France

Le contre-gouvernement du quinquennat Hollande

Temps de lecture : 2 min

Christiane Taubira rejoint la liste des ministres déçus de la politique du quinquennat, et qui le font savoir. Petit trombinoscope de ce «shadow cabinet» de la gauche française.

Christiane Taubira à l'Elysée, le 23 décembre 2015. REUTERS/Philippe Wojazer
Christiane Taubira à l'Elysée, le 23 décembre 2015. REUTERS/Philippe Wojazer

La démission, mercredi 27 janvier, de la ministre de la Justice Christiane Taubira, une des personnalités les plus appréciées des sympathisants de gauche, est la dernière d’une longue liste de départs de ministres qui n’ont depuis pas ménagé leurs critiques sur le quinquennat Hollande.

Une sorte de shadow cabinet, cette réplique de gouvernement que forme l’opposition en Grande-Bretagne pour critiquer l’action de l’exécutif et formuler ses propres propositions.

Le petit cercle des ministres déçus de la politique menée par François Hollande et ses gouvernements successifs a d'ailleurs accueilli la nouvelle en rendant hommage à Christiane Taubira, comme pour lui dire «Bienvenue au club».

Un an après l'installation de François Hollande à l'Elysée, Delphine Batho fut la première à être éjectée du gouvernement pour avoir critiqué la baisse du budget du ministère de l'Écologie. Lorsque Manuel Valls entre en fonction en mars 2014 en remplacement de Jean-Marc Ayrault, Cécile Duflot, jusqu'ici ministre du Logement, refuse de participer au gouvernement: s'ensuivra un livre à charge, qui viendra après celui de Delphine Batho.

Puis, à la fin de l'été 2014, c'est l'heure de l’offensive de la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse, lors de laquelle Arnaud Montebourg et Benoît Hamon critiquent la ligne économique du gouvernement, dont ils sont évincés le lendemain. Ils sont rejoint par Aurélie Filippetti, qui enverra une lettre acerbe de rupture à Hollande et Valls.

Depuis son départ, chaque ministre démissionnaire (ou démissionné) a lâché périodiquement une petite vacherie dans les médias, et nous avons compilé quelques formules dans ce trombinoscope du contre-gouvernement socialiste et écologiste. Un cabinet fantôme où nous n'avons pas inclus ceux qui sont partis parce qu’ils étaient impliqués de près ou de loin dans une polémique ou une affaire judiciaire (Thomas Thévenoud, Kader Arif, Jérôme Cahuzac, Yamina Benguigui) ou qui ont choisi de privilégier leur mandat d’élu local (François Rebsamen).

Photos: site du gouvernement et Reuters. (Cécile Duflot et Delphine Batho: REUTERS/Gonzalo Fuentes)

Jean-Laurent Cassely Journaliste

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