délégués selon leur score, attribués selon la règle de la proportionnelle. En tout, trente délégués seront en jeu sur les 1.236 dont aura besoin le futur candidat du parti pour atteindre la majorité absolue à la convention.

Et seules les personnes enregistrées sur les listes électorales comme membres du parti pourront voter pour l'un des candidats –on peut s'incrire jusqu'à la dernière minute. Chez les Républicains, l'Iowa est donc ce qu'on appelle un caucus «fermé», cette année.

2.La primaire démocrate

Accrochez-vous, c'est là que ça devient compliqué.

Tout d'abord, l'Iowa est un État dont le caucus est semi-open, côté démocrate. En clair, les personnes inscrites comme Républicaines ne peuvent pas voter en faveur d'un candidat démocrate mais les électeurs indépendants peuvent venir et «voter» en faveur de leur candidat préféré.

 

Comme chez les Républicains, les électeurs se rendent sur l'un des sites désignés à l'avance par le parti. Sauf qu'au lieu de ressembler à une élection «classique», ici, le vote ressemble plus «à un carnaval où les soutiens des candidats disent: "Venez dans notre groupe"», comme l'explique le politologue Dennis Goldford à Vox

En effet, comme le raconte CBS, les électeurs «se divisent en groupes en faveur de certains candidats». Commence alors ce que l'on pourrait qualifier de «premier tour». Pour que le candidat soit considéré comme «viable» et accède au «second tour», il doit rassembler au moins 15% des personnes présentes sur place (ou plus dans certains cas, précise CBS). Sans cela, indique la NPR, impossible d'obtenir un délégué dans cette circonscription.

Pour atteindre les 15%, les soutiens des candidats peuvent se rendre dans les autres groupes pour convaincre les électeurs de les rejoindre ou essayer de convaincre les indécis de se joindre à eux. Le vote des électeurs n'est donc pas figé, contrairement à ce qui se passe chez les Républicains.

Cette vidéo de 2008 montre bien comment se déroule le caucus sur un des nombreux sites de l'Iowa.


Dans ce cas précis, il fallait que 70 personnes rejoignent un groupe pour qu'il soit viable. Les soutiens de Christopher Dodd n'étaient que huit. Ils devaient donc essayer d'en convaincre 62 autres. Ceux de Joe Biden n'étant que 69, ils n'étaient pas assez pour accéder au «second tour». Dans ce cas-là, ils pouvaient choisir de se reporter sur un autre candidat «viable» ou s'abstenir. 

Cette année, les électeurs devront choisir entre Hillary Clinton, Bernie Sanders, Martin O'Malley et d'autres candidats. Il sera notamment intéressant de regarder vers qui les soutiens de O'Malley vont se reporter, puisque dans les sondages, il n'a toujours pas dépassé la barre des 10% d'intentions de vote.

Autre complexité, soulignée par le Washington Post:

«Le nombre de délégués alloué à chaque site est défini selon la participation démocrate de ce site aux deux dernières élections. [...] Si beaucoup plus de votants que prévu se mobilisent, par exemple, dans une circonscription d'Iowa City, ou si le nombre de personnes présentes dans une circonscription rurale est beaucoup plus faible que prévu, cela ne change rien –on conserve le même nombre de délégués. On le voit bien sur cet enregistrement de C-Span sur l'un des sites clés du caucus, en 2008.»

Et ce qu'il y a d'encore plus drôle c'est que personne ne vote directement pour l'un des candidats à la primaire, comme le souligne la NPR:

«Les 1.683 circonscriptions vont désigner 11.065 délégués. Au final, après les conventions de comté (le 12 mars), celles du district du Congrès (le 30 avril) et de l'État (le 18 juin), il n'y aura plus que 44 délégués pour la convention nationale.»

Tout ça pour ça: comme le rappelle Vox à la fin de sa vidéo, «tout compris, l'Iowa ne compte que pour 1% des délégués à la convention nationale».

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