Santé / France

Les étudiantes sont plus déprimées que les étudiants

Temps de lecture : 2 min

Les inégalités de genre face au stress et au mal-être sont déjà apparentes à la sortie de l'adolescence.

11/52 "fold" / porschelinn via FlickrCC License by
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À l’université, les filles sont plus déprimées que les garçons. C’est le résultat d’une étude menée sur 10.000 étudiants par l'université de Bordeaux, nommée i-Share. «Quel que soit le marqueur de mal-être psychique, les filles sont beaucoup plus exposées que les garçons», indique un communiqué de l'université. 13% des filles ont été diagnostiquées pour dépression, contre 9% chez les garçons. Elles ont «plus fréquemment des pensées suicidaires» et 23% ont pris un médicament contre le stress ou l'anxiété dans les trois derniers mois, contre 10% des garçons. Elles prennent enfin plus fréquemment un médicament pour dormir (12% versus 8%).

L’analyse de cette inégalité est un des objectifs de i-Share (pour Internet-based Students' Health Research Enterprise), un projet programmé sur dix ans, qui a pour but d’étudier la santé de 30.000 étudiants.

Des étudiants stressés

Contrairement à l’image d’Épinal qu’on en a, les étudiants sont une population relativement stressée. Ils connaissent dans une forte proportion des troubles anxieux ou phobiques, selon i-Share (15%) et 70% ont eu «une période de symptômes dépressifs dans l'année précédente». Selon une étude de l’American Psychological Association, la génération Y aux États-Unis connaît de même les chiffres les plus importants de dépression (19 %) et de troubles de l’anxiété (12 %).

Une étude réalisée en France en 2014 par l’institut TNS-Sofres faisait état d’une grande solitude ressentie chez les étudiants: lorsqu’on demande aux 18-24 ans s’ils ont déjà souffert de solitude, ils sont 49% à répondre «souvent» ou «parfois», contre 39% pour le reste de la population.

L'impact des discriminations

Si les jeunes femmes sont plus touchées, ce peut être dû à de multiples causes, notamment les attentes supérieures de la société en matière de présentation de soi ou de travail domestique. Ou peut-être aussi à cause des discriminations qu’elles subissent.

Des chercheurs ont ainsi récemment découvert qu’à âge égal, niveau de diplôme équivalent, de situation familiale et d’autres facteurs similaires, les femmes qui gagnaient moins que les hommes avaient deux fois et demi plus de chances de connaître une dépression que les hommes. Mais quand le niveau de salaire était équivalent, les femmes avaient le même taux de dépression et d’anxiété que leurs collègues masculins.

«La sélection sociale qui touche les femmes dans certains métiers en leur octroyant des salaires inférieurs aux hommes et en encourageant les inégalités dans la répartition des tâches ménagères a des conséquences matérielles et psychosociales», expliquait un des auteurs de l’étude. Les étudiantes ne touchent pas de «salaire» mais sont soumises à d’autres types de compétitions, qui les affectent peut-être. Ce n’est qu’une hypothèse, il faudra creuser pour en savoir plus.

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