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Plus de la moitié des habitants du Yémen sont en situation d'insécurité alimentaire

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 31.01.2016 à 11 h 34

Repéré sur Alimentation Générale, FAO

Agriculture, Haraz Mtns | Rod Waddington via Flickr CC License by

Agriculture, Haraz Mtns | Rod Waddington via Flickr CC License by

Au Yémen, plus de 14 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire, s’inquiète la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation, comme le signalent l’AFP et le site Alimentation Générale. C’est une augmentation de 12% depuis juin 2015.

Après plus d’une année de conflit, pour plus de la moitié des habitants, il n’existe donc pas de sécurité alimentaire, une situation assurée «quand toutes les personnes, en tout temps, ont économiquement, physiquement et socialement accès à une alimentation suffisante, sûre et nutritive, qui satisfait leurs besoins nutritionnels et leurs préférences alimentaires, pour leur permettre de mener une vie active et saine», d’après la définition de ce concept, élaborée en 1996 lors du Sommet mondial de l’alimentation.

La situation est complexe: le Yémen importe habituellement plus de 90% des aliments de base. A cause de la guerre qui ravage le pays, ces importations diminuent, et la disponibilité des denrées alimentaires aussi, tandis que les prix flambent.

Seulement 4% des terres sont arables, mais la production agricole, l’élevage et la pêche emploient la moitié des travailleurs yéménites. Avec la pénurie «d’intrants essentiels», notamment les semences ou les engrais, la production a été largement réduite, tout comme les revenus d’une bonne partie de la population. En outre, le Yémen est l’un des pays les plus pauvres en eau de la planète. Et deux cyclones l'ont frappé en novembre dernier, «ce qui a fortement perturbé les moyens d’existence des pêcheurs le long des zones côtières».

«Crise oubliée»

Comme 2,3 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, «cela accroît la pression sur les communautés d'accueil, déjà en difficulté du fait des maigres ressources alimentaires».

Dans le communiqué de l’agence de l’Onu, Salah El Hajj Hassan, représentant de la FAO au Yémen, déclare que «l'insécurité alimentaire et la malnutrition s’aggravent de jour en jour». Pour lui, il faut de toute urgence faciliter les importations de nourriture et de combustible, et surtout apporter un soutien aux familles. 

La FAO prévoit donc des fonds pour «aider les familles à produire de la nourriture tout en renforçant leur résilience grâce à différentes activités» et «collabore avec des associations locales de femmes pour soutenir l'agriculture potagère et les élevages en basse-cour». Tout en distribuant des semences, des outils et des volailles pour améliorer l'alimentation des familles, créer des revenus supplémentaires et diminuer la dépendance aux importations rares et chères.

Etienne Peterschmitt, représentant adjoint de la FAO et chargé de la réponse d'urgence au Yémen, parle d'une «crise oubliée, avec des millions de personnes ayant un besoin urgent d’assistance à travers le pays».

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