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Quand les trafiquants de drogue mexicains se faisaient payer en Levi's

Dans l'Amérique rurale des années 90, l'héroïne s'échangeait contre une paire de Levi's. | David Hilowitz via Flickr CC License by Creative Commons

Dans l'Amérique rurale des années 90, l'héroïne s'échangeait contre une paire de Levi's. | David Hilowitz via Flickr CC License by Creative Commons

À la fin des années 1980, les jeans Levi’s étaient un signe d’opulence chez les dealers mexicains. Quitte à se faire payer uniquement en jeans.

Quand le journaliste Sam Quinones a commencé à travailler sur la crise de l’héroïne aux États-Unis, son attention a rapidement été attirée par un système sophistiqué de livraison à domicile, développé par les cartels mexicains pour approvisionner leur clientèle américaine.

«Ce système a fait des adeptes pour nombre de raisons, mais l’une des plus étranges était que les gens se sont vite rendus compte qu’ils pouvaient vendre de la drogue et se faire payer en Levi’s 501. Ils revenaient ensuite dans leur village avec cinquante, cent jeans, et les distribuer comme le Père Noël», explique Sam Quinones au Los Angeles Times.

Dans son livre Dreamland: The True Tale of America's Opiate Epidemic, le journaliste raconte notamment l’arrivée d’Enrique, un aspirant trafiquant, chez ses oncles en Californie à la fin des années 1990. Ceux-ci, fortement impliqués dans le trafic d’héroïne, le mettent alors devant une armoire remplie de Levi’s 501 tout neufs en lui disant de se servir à sa guise.

Deux Levi’s pour un ballon d’héroïne

L’anecdote, relayée par The Atlantic, traduit l’adoration des dealers mexicains de l’époque pour ces jeans, symboles d’opulence, de réussite et de contacts aux États-Unis. Les trafiquants acceptaient même ces vêtements en guise de monnaie d’échange, au taux de deux Levi’s pour un ballon d’héroïne.

Un trafiquant de Xalisco, au Mexique a confié à Sam Quinones avoir une fois rapporté cinquante Levi’s dans ses valises, rapporte The Atlantic. «Je les obtenais de mes clients qui les volaient à Sears», lui a-t-il précisé.

«Les dealers ont vite remarqué que leurs clients étaient de très bons voleurs à l’étalage», explique Sam Quinones à NPR, leur donnant même des listes de modèles et couleurs particuliers à voler.

Le gouvernement américain s’est engagé l’année dernière à combattre la consommation d’héroïne et les abus de prescriptions d’opiacés. Le sujet s’est même invité dans la course à la présidentielle américaine, comme dans le Vermont où Hillary Clinton a été interrogée sur ce qu’elle ferait pour endiguer «l’épidémie d’héroïne»Les overdoses constituent aujourd’hui la première cause de mortalité accidentelle aux États-Unis, devant les accidents de la route et les armes à feu.

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