Double XCulture

Ce que les dialogues Disney nous disent sur l’image des femmes

Repéré par Fatma-Pia Hotait, mis à jour le 27.01.2016 à 18 h 07

Repéré sur The Washington Post

Les nouveaux dessins animés Disney laissent peu la parole aux héroïnes mais ils sont quand même plus centrés sur leurs accomplissements.

Les princesses de Disney classiques étaient surtout mises en valeur pour leur beauté | Jenny park via Flickr CC License by Creative Commons

Les princesses de Disney classiques étaient surtout mises en valeur pour leur beauté | Jenny park via Flickr CC License by Creative Commons

Enfants, les princesses Disney nous ont fait rêver. Mais avez-vous déjà examiné ces dessins animés sous un angle sociologique? Deux linguistes l’ont fait, rapporte The Washington Post.

Carmen Fought et Karen Eisenhauer ont comparé entre eux les films Disney qui mettent en scène des princesses. Elles ont distingué trois périodes-clés de l’histoire du géant d’animation américain. La période classique (1937-1959), la période qu’elles appellent la Renaissance (1989-1998) et la période actuelle (2009-2013). Elles remarquent que le temps de parole des hommes dans les films est largement supérieur à celui des femmes, sauf dans la période classique, où la parité était respectée. Dans Blanche Neige (1937), la prise de parole entre les genres est de 50% pour chaque. En 1995, en revanche, les hommes dans Pocahontas monopolisaient 73% de la parole. La tendance se manifeste même dans les dessins animés les plus récents, comme La Reine des neiges (2013): malgré le fait que les deux héroïnes soient des femmes, elles ne détiennent que 46% des répliques.

Néanmoins, juger un film seulement sur la base du nombre de mots prononcés par les femmes aurait été incomplet. C’est pourquoi les linguistes ont examiné ce que disent les personnages et se sont focalisées sur les compliments qui leur sont faits. Et là, l’évolution n’est pas aussi négative. Au contraire.

Valoriser les filles pour leur intelligence

L’apparence était très importante dans les dessins animés de la période classique. La beauté des femmes faisait l’objet de 55% des compliments. Quant à leurs talents et leurs réussites, ils ne constituaient que 11% des éloges qui leur étaient faits. Lors de la Renaissance, les chercheuses observent une amélioration: 38% des compliments visent la beauté et 25% se concentrent sur les capacités et les actes des princesses.

Le vrai changement se fait à la période actuelle. Les héroïnes des nouveaux films d’animation inversent la tendance. «Pour la première fois, les femmes sont plus propices à être mises en valeur pour leurs qualités et leurs accomplissements plutôt que pour leur apparence», écrit le journaliste du Washington Post Jeff Guo. Dans ces films, 40% des compliments faits aux femmes parlent de leurs talents et de leurs capacités contre 22% pour la beauté.

Les classiques mettaient en scène «la princesse isolée qui cherche quelqu’un pour l’épouser», dit Carmen Fought au Washington Post. Les nouvelles princesses ont une personnalité forte et indépendante. La Reine des neiges et Rebelle ont été conçus, écrits et produits «par des femmes ou une équipe qui incluait des femmes», explique le Washington Post. Dans un entretien avec le site destiné aux parents A mighty girl, Brenda Chapman, qui a écrit et coproduit Rebelle, explique les objectifs qu’elle s’était donnés lorsqu’elle a créé le personnage de la princesse Mérida:

«Mérida était conçue spécifiquement pour sortir du moule. Elle a été créée pour bouleverser l’image de la princesse Disney habituelle, pour montrer qu’elle est proche d’une vraie princesse […]. Les princesses étaient des femmes actives, tout comme leurs mères et c’est pourquoi j’ai décidé de donner une touche de modernité.»

Se concentrer sur les compétences des princesses plutôt que sur leur beauté est essentiel pour les enfants. Les psychologues conseillent aux parents de ne pas les complimenter sur leur apparence, comme le souligne le site Famili.fr. Dans une interview au Daily Telegraph, la ministre des Femmes britannique affirmait que «complimenter [les enfants] pour leur capacité à faire un puzzle […] ou pour leur curiosité à poser des questions» était plus bénéfique que de les complimenter sur leur apparence. 

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