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L'iconique photo de Tian'anmen est-elle vraiment devenue la propriété d'une société chinoise?

Détail d'une reproduction de la photo "Tank Man" de Jeff Widener. PHILIPPE LOPEZ / AFP

Détail d'une reproduction de la photo "Tank Man" de Jeff Widener. PHILIPPE LOPEZ / AFP

La revente par Bill Gates de Corbis Entertainment à Visual China Group soulève de nombreuses interrogations.

Bill Gates a annoncé le 22 janvier qu'une société lui appartenant avait vendu «une foule de documents historiques, et artistiques à une entreprise chinoise, Visual China Group», raconte Quartz.

La nouvelle aurait pu s'arrêter là, et personne aurait pu n'y prêter vraiment attention, mais il se trouve que parmi tous ces documents se trouve l'un des images les plus emblématiques du dernier siècle: celle du manifestant de Tian'anmen qui se tenait devant les chars chinois, pour essayer «de bloquer leur progression lors des manifestations de la place Tian'anmen, en 1989».

«Tank Man»

Comme le soulignait Le Monde en juin 2014, vingt-cinq ans après les évènements:

«Elle est devenue un symbole: un homme, sac plastique à la main, fait face à un char, non loin de la place, sur l’immense avenue de la Paix-éternelle (Chang'an), qui traverse la capitale chinoise d'est en ouest. Le surnom donné au rebelle, “Tank Man, est resté dans l’histoire, pas son vrai nom, car personne n’a jamais su ce qu’il était devenu.»

Cette photo est signée Jeff Widener, un photographe de l'agence de presse américaine AP. Mais comme le soulignait le quotidien français, plusieurs autres photographies ont été prises en même temps par d'autres photographes. Elles sont en revanche beaucoup moins célèbres. Une équipe de CNN avait également filmé la scène:


Un cliché toujours accessible

Que cette photo soit désormais dans les mains d'une entreprise chinoise soulève donc plusieurs interrogations, indique Quartz.

«Deviendra-t-il plus difficile d'accéder à ces documents dans le futur? La réponse dépend d'où vous vous trouvez. [...] La censure –imposée par le gouvernement et l'auto-censure– fait que les images comme celle de “Tank Man voient rarement le jour. Un plus gros problème est que le propriétaire chinois puisse choisir de restreindre –ou soit obligé de restreindre– l'utilisation d'images sensibles à l'international. La censure chinoise affecterait alors un public mondial. Jusque-là, rien ne le laisse suggérer.»

Mais Time est beaucoup plus catégorique, et estime que toutes ces inquiétudes n'ont pas forcément lieu d'être.

«La plupart des photos de Tian'anmen ne sont pas affectées par cette vente. Même si elles étaient distribuées par Corbis, elles appartiennent à Reuters et AP. Elles ne tomberont donc pas dans les mains de VGC, malgré ce qui a été dit ici et là. Comme l'explique Craig Peters, vice-président de Getty, qui va désormais distribuer les collections de Corbis en-dehors de Chine: “Reuters et AP peuvent choisir ou non de continuer leur collaboration avec VGC. VGC et Getty n'ont aucun contrôle sur ces décisions: contrairement à ceux qui possèdent ces images.»

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