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Le jour de l'anniversaire de la libération d'Auschwitz, Paris reçoit le président iranien Rohani

Des manifestants marchent sur un potrait du président iranien Hassan Rohani à Paris, le 28 janvier 2016. REUTERS/Jacky Naegelen

Des manifestants marchent sur un potrait du président iranien Hassan Rohani à Paris, le 28 janvier 2016. REUTERS/Jacky Naegelen

Parlementaires et ONG rappellent à quel point le régime iranien bafoue les droits de l'homme.

Après l’Italie où des sculptures dénudées ont du être recouvertes avant son passage, le président iranien est arrivé en France le 27 janvier pour une visite officielle de deux jours très attendue par les industriels français. Sa venue a déclenché de nombreuses réactions.

Plus de soixante-cinq députés et sénateurs de la majorité et de l’opposition ont publié une lettre ouverte au président de la République pour «attirer [son] attention sur le bilan accablant du régime des mollahs en matière de respect des droits de l'homme.» «On ne dénombre pas moins de dix-neuf exécutions pour le seul mois de janvier 2016 dont trois pendaisons publiques», rappellent les parlementaires. Les signataires demandent donc à Françis Hollande «de mettre à profit cette visite pour exiger de l'Iran la libération des prisonniers politiques et plus largement des progrès tangibles en matière de respect des droits de l'homme et notamment des minorités religieuses et ethniques.»

L’ONG Human Rights Watch a publié un communiqué appelant elle aussi le président Hollande à aborder plusieurs points précis avec son homologue iranien. Notamment la fin des discriminations vis-à-vis des femmes et des réformes législatives pour respecter leurs droits et la libération des journalistes, défenseurs des droits de l’homme, activistes politiques emprisonnés à l’issue de procès inéquitables. Les Femen ont organisé une simulation de pendaison à Paris pour que le président Rohani se sente «comme à la maison».

Visite du Memorial de la Shoah?

Mais la visite de Rohani soulève également le problème de l'antisémitisme du régime, d'autant que le 27 janvier est le jour de la libération d’Auschwitz, ainsi que la date de la journée internationale de commémoration de l’Holocauste depuis le vote d’une résolution de l’ONU. Et ce, alors que la République rendait hommage aux victimes des tueries de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher deux semaines plus tôt. Certes, Rohani n’est pas son prédécesseur, Mahmoud Ahmadinejad, pour lequel l’holocauste était un «mythe». Dans une interview accordée à la chaîne américaine CNN, Rohani avait semblé condamner l’Holocauste, c’est du moins ce qu’en retenait la chaîne avant qu’un imbroglio autour de la traduction de ses propos ne révèle que cette condamnation était un peu plus ambiguë. Et Téhéran organise toujours son Concours international de caricatures sur l'Holocauste, une réplique à la publication de caricatures de Mahomet en 2005 par le journal danois Jyllands-Posten.

Sur le site de Fox News, la directrice de l’American Jewish Committee et une survivante d’Auschwitz suggèrent ironiquement que François Hollande accompagne le président iranien au Memorial de la Shoah de Paris. «Il est peu probable que le président Rohani sera intéressé par une telle visite. Mais la proposer serait un geste lourd de sens de la part du président français, rendant clair le fait que la France se souvient, et a la ferme intention de combattre ceux qui menacent la liberté, les droits de l’homme, la paix et la camaraderie».

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