Frédéric Mitterrand, une cible trop facile
La virulence soudaine des attaques personnelles contre Frédéric Mitterrand cache mal une façon de faire de la politique qui est celle de l'extrême droite.
- Frédéric Mitterrand Olivier Pon / Reuters -
«Je condamne le tourisme sexuel et la pédophilie»: invité de Laurence Ferrari lors du journal de 20heures de TF1 jeudi 8 octobre, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a répondu aux attaques dont il fait l'objet depuis son soutien au cinéaste Roman Polanski. «Je ne rajouterai pas l'indignité à l'injustice du traitement qui m'est fait», a-t-il dit. Reçu «en audience» par le chef de l'Etat, le ministre a affirmé que Nicolas Sarkozy et François Fillon lui avaient témoigné leur «confiance».
Au centre de la polémique, des extraits de son roman La mauvaise vie. Ce livre paru en 2005, n'est pas «un récit totalement autobiographique», a précisé l'auteur. Il n'y cache rien de sa vie la plus intime, y compris son recours à la prostitution masculine dans les bordels de Bangkok en Thaïlande. Mais il réfute avoir commis un quelconque acte pédophile: «J'étais chaque fois avec des gens de mon âge ou de cinq ans de moins.». «Je n'ai jamais fait de mal à personne dans ma vie, jamais», a-t-il insisté, «même si un des chapitres est précisément une traversée de cet enfer, avec la fascination que cet enfer peut susciter.»
«On n'écrit pas la littérature avec des bons sentiments», a-t-il poursuivi, reprenant à son compte une citation d'André Gide. La seule chose que le neveu de François Mitterrand peut reconnaître c'est d'avoir commis «une erreur oui, un crime non, une faute, même pas». Cet article revenait sur les attaques contre Frédéric Mitterrand et ce qu'elles reflètent de la société actuelle à la veille de cette intervention télévisée.
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«The politics of spite»: que l'on pourrait traduire par la politique de la rancœur, avec une notion pavlovienne d'automaticité dans la rancœur qui précède et empêche toute réflexion. L'expression est de Paul Krugman, prix Nobel et éditorialiste au New York Times, pour qualifier la façon qu'ont les Républicains de faire de la politique aux Etats-Unis. Il cite à l'appui de cet article en forme de cri d'alarme, le champagne sablé par l'état-major d'un journal néo-conservateur à l'annonce de la défaite de Chicago en faveur de Rio de Janeiro pour l'organisation des Jeux olympiques de 2016. Eh bien en France, c'est copie conforme: nous vivons à l'heure de la rancœur systématique, de l'attaque tous azimuts; pourvu que cela fasse des dégâts.
Le plus récent exemple en est l'affaire Polanski et sa victime collatérale, mais qui en sera peut-être la principale, à savoir Frédéric Mitterrand. Le ministre de la culture est mis en cause par Marine Le Pen et Benoit Hamon le porte-parole du PS, pour ses écrits dans «Mauvaise vie», apologie, nous dit-on, du tourisme sexuel quand ce n'est pas de la pédophilie. A l'origine de ce tir groupé, se trouve la prise de position de Frédéric Mitterrand en faveur de Roman Polanski dès l'annonce de l'arrestation, en Suisse, de ce dernier; on nous dit maintenant que c'est la façon dont Frédéric Mitterrand a défendu Roman Polanski qui est en cause, à savoir la dénonciation d'un mauvais côté de l'Amérique, le côté puritain pour parler clair.
Il ne s'agit pas ici de défendre ou d'excuser, voire de comprendre en quoi que ce soit, le crime du jeune Polanski aux dépens d'une enfant de 13 ans. Pas plus qu'il ne s'agit de cacher le dégoût que peuvent inspirer les pages du livre de Frédéric Mitterrand consacrées à son attirance pour le commerce sexuel avec les jeunes hommes. Le mot commerce, au sens propre du terme, étant ici en cause. Il s'agit plutôt de regarder comment, lorsque quelqu'un peut apparaître comme une cible politique, tous les moyens sont bons. Ce qui peut conduire à tenir un point de vue, puis son contraire: peu importe pourvu qu'on ait l'ivresse de voir son ennemi à terre!
Petit rappel donc: il y a, en France, depuis que la droite est au pouvoir, des polémiques récurrentes sur sa vision et sa pratique de la sécurité et son goût immodéré pour réformer le code pénal dans un sens chaque jour plus répressif. Avec le procès permanent fait par la droite à la gauche de préférer toujours le sort de l'agresseur à celui de la victime. C'est au nom de la légitime défense des victimes que la droite justifie chaque ajout dans notre arsenal répressif. Il en a été ainsi de la plus récente des polémiques sur ce sujet, consécutive à l'assassinat d'une jeune femme qui avait eu «le tort» de jogger au moment où passait un criminel sexuel récidiviste, libéré depuis peu.
On a aussitôt parlé de «castration chimique», sans doute pour ne pas évoquer la réalité médicale dont il est question, à savoir un traitement hormonal. Mais parler d'un traitement eut été paraitre laxiste et accepter l'idée que la prison est faite pour réinsérer et, s'agissant des criminels sexuels, pour soigner aussi. Le président de la République avait déjà fait voter une loi ouvrant la possibilité de garder enfermés des criminels sexuels qui auraient purgé leur peine, mais dont les experts considéreraient qu'ils sont toujours dangereux. Donc l'enfermement à vie. La gauche avait objecté que dans notre droit et selon nos principes, la prison doit permettre de s'amender, de se soigner, de se réinsérer.
Arrive l'affaire Polanski et les petites phrases en défense du cinéaste de Frédéric Mitterrand. Et là, le ministre est aussitôt jugé coupable de défendre un criminel sexuel. Où est donc passé tout l'argumentaire sur nos grands principes et sur ce que doit être la justice dans un pays? Qui a simplement rappelé que Roman Polanski est citoyen français et, qu'à ce titre, il mérite l'intérêt des autorités pour sa défense? Comme on le fait par exemple pour cette jeune femme emprisonnée au Mexique, Florence Cassez, dont on peut penser qu'elle a eu quelques liens avec une bande mafieuse. Il eut été plus normal de rappeler alors que dans notre droit, et dans le droit européen, il existe le droit à la prescription. Et que, de ce point de vue, les faits reprochés à Roman Polanski étant vieux de plus de 30 ans, sont prescrits. [edit: la prescription est effective à partir de la fin de l'instruction] Ou plutôt le seraient, car ils ne le sont pas aux yeux de la justice américaine. Le reproche que l'on peut faire, que l'on doit faire, au cinéaste est de pas s'être présenté au juge américain qui réclamait sa présence. Il a méconnu le dogme de la justice aux Etats-Unis: le respect du juge.
Mais on a préféré ne retenir que l'éloge par Frédéric Mitterrand de Roman Polanski. Et le voilà à son tour, pris dans la tourmente du fait de ses écrits. Ce qui suscite le malaise dans la façon dont cette séquence s'est ordonnée, c'est qu'on ne voit que trop bien à quel point la virulence soudaine d'un porte-parole du PS, abrité derrière la dénonciation du tourisme sexuel, a aussi à voir avec ce que Frédéric Mitterrand incarne avec d'autres, à savoir l'ouverture.
Peut être la tempête aboutira-t-elle au départ de ce dernier du gouvernement. Brice Hortefeux a déclaré jeudi matin sur RTL qu'il «prendrait le temps de regarder les faits». C'est d'ailleurs tout le problème des livres dits d'auto-fiction. Mais personne ne pouvait imaginer, lorsque le livre de Frédéric Mitterrand est sorti, que celui-ci se retrouverait membre d'un gouvernement. En tous cas, s'agissant de Roman Polanski et de Frédéric Mitterrand, on voit aussi que le côté implacable des sentences qui sont maintenant prononcées contre eux tient aussi au fait qu'ils sont des gens connus, voire, comme l'a dit Benoit Hamon «qu'ils ont de l'argent».
On peut regretter que l'on puisse ainsi changer de doctrine et ne pas appliquer aux uns les principes dont on se réclame. On peut aussi regretter que l'inspiration humaniste des Jaurès et des Blum soit éclipsée par un certain goût du robespierrisme. Il ne se passe plus de jours d'ailleurs sans qu'une démission soit demandée.
Quand, dans des circonstances il est vrai très différentes, François Mitterrand était sollicité par certains de ses amis socialistes pour punir celui-ci, faire une loi contre celui-là, il allait chercher dans sa bibliothèque, un jour les œuvres de Chateaubriand, un autre l'Histoire des Girondins de Lamartine, pour susciter précisément la réflexion. On trouve ainsi dans le récit par Lamartine de l'arrestation de Madame Roland la description du spectacle donné par ceux qui suivent la voiture sans voir qui y est enfermé, ni même le demander en criant: «à la guillotine». «La foule aime à voir tomber toute chose», commente Lamartine.
Et ces climats-là ne naissent jamais hors contexte; et le contexte est celui d'un retour des thématiques anti-élites: la crise financière est passée par là. Et, pour un président et son gouvernement, celui d'une équipe qui, dans un match de football, aurait perdu le ballon au bénéfice de ses adversaires. En témoigne le succès de la votation citoyenne sur La poste, première préemption d'un terrain, jusqu'alors contrôlé par le gouvernement; mais on pourrait aussi citer l'admonestation d'Alain Juppé. «On se fout de nous», vient-il de dire à l'adresse du Président concernant la suppression de la taxe professionnelle; ce qui en terme politique veut dire expédier une torpille sous la ligne de flottaison! Ou bien encore la façon hâtive, sans y regarder de près, dont est dénoncée l'expérimentation dans des lycées professionnels de cagnottes collectives destinées à financer des activités collectives; ou le mécontentement des producteurs de lait et la conduite de Grenoble, il est vrai à Clermont Ferrand (sic) dont a été victime le ministre de l'agriculture.
Partout le pouvoir est désormais sur la défensive. C'est le jeu: si le pouvoir perd la main, c'est son problème. Mais la vie politique gagnerait tellement à ce que le débat soit d'abord nourri par la réflexion plutôt que par ceux qui veulent, avant toutes choses, voir des têtes au bout des pics ou par les émules des néo-conservateurs américains sablant le champagne à l'annonce d'une défaite d'Obama.
Jean-Marie Colombani
Lire également: Sarkozy piégé par les intellos de gauche.
Image de Une: Frédéric Mitterrand Olivier Pon / Reuters
Mis à jour le 09/10/2009 à 10h20










































Lorsque l'article de thomas Legrand me fache avec les journalistes, celui de Mr Colombani me réconcilie avec cette caste étrange.
Cordialement,
+1. Et parmi les "valeurs de gauche" il me semble qu'il y a aussi l'idée qu'une oeuvre littéraire est faite pour élargir notre vision du monde, et qu'à ce titre il est normal qu'elle dérange. La philosophie de Benoît Hamon c'est "Sade à la Bastille".
Votre militantisme passionné vous égare: je ne vois pas en quoi "l'idée qu'une œuvre littéraire est faite pour élargir notre vision du monde, et qu'à ce titre il est normal qu'elle dérange" est une idée de gauche, de droite ou d'autre part et encore moins "une valeur de gauche". Ce pourrait peut-être être une valeur universelle et encore on peut certainement en discuter longuement.
Ce site s'adresse sans doute à une certaine "élite" dont vous parlez ici, aux dirigeants comme l'on dit qui doivent être votre coeur de cible. J'habite dans une petite localité du 76 et ce que vous ne mesurez pas, c'est justement la haine des "petites gens" face à cette élite qui se goberge, se traîne dans la luxure, faute mais ne paie pas et, qui par dessus le marché pour une frange de cette élite, envoie des milliers de gens pointer au chômage parce que quelques fous de la finance ont dérapé.
Même si je ne partage pas ce que j'entends ici ou là là où j'habite, je ne peux souscrire qu'à cette réalité: il y a des gens qui trichent mais ne paient pas et il y a des gens qui ne trichent pas mais qui paient pour ceux qui ont triché. Sortez de Paris, allez respirer l'air de la France dite profonde, celle qui lutte au quotidien...
Allons bon ! Encore les « petites gens » ! Encore le citoyen « honnête et innocent » comme l’agneau qui vient de naître ! On pourrait en parler longtemps de ces « petites gens » ! Allez, une liste en vrac des « petites gens » au comportement modèle :
- la dame bien comme il faut qui vous bouscule dans le métro sans s’excuser ;
- le bon père de famille qui fait des excès de vitesse ;
- le grand père qui fraude aux impôts ;
- le bon peuple qui se précipite aux exécutions publiques, il y a un siècle en France ou cette année en Iran ;
- le gentil voisin qui dénonce les juifs pendant les guerres ;
- le bon électeur qui vote aujourd’hui FN ou hier Hitler ;
- le bon chrétien qui brandit « les pédés au bucher » ;
- le gentil patron de PME qui embauche au noir ;
- le gentil cousin qui bat sa femme ;
- la bonne tantine qui a mis son fils homo à la porte parce que « pas de ça chez nous » ;
- les gentils supporters aux banderoles prônant la fraternité ;
- la gentille fille qui pique dans la caisse de son patron ;
- le gentil tonton qui a violé sa fille, mais chut ! secret de famille !
Faudrait définitivement arrêter avec ce grand mythe du petit peuple honnête et pure. Un homme est homme : la malhonnêteté fait parti de sa nature. De deux choses l’une : soit vous êtes effectivement très honnête (*mou dubitative*) et dans ce cas là, ouvrez les yeux, abandonnez votre naïveté ; les gens comme vous sont l’exception. Soit vous êtes de mauvaise foi et comme tout le monde avez déjà fleurté avec le délit, peut être le crime, avez fait des compromis avec la morale. Dans ce cas là, arrêtez de jeter la pierre aux autres. Le ministre de la culture a au moins ce mérite : il a commis des erreurs, mais il assume et s’en explique. Il ne fait pas semblant, comme le « bon peuple », d’être innocent.
La seule différence entre le puissant et le faible, c’est le degré de malhonnêteté (mais qui n’est d’ailleurs pas systématique ; à ma connaissance, la délinquance routière ou les viols sont le fait en majorité du faible). Qu’on vous place dans la même position que ce ministre, qu’on vous donne les mêmes pouvoirs, et gageons que vous n’hésiterez pas un instant à faire profiter la tante Berthe d’un emploi bien rémunéré, quand bien même elle ne foutrait rien, ou l’oncle Bernard d’une petite remise de peine, quand bien même ce serait un horrible meurtrier de la route.
La réalité, la terrible réalité, c’est que vous ne valez, qu’on ne vaut pas mieux qu’un ministre. Ni plus ni moins.
Alors on a le droit de demander du puissant qu’il soit exemplaire ou je ne sais quoi encore. Mais on n’a pas le droit de prétendre que les « petites gens » sont innocentes et forcément honnêtes. Le pouvoir ne fait que mettre en valeur ce que nous sommes : des créatures plutôt égoïstes et très hypocrites.
Monsieur Colombani,
Après que sur slate.fr on a assisté à une polémique qui a enflé pendant plus de quinze jours, à propos d'un simple conversation croisée de fin de meeting UMP.
Que malgré les dénégations des personnes concernées, on s'est convaincu du racisme du ministre Hortefeux.
Qu'on a demandé sa démission à cor et à cris.
Quoi d'étonnant à ce que ce soit le tour de monsieur Mitterrand qui lui, dans ses écrits, parle de sa "Mauvaise vie" ?
Très cordialement.
Ce qui suscite le malaise dans la façon dont cette séquence s'est ordonnée, c'est qu'on ne voit que trop bien à quel point la virulence soudaine d'un porte-parole du PS, abrité derrière la dénonciation du tourisme sexuel, a aussi à voir avec ce que Frédéric Mitterrand incarne avec d'autres, à savoir l'ouverture.
J'ai vu l'intervention de Benoit Hamon sur Canal+. A moins de considérer qu'il serait interdit aux socialistes de porter un jugement politique sur les Ministres de l'ouverture, je ne vois pas ce que l'on peut reprocher à ses propos. Il ne demande pas de loi de circonstance, et ses propos s'inscrivent dans une réflexion politique:
«C'est au président de la République de savoir si oui ou non, en étant impliqué dans la lutte contre la prostitution enfantine, on accepte de constater qu'un ministre, dans un livre qui est présenté comme une autobiographie, justifie le commerce sexuel», a-t-il poursuivi. «S'il faut tout relativiser, si on excuse tout parce que M. Mitterrand est connu, et bien moi je n'excuse pas», a-t-il conclu.
«Au moment où la France s'est engagée avec la Thaïlande pour lutter contre ce fléau qu'est le tourisme sexuel, voilà un ministre du gouvernement qui explique qu'il est lui-même consommateur»,
http://www.20minutes.fr/article/352995/France-Benoit-Hamon-Si-on-excuse-tout-parce-que-M-Mitterrand-est-connu-eh-bien-moi-je-n-excuse-pas.php
Je n'ai pas lu le livre de Frédéric Mitterrand. On nous dit qu'il s'agit d'extraits hors contexte. Je ne demande qu'à l'entendre, mais s'il s'agit d'un montage/collage, qu'on nous donne les propos dans leur intégralité.
La vie privée de Frédéric Mitterand devient une affaire publique et politique si elle est réellement en contradiction avec les valeurs et les lois défendues par le gouvernement auquel il appartient.
En ce qui concerne Polanski, le moins que l'on puisse dire, c'est que le dossier est lourd. Alors que l'on mette en doute la possibilité qu'il aurait d'assurer sa défense face à la justice américaine est tout à fait honorable. La prescription est propre à la loi française et se justifie moralement, mais ce n'est pas le discours que j'ai entendu chez ceux qui ont pris la défense de Monsieur Polanski. Que l'on écarte d'un revers de main l'accusation qui n'est guère contestée pour ce que j'en sais, me semble un peu stupéfiant. Et pourquoi s'étonner dans ces conditions si l'on a l'impression que c'est en raison de ses qualités de réalisateur et non en raison de la solidité de son dossier que Frédéric Mitterand et Bernard Kouchner ont pris sa défense.
"C'est un peu sinistre cette histoire, franchement. Un homme d'un tel talent reconnu dans le monde entier, reconnu surtout dans le pays qui l'arrête, tout ça n'est pas sympathique", a observé le chef de la diplomatie française.
http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-09-28/colere-kouchner-pas-sympathique-pour-un-homme-d-un-tel-talent/924/0/381076
La réaction de Frédéric Mitterrand : -Le ministre de la Culture et de la Communication -
"De le voir ainsi jeté en pâture pour une histoire ancienne qui n'a pas vraiment de sens et de le voir ainsi seul, emprisonné, alors qu'il se rendait à une manifestation où on allait lui rendre hommage, c'est-à-dire ainsi pris au piège, c'est absolument épouvantable. On sait les conditions dans lesquelles c'est arrivé, et de la même manière qu'il y a une Amérique généreuse que nous aimons, il y aussi une certaine Amérique qui fait peur, et c'est cette Amérique là qui vient de nous présenter son visage"
http://www.dontmiss.fr/n22158-1/roman-polanski--interpelle-en-suisse.html
Les pédophiles et les amateurs de jeunes garçons et de petites filles (on ne dit jamais petits garçons ou jeunes filles) justifient souvent leurs actes par le consentement de leur…victime. J'ai, récemment, lu avec attention le récit autobiographique d'un ancien prédateur sexuel qui exprimait son point de vue sur ce fameux consentement dont se réclame d'ailleurs Roman Polanski. Quel est le sens du consentement d'un enfant de 10 ou 12 ans placé dans une situation de soumission et jouet des fantasmes d'un adulte dominant ? Le syndrome de Stockolm (je ne suis pas assez calé en psychiatrie) joue-t-il aussi pour les victimes des prédateurs sexuels ?
Benoit Hamon a raison sur un point qui devrait modérer les propos de M. Colombani : Il ne s'agit pas de libération sexuelle mais d'exploitation sexuelle ! Que vient faire la prescription là-dedans ? MM. Polanski et Mitterrand assument leurs actes. Ils les justifient au nom de leurs pulsions. Mais les tabous sociétaux (partout dans le monde) interdisent certains comportements, l'inceste par exemple. Nos actes nous suivent. C'est cela le principe de responsabilité. Que la conduite d'un membre d'un gouvernement fort pressé d'aligner les délinquants, de voter des lois toujours plus sévères sur la récidive, les peines plancher, au point d'être contraint de construire toujours plus de prisons, interpelle la Droite et la Gauche, c'est plus que normal. Il ne s'agit pas de s'ériger en père la pudeur mais de constater, une fois de plus, le décalage entre le dire et le faire.
Les pédophiles et les amateurs de jeunes garçons et de petites filles (on ne dit jamais petits garçons ou jeunes filles) justifient souvent leurs actes par le consentement de leur…victime. J'ai, récemment, lu avec attention le récit autobiographique d'un ancien prédateur sexuel qui exprimait son point de vue sur ce fameux consentement dont se réclame d'ailleurs Roman Polanski. Quel est le sens du consentement d'un enfant de 10 ou 12 ans placé dans une situation de soumission et jouet des fantasmes d'un adulte dominant ?
Je partage votre opinion sur le sens qu'il faudrait accorder au consentement d'un enfant dans une relation de ce type. Mais en l'occurrence, on en est même pas là, à en croire ce qui circule sur Internet.
http://www.thesmokinggun.com/archive/polanskia1.html
Mais je crois que la palme de l'hypocrisie revient en cette affaire non à Polanski mais à Paris-Match qui en 1977 écrivait
La jeune « victime » pervertie par Polanski n’était pas si innocente
http://www.parismatch.com/People-Match/Cinema/Actu/Roman-Polanski.-Une-Lolita-de-13-ans-a-fait-de-lui-un-maudit-131594/
Je suis assez d'accord avec M. Colombani et la médiocrité de tout cela est affigeant. Tout est mis sur le meme plan: des actes dont personne ne sait rien, sinon par ouie dire médiatique, plus ou moins bien informé d'ailleur, des partis pris d'équipes politiques qui veulent marquer des points (?), de la littérature prise pour argent comptant (non au fantasmes!). Enfin tous les commentaires sont bien tristes car anti-élites (injustice, ils s'en mettent plein les poches, la crise c'est leur faute, etc). Je crois que meme en Seine Maritime on peut faire peuve d'un peu de clairvoyance et la lutte, pour etre efficace doit etre, réfléchie c'est à dire sans trop de slogans, et il n'y a certainement pas que les élites qui peuvent raisonner...
D'accord avec Corto74, Il y a en effet quelques bon articles de "journaliste" dans Slate.
"La gauche", "principes bafoués",
"ennemi à terre", bigre !
Les ingrédients d'un "J'accuse" ?
Allons, allons, un peu de mesure
avec ce qui prend l'allure
d'un feuilleton de genre
très mélangé !
Pipolo-judiciaro-politique,
tirage et succès garantis !
Mais peut-être le propos est-il ailleurs ?
Se payer "la gauche" parce qu'un porte-parole,
il est vrai de sa composante encore dominante,
s'est laissé entraîner à répondre à une relance
sur la mise en cause première du ministre
par l'extrême-droite sur un écrit ancien ?
Exemple états-unien, puis de Polanski (jeune, vraiment ?)
à Mitterrand, mais uniquement sous l'angle de la récupération
politi...cienne, mais non sans "assurance dégoût" - sait-on jamais ! -,
considération politico-judiciaire générale, détours par un meurtre francilien
et une détention mexicaine, retour sur Polanski (mais y a-t-il eu ou non rupture
de l'accord "plaider coupable" par "le juge" ?), et voilà enfin l'enjeu :
dénoncer l'estocade à la politique d'ouverture si courageuse et profonde,
au besoin par l'atteinte au symbole de l'alternance politique
pauvrement incarné dans le parent peu suspect
de socialisme, même tiède !
(En mal de cohérence ? Courage, inspirez à fond !)
Appel à la barre du témoin pris en flagrant délit d'humour il y a peu. Pas moins !
Bref passage de la savonnette culturelle, petite menace de lutte des classes,
alibis jauressien et blumien mais agitation de l'épouvantail révolutionnaire,
récupération un peu dramatique de la lutte contre la peine de mort
et final grandiose à base de crise financière,
d'équipe gouvernementale de football (très consensuel ;> ),
de votation citoyenne, de saillie majoppéritaire bordelaise
et de malaise laitier !
Et de conclure sur le voeu pieu de calmer le jeu,
c'est-à-dire le débat politique, en le dépersonnalisant,
principe louable et charitable pour gommer (amicalement ?)
les responsabilités allant de pair avec les charges du pouvoir,
jusqu'à la dernière ruade vers toute opposition avec l'exemple
encore états-unien des néoconservateurs se réjouissant
des échecs d'Obama.
(Félicitations à qui aura réussi à suivre le cheminement jusqu'ici !)
N'en déplaise à Slate, la gauche française n'est pas réductible
aux néoconservateurs américains et notre président
n'est pas extensible à la dimension du leur.
(Et pauvre alibi culturel abandonné
sur le talus en cours de route !).
Diplodocumatiquement.
Juste pour saluer les retouches
qui rééquilibrent votre article
dans sa "version 2" ;> )
et affaiblissent donc
des remarques premières
à vous adressées.
Courtoisement.
L'opposition utilise les armes les plus petites pour faire feu de tout bois. Il doit y avoir une équipe spécialisée pour alimenter la vindicte populaire.
Après l'anti-sarkozysme primaire et pavlovien, les ministres sont attaqués avec à la clé la demande de démission. Y céder serait faire preuve de faiblesse car alors, la chasse aux sorcières serait continuelle.
La gauche a défendu contre vents et marées la liberté sexuelle jusqu'à faire voter le PACS, demander l'adoption chez les homosexuels. L'ouverture d'esprit est si large que l'échangisme ne choque pas, les voyages de nos quinquas et sexagénaires féminines en Afrique, non plus.
Mais déstabiliser un gouvernement qui marque des points en matière de gestion de la crise par exemple, au G20 et demain à Copenhague provoque des aigreurs au P.S., toujours en rénovation, toujours en conflit interne.
Donc, attaquer les faiblesses d'untel ou untel est plus démagogique et populiste :le cas de F. Mitterrand est exemplaire. Son livre édité il y a 4 ans, en pleine vague de lutte contre la pédophilie, n'a pas causé à gauche un tel tollé et une interdiction du livre. Sa nomination à la ville Médicis a été critiquée parce que F. Mitterrand venait de la télévision et non par son livre.
Le montrer comme un débauché et un pédophile convaincu du fait de son livre "mauvaise vie" est tellement populiste que c'en est affligeant. Son livre n'est qu'une autobiographie d'une souffrance qui lui a gâché sa vie en toute connaissance de cause. Rien que le titre est significatif.
J'ose espérer que ceux qui ont lancé la première pierre n'ont jamais fauté.
A l'heure où l'on considère qu'un enfant peut être adopté par un couple non hétérosexuel, cette histoire parait anachronique !
Au delà de rivalités politiques, et je ne suis pas sur qu'il soit de gauche, je sait qu'il est gay, c'est tout; je ne critique pas son style de vie. Je suis 100% d'accord pour qu'il vive sa sexualité de la manière qui lui plaît ( à condition qu'il laisse les mineurs de côté). Qu'il fasse appel à des prostitués, même si ça me désole, fait partie de la nature de l'humain. Aucune loi ne va changer cette rélité. Si il veut adopter pourquoi pas...
Le problème c'est quand il se mêle de choses qui, dans sa position de ministre de l'état français, ne le regarde pas. En fait il rend quasiment impossible une solution discrète. Il force le défit les autorités Suisses et US.
Quand on paye pour avoir des relations sexuelles avec de jeunes hommes, ET, qu'on aspire à des responsabilités étatiques, on fait attention à ce qu'on dit et surtout écrit.
Maintenant, ne pleurons pas sur son sort, il y a plus malheureux que lui sur cette terre... parlez en à ceux qu'il paye.
Monsieur F. Mitterrand est homosexuel, gay est un terme politiquement correct !
Être gay signifie-t-il être pédophile ? Si oui, pourquoi alors le P.S. demande l'adoption pour les couples homosexuels ? Appelons un chat, un chat !
Etre homosexuel homme ou femme, c'est être attiré par quelqu'un de son sexe. Tout comme tout un chacun, les attirances sont diverses mais les possibilités sont plus rares ! Même si la gay pride, très courue, fait croire le contraire .
Beaucoup d'hétérosexuels ne demandent pas à une jeune femme de 16 ou 17 ans si elle est majeure, n'est-ce pas ? Un homme de soixante ans avec une jeune femme de 20 ans, 25 ans, blanche ou noire, entretenue, ne choque pas ! Les camping-cars où les prostituées travaillent sont pourtant bien fréquentés, la prostitution de jeunes femmes de l'Est ou d'Afrique ne fait pas faillite, et tout cela en France. Les clubs d'échangisme ont une bonne clientèle d'individus lambdas, "bons citoyens", et personne ne trouve rien à redire. Qui demande la carte d'identité ? Qui paie ?
Vouloir à tout prix, dans le contexte actuel de soi-disant liberté sexuelle, familles recomposées ou décomposées et autres libertés juger cet homme parce qu'il est intervenu, de manière inadéquate, sur un sujet qui le concernait, c'est caricatural d'un pays versatile et hypocrite.
Roman Polanski, que je considère comme lâche, pour ne pas avoir affronté la justice américaine, est Français et fait partie de notre culture. Donc M. Mitterrand était dans son domaine.
J'ai l'impression d'assister aujourd'hui à une chasse aux sorcières à géométrie variable avec au bout la sentence capitale en place de Grève, c'est à dire au J.T. de 20 H !
Demander que chaque homme politique en charge d'un mandat ou en poste au gouvernement une vie exempte de reproches relève de la pure démagogie populiste !
Qui, à l'heure actuelle comme dans le passé, a pu se targuer d'avoir une vie sans tâche ?
Rien ne peut justifier le tourisme sexuel ni un homme en quête d'aventures faciles, ni une femme en mal d'amour, mais s'ériger en censeur me semble bien présomptueux sachant que nos hommes politiques sont le reflet de la population d'aujourd'hui!
J'ai une sainte horreur de l'injustice et pourtant j'ai des principes et je m'y tiens même si cela a fait rire et fait encore rire. Mais je ne peux pas chercher la faille, le point sensible pour mettre à terre quelqu'un et m'en repaitre.
Il y a du diable et du dieu dans l'Humanité. Aujourd'hui le diable gagne.
Préparons le bûcher pour la place de Grèves et savourons la mise à mort de celui qui a osé dire qu'il avait fauté. Demain, dans chaque entreprise, chaque quartier, les Danton et Robespierre de la pensée unique et juste désigneront les coupables.
Ah ça ira, ça ira, ....
Monsieur,
Dans votre article, excellent par ailleurs, vous commettez une erreur factuelle à propos de la prescription. Effectivement, elle court à partir de la date du dernier acte d'instruction et non pas des faits.
Nous ne sommes pas dans une situation où des faits seraient révélés plus de 30 ans après leur survenance (prescription) mais dans le cadre d'une affaire judiciaire dont les faits ont été révélés lors de leur survenance et dont l'intéressé a reconnu la réalité (relation sexuelle d'un adulte avec une jeune fille de 13 ans). Cette affaire judiciaire a connu des actes réguliers d'instruction, dont le dernier acte a eu lieu en janvier dernier ! Une audience fixée à la demande d'un avocat de Polanski en vue d'obtenir un non-lieu et à laquelle notre ami pédophile ne s'est pas présentée.
Plutôt que de gloser sur les mérites des défenseurs ou des détracteurs de Roman Polanski, pourrait-on s'en tenir au respect de l'État de droit, que ce soit en France, en Suisse ou aux États-Unis ?
Respectueusement.
On se demande pourquoi Polansky mérite toute ce soutient de la part de personnes qui ne connaissent, semble-t-il, pas grand chose au dossier en question. Le mieux dans ces cas là c'est de laisser faire la justice, aussi bien pour accuser que pour défendre, on pourra toujours être attentif quant au respect des règles et des principes, mais pour l'instant tout me semble correct à part les cris des amis de l'accusé, compréhensibles mais peut-être trop écoutés.
Quelque part certains aimeraient faire un tribunal populaire pour cette personne et certaines personnalités médiatiques croient pouvoir exiger que ce tribunal soit particulièrement clément, une erreur de calcul à mon avis, sans doute une des formes d'expression du fantasme d'une autorité intellectuelle trop rapidement auto-attribuée par l'habitude du mass-media.
Moi je n'y connais rien et je suis un peu abasourdi par toutes ces solidarités exprimées un peu rapidement par une catégorie trop identifiable de personnes (dommage d'ailleurs, ça pourrait être fait avec plus de finesse).
Merci pour ce point de vue raisonnable..
@ l'auteur, à toutes et à tous ...
L'affaire Frédéric Mitterrand est un épisode dangereux pour la vie politique française, j'avoue partager sur ce point l'avis de M. Colombani. Dangereux car il est en train de cristalliser un divorce inquiétant entre une élite politique et médiatique et le reste du pays. Après avoir vilipendé la toile sous le prétexte que ce média véhiculerait toute sorte de rumeurs, calomnies et bruits de caniveau, la presse a emboité le pas depuis 48 heures sans se poser une seule fois la question de son rôle : un journaliste doit-il prendre parti dans cette affaire, ou rechercher l'information ?
Nous assistons depuis lundi à une bataille de déclarations, de petites phrases et de condamnations. Jeu classique désormais dans une vie politique. Pourquoi ? Est-ce que notre classe politique s'est à ce point affaissée qu'elle n'est plus capable de prendre du recul par rapport à l'actualité et jouer son rôle de pilote d'une société démocratique ? Peut être ? Est-ce que nous devons aussi regarder du coté des médias, en crise depuis près de 30 ans, dont le rôle n'est plus de chercher l'information mais de rapporter et commenter sans fin les prises de positions des uns et des autres ? Sans doute aussi.
Car tout de même, qui a posé les deux questions qui importent, depuis lundi ? Le ministre de la Culture a-t-il oui ou non pratiqué le tourisme sexuel en Thaïlande et a-t-il eu des rapports sexuels avec des mineurs, voire des pré-ados ? Ces questions sont simples et nécessitent des réponses claires. Au lieu de cela, nous voyons des journalistes tendre frénétiquement leurs micros à des responsables politiques pour recueillir leur avis, avis qui doit tenir en une phrase car dès qu'ils développent, c'est trop long, c'est chiant, c'est l'effet tunnel, les gens n'écoutent plus.
Oui, la vie politique française a changé depuis l'époque de François Mitterrand. L'analyse, la mise en perspective ont cédé la place aux réactions à chaud, au "coup" médiatique, au buzz désormais. Peu importe ce qu'on dit, et comment on le diffuse, l'important c'est d'être le premier, c'est d'être celui qui fait le coup, qui crée le buzz. la disparition de la réflexion et du recul ont créé cette vie politique dure, sans pitié, sans état d'âme, où ce qui importe, c'est de blesser l'autre pour le rendre inaudible, pour le discréditer, pour le mettre à terre.
Jean Marie Colombani, vous avez été un témoin privilégié de ce changement, lors de vos années au journal Le Monde. Vous semblez regretter aujourd'hui cet état de fait. il est dommage que ces regrets viennent si tard. Vous auriez pu à l'époque vous insurger contre cette dérive, la combattre. Je ne sais pas si vous auriez gagné ce combat là, mais vous aviez à l'époque un instrument formidable à votre disposition, ce journal qu'on disait être la référence. Ou sont les outils désormais dans ce paysage médiatique éclaté, atomisé, sans repères ? Slate.fr est un média intéressant mais a-t-il un lectorat de masse ?
le plus grave dans cette évolution pathétique est que l'opinion publique est maintenant en prise directe avec les événements, le bruit médiatique. il n'y a plus d'espace pour la réflexion, la mise en abyme, la prise de recul. les français réagissent maintenant comme tout le monde : à chaud. Et de notre point de vue, un ministre mis en cause dans une affaire en apparence aussi sordide provoque des réactions de rejet violent. Car tout de même, comment ne pas mettre cette affaire politique misérable en perspective avec les suicides d'employés à France Telecom ? Comment demander aux gens de rester calmes et ouverts d'esprit face à une telle affaire quand on est un "conti" et qu'on a perdu son boulot, son salaire sans que ni la classe politique ni les médias ne vous viennent en aide ? Comment condamner la nausée populaire sur une affaire qui vient se télescoper avec un fait divers de crime sexuel commis - semble-t-il - par un récidiviste qui a violé une enfant et est revenu s'installer à quelques mètres de l'endroit où vit sa première victime ? Cet homme est pointé du doigt par tous, décrit comme un monstre, reconnu coupable médiatiquement alors que la justice commence à peine son travail. Pourquoi n'en serait-il pas de même avec Frédéric Mitterrand ?
Oui, cette affaire est dangereuse. Outre les dégats politiques qu'elle peut causer dans l'électorat du président, peu enclin à la clémence dans ce type d'affaires, elle met en lumière le danger extrême d'une information livrée brute et sans travail journalistique. Et j'ai peur qu'au delà de la vague de dégout qui secoue la toile et sans doute le pays pour un homme dont l'honneur est mis en cause, l'autre victime ne soit notre presse, élément indispensable à notre démocratie. Car, si ce soir M. Mitterrand ne s'explique pas clairement sur son passé, il est fort à parier que la presse rejoindra demain la "fachosphère" et l'opinion publique et réclamera à corps perdu la démission du ministre. Cette schizophrénie médiatique, le pays ne la supporte plus. il vous suffit de lire les centaines, les milliers de commentaires sur des sites aussi divers que lexpress.fr, lepoint.fr, elle.fr pour le réaliser.
M. Colombani, votre profession détient une partie des clés pour analyser et corriger ce malaise profond. Le robespierrisme que vous dénoncez avec talent est l'enfant du monstre médiatique. Muselez le monstre, remettez le en cage, avant qu'il ne soit trop tard.
Manuel Atréide
Plutôt choquant d'entendre le ministre français de la culture s'en prendre "au mauvais visage d'une Amérique" dont la Justice ose, trente années après des faits de viol sur mineur de 13 ans, demander l'extradition du célèbre réalisateur fugitif.
Un certain microcosme médiatico-politico-artistique s'estimerait-il donc au dessus des lois nationales et internationales, au point d'occulter la gravité des accusations qui pèsent sur Roman Polianski, en usant d'un anti-américanisme malsain?
Un ministre qui serait lui-même un pédophile mondain, et qui l'assume...
Alors, pourquoi vouloir tourner en odieux inquisiteurs, celles et ceux qui osent éventer ce secret de la république?
Il est plutôt ahurissant de penser en 2009 qu'un homme public, ministre de la république de surcroît, ne doit pas faire preuve de moralité irréprochable, par rapport à des faits "assumés" de pédophilie à l'étranger.
Et entendre ce matin (mardi 8 octobre 2009) sur "France inter" son homologue du gouvernement, Xavier DARCOS, du ministère des affaires sociales, relativiser ses crimes sexuels, en disant qu'il ne s'agissait point de "jeunes enfants", mais «simplement» de "Garçons", démontre combien un certain microcosme politico-mondain parisien se pense au-dessus des lois, et de l'Ethique républicaine.
Dieu pardonne-leur, à défaut de mesurer la gravité de ce qu'ils font, ils ne savent plus ce qu'ils disent...
C'est pathétique!!!
Arrestation en Suisse de Roman Polanski, la réaction choquante des officiels français...dont un certain Frédéric Mitterrand, Ministre de la République
Plutôt choquant d'entendre le ministre français de la culture s'en prendre au mauvais "visage d'une Amérique qui fait peur" (1), et dont la Justice ose trente années après des faits de viol sur mineur de 13 ans, demander l'extradition d'un célèbre réalisateur fugitif.
Un certain microcosme médiatico-politico-artistique de France s'estimerait-il donc au dessus des lois nationales et internationales, au point d'occulter la gravité des accusations qui pèsent sur Roman Polianski, en usant d'un anti-américanisme malsain?
Un ministre qui serait lui-même un "pédophile" mondain, et qui l'assume...
Alors, pourquoi vouloir tourner en odieux inquisiteurs, celles et ceux qui osent éventer ce secret de la république?
Il est plutôt ahurissant de penser en 2009 qu'un homme public, ministre de la république de surcroît, ne doit pas faire preuve de moralité irréprochable, par rapport à des faits "assumés" de pédophilie à l'étranger.
Et entendre son homologue du gouvernement, Xavier DARCOS, du ministère des affaires sociales, relativiser ses "crimes" sexuels sur "France Inter" le jeudi 08 octobre , en prétextant qu'il ne s'agissait point de "jeunes enfants", mais «simplement» de "Garçons"; démontre combien un certain microcosme politico-mondain parisien se pense au-dessus des lois, et de l'Ethique mondiale.
Dieu pardonne-leur, à défaut de mesurer la gravité de ce qu'ils font, ils ne savent plus ce qu'ils disent...
C'est pathétique!!!
Mr Colombani, votre article est bien intéressant et on ne peut que souscrire à ses préambules, développements et conclusion, mais pourquoi utiliser autant de temps et d'énergie pour dénoncer pour la énième fois les petits jeux politiciens de ce début d'octobre 2009 qui pour la plupart seront heureusement oubliés au mois de novembre? On dit que ces escarmouches amusent les foules, mais j'en suis de moins en moins convaincu, surtout en ces temps de vaches maigres. Ces polémiques complaisamment relayés par les médias ne risquent-ils pas d'accroitre encore le divorce entre les électeurs et leurs représentants? Je suis parfaitement conscient qu'on ne doit pas les passer sous silence, mais de là à en garnir les informations, il y a peut-être un meilleur équilibre à trouver.
Votre article qui s’attache montrer, comment la classe politique toute entière est capable de tout (surtout du pire), pour « flinguer » un adversaire. Elle est tout aussi capable d’utiliser les mêmes méthodes pour « flinguer » ses propres « amis » comme dans l’affaire Clearstream entre Sakozy et Villepin ou entre Royal et Aubry pour le poste tant convoité de premier secrétaire du parti socialiste. Donc contrairement à ce que dit le titre, il ne s’agit pas uniquement de la gauche, mais bien de l’ensemble des hommes et des femmes politiques toutes tendances confondues qui sont prêt à tout.
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Oui, il incarne l’ouverture, mais ce n’est que le nom qu’il porte et sa filiation avec un ancien président qui incarne l’ouverture. Il me semble que Frédéric Mitterand est de droite et l’a toujours été ! Un Mitterand pouvant en cacher un autre sans pour autant être du même bord que son prédécesseur.
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« Mais personne ne pouvait imaginer, lorsque le livre de Frédéric Mitterrand est sorti, que celui-ci se retrouverait membre d'un gouvernement. En tous cas, s'agissant de Roman Polanski et de Frédéric Mitterrand, on voit aussi que le côté implacable des sentences qui sont maintenant prononcées contre eux tient aussi au fait qu'ils sont des gens connus, voire, comme l'a dit Benoit Hamon «qu'ils ont de l'argent». »
Cela me fait penser à la proposition de JF Copé sur le droit à l’oubli (sauf que c’est pour le net et pas pour les livres), zut ! Oui, mais pour qui ? Pour Polanski.., vous avez surement raison sur le coté implacable du fait qu’il soit connu et fortuné, qu’un juge américain en profite pour se faire réélire (eux aussi ils sont prêt à tout), mais pour Frédéric Mitterand, il y a la dimension ministérielle de ce dernier, qui de par sa fonction, impose son point de vue aux autres. En conséquence de quoi, on attend d’un ministre qu’il soit au moins respectable tant dans ce qu’il dit, écrit, ou fait !
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« Il ne se passe plus de jours d'ailleurs sans qu'une démission soit demandée ».
Ah, si l’on pouvait encore couper les têtes…Je suis sur qu’il y en aurait des têtes qui tomberaient !
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Concernant votre thèse des « anti- élites », je suis un peu plus dubitatif car ce sont les élites qui se « flinguent » en direct sur les divers médias existants, ce sont encore ces mêmes élites qui jettent à la vindicte populaire les fautes de leur adversaires. Et je ne pense pas qu’un ministre qui se fait bousculer soit du même registre que ce que vous dénoncez.
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« Partout le pouvoir est désormais sur la défensive. C'est le jeu: si le pouvoir perd la main, c'est son problème. Mais la vie politique gagnerait tellement à ce que le débat soit d'abord nourri par la réflexion plutôt que par ceux qui veulent, avant toutes choses, voir des têtes au bout des pics ou par les émules des néo-conservateurs américains sablant le champagne à l'annonce d'une défaite d'Obama. »
Et en même temps on à un président qui est fan du modèle américain, alors il ne faut pas s’étonner si on copie aussi leurs travers.
Mr Colombani, votre article est bien faible pour un sujet aussi grave et pour tout dire votre zèle à enfoncer la gauche vous égare.
Comme de nombreux français j'ai vu l'interview de B Hamon sur C+ et je me demande bien en quoi il aurait bafoué les valeurs de la gauche. En résumé il s'est dit choqué par le contenu du livre de F Mitterand et s'en est remis au Président de la république pour en tirer d'éventuelles conséquences.
Votre article est rempli d'approximations fâcheuses ( le jeune Polanski-plus de 40 ans au moment des faits!!; la soit disant ouverture avec Frederic Mitterand alors qu'il est clairement de droite et se revendique comme tel...), d'amalgames ( que vient faire le coup de gueule de Juppé dans un article qui prétend démontrer que la gauche bafoue ses principes? Il faudrait d'ailleurs nous dire quels principes.
Deux questions simple:
*Est-ce qu'un ministre de la République, même flamboyant, bénéficie d'une immunité morale?
*Il n'y a pas bien longtemps le Président de la République parlait de politique de civilisation. Pouvez expliquer comment vous faites le lien entre cette politique de civilisation et la complaisance avec l'exploitation sexuelle ?
Ne bafouez pas votre talent Mr Colombani, revenez au métier de journaliste
"Le Monde" d'aujourd'hui publie les feuilles en question.
Pour moi qui ne suis ni homo ni pédophile ni amateur de prostitution, les lire génère une souffrance indicible car je vois dans les images qui défilent le visage qui pourrait être celui de mon fils. je vois aussi la souffrance du "garçon" et ce qu'il doit endurer en répétant chaque jour plusieurs fois cette expérience de prostitution qui le détruira sans doute pour toujours. C'est au point que je n'arrive pas vraiment à les lire, plutôt à les parcourir rapidement. Beaucoup de gens comprendront sans doute ce que je veux dire, c'est la même chose que de regarder des tortures au cinéma.
Et, clairement, je me demande: une personne qui pratiquerait ce genre de chose aurait-elle sa place dans un Gouvernement, même si l'on suppose que d'autres ont des pratiques similaires sans le dire?
Je suis bien obligé de dire "pratiquerait" car on ne voit pas si c'est une expérience véritable ou une fiction.
Je suis cependant d'accord avec JMC et son article l'honore à mon sens.
Je voudrais ajouter quelque chose après avoir vu FM à la télévision ce soir: Il dit qu'aucun de ses partenaires n'était mineur et je me rends compte qu'influencé par l'air ambiant, j'ai lu ses pages en pensant à des partenaires mineurs.
A supposer qu'il ait raison, je dois réviser mon jugement, bien que je sois parfaitement conscient que la prostitution en Thaïlande soit le fait de la misère.
N'en déplaise à Mr Colombani qui en fait partie, les "élites" ne sont en rien victimes d'un prétendu retour des thématiques anti-élites mais, beaucoup plus simplement, en tous cas pour moi, ancien enseignant, père et citoyen du monde, d'un minimum d'humanité: en effet, l'école de la république m'a appris et j'en ai fait ma ligne de conduite que l'enfant doit avoir la priorité en tout temps et en tout lieu; que ceux qui l'ont oublié et l'ont déporté et exterminé sont des nazis, que ceux qui l'exploitent sont des bandits, et je vous laisse trouver le qualificatif pour ceux qui l'humilie sexuellement!
Qu'un quidam se trouve dans des émois sexuels qui le mettent dans tous ses états est déjà assez odieux mais cela devient insupportable s'il représente la culture dans mon pays après avoir eu des responsabilités-courtes-à la Villa Borghèse, point n'est besoin d'aller chercher Chateaubriand, Lamartine ou Jaurès pour demander que ce personnage aille exercer ses compétences ailleurs que dans un ministère de la Culture.
Contrairement à l'affaire Polanski qui date de trente deux ans et pour laquelle il risque la prison, l'aveu de ce personnage sur ses pratiques sexuelles est, si je ne m'abuse, de quelques années seulement et personne, personne ne peut prétendre qu'il ne continue pas, à cette heure, ces pratiques car il n'a pas démenti, il s'est simplement trouvé "honoré" par l'attaque de Marine LePen et a jeté la honte sur un député socialiste!
Quand au jugement porté sur l'Amérique, il faut lui dire que Bush n'est plus président des Etats-Unis et que cette Amérique qui fait peur par son "puritanisme exacerbé" a élu un président qui a demandé à ses candidats à un poste de responsabilité de répondre de leur passé honorable.
Il semblerait qu'avec l'exemple d'un pays voisin la mode des rapports sexuels avec des mineurs ne posent plus de problèmes à nos ELITES!
Et franchement, mettre sur le même plan ce cas gravissime avec celui de "néo-conservateurs américains sablant le champagne à l'annonce d'une défaite d'Obama" ne contribue pas à élever le débat mais, plutôt, à noyer le poisson. La comparaison avec les têtes au bout des pics-j'aurai dit pique en référence aux exactions de la Terreur-est pas très sérieux.
La crise nous plombe de plus en plus, le chomage croît....et voilà que l'on nous gave
ou essaie de nous endormir en lançant une saga pipolo-politique sur les turpitudes de FM.
Que Hamon s'engage sur les mêmes rails que M. Le Pen est assez pitoyable...
C'est plus facile de hurler avec les loups pour chercher à exister en entrant dans une chasse à l'homme pitoyable.
JMC s'y colle. Il faut bien vivre et accroître l'audience de Slate. Est-ce essentiel?
Bon. J'adhère à son discours sur l'aspect nauséabond du côté chasse à l'homme.
Il reste toujours chez certains politiques et pères la vertu de tous bords un regret de ne plus pouvoir aller balancer son voisin à la Kommandantur. On passe donc à la télé, friande du genre, pour vomir sa haine.
Pas de sympathie particulière pour ce poseur exhibitionniste qu'est FM. Je n'ai pas lu sa prose
et considéré que je n'avais pas de temps à perdre pour m'extasier sur ses épanchements de petit bourgeois malheureux.
Les misères des nantis ne m'ont jamais excité.
Pas question de verser la moindre larme et de m'apitoyer sur son passé sulfureux.
Il a étalé son goût pour des pratiques que la société réprouve, pourquoi?
Il a réitéré à TF1, la chaîne la plus glauque du paysage audio-visuel qui voulait se faire de l'audience. Un certain courage d'assumer et une dénonciation des pratiques dans lesquelles il a sombré....encore heureux.
Thérapie ou exhibitionnisme. Seul son psychiatre doit savoir et l'aider à s'extraire de son passé.
Je ne compte pas entrer dans le camp des père la morale.
N'étant ni homo, ni pédophile, ni sado-maso....connement, "normal" quoi? je suis incapable d'appréhender le champ insondable des dérèglements sexuels divers.
Est-ce parcequ'il est ministre et qu'il a réactivé une notoriété déclinante qui le remet en selle qu'il
faut s'acharner sur ses turpitudes sexuelles passées. Je ne le crois pas. Il faudra le juger sur ces actes actuels.
Son engagement aux côtés de Polanski n'a rien arrangé. C'est un sentimental! Quand on est ministre il faut essayer de limiter les interventions pulsionnelles.
Mais ras le bol du strorytelling bobo et des tempêtes germanopratines des élites frelatées. Si Hamon, "le Saint-Just aux petits pieds", veut engager la lutte à l'égard des "élites autoproclamées" il doit prendre de l'envergure.
Nous avons surtout d'autres chats à fouetter....et des problèmes socio-économiques d'une autre ampleur.
Hamon ferait mieux d'activer ses neurones ou ce qu'il en reste, après les durs combats de d'égo et les vestes, sur les problèmes socio-économiques qu'un PS atone est incapable d'appréhender s'il a l'ambition d'exister.
Pour avoir écouté Benoît Hamon et feuilleté les extraits du livre de frédéric Mitterrand, j'estime que c'est faire un mauvais procés au PS que de le stigmatiser comme étant le pourfendeur d'un "ennemi". La lecture de l'ouvrage ne m'a laissé que peu de doutes sur les pratiques sexuelles de l'auteur face à la jeunesse de ses partenaires rétribués. A tout le moins, le doute est permis ! Au delà, que le porte parole du PS s'inscrive contre l'esclavage et le tourisme sexuels et l'un de ses adeptes ne m'a pas choqué. La notoriété, le talent et le nom ne sauraient constituer un sauf conduit pour des pratiques attentatoires à la dignité humaine.
Rappel des faits :
- F. Mitterrand soutien et demande la libération de Polanski, recherché dans le cadre d'une affaire de viol sur mineur.
- Un bouquin de 2005, récent donc, écrit par ce même F. Mitterrand relate des scènes de prostitution en Thaïlande dont l'auteur reconnait la part autobiographique.
- Depuis quelques années la France est engagé auprès des autorités Thailandaises pour lutter contre le tourisme sexuel, notamment l'exploitation des mineurs.
On notera que le "choix" de la prostitution dans un pays très pauvres est somme toute très limité, comparé à nos pays. On notera aussi que selon l'auteur les prostitués qu'il payait semblait "heureux".
Et ce monsieur, tout ministre d'Etat qu'il est (il n'a pas été élu par le peuple que je sache !) ne devrait pas s'expliquer ? Le problème des élites est précisemment celui-là. Après l'impunité ou la très grande clémence dans les affaires politico-mafieuse, on veut faire gober au peuple un droit de cuissage juvénile ?
C'est votre article qui n'est pas sérieux, certainement pas les réactions d'écoeurement des citoyens et la bronca médiatique qui n'en est que la résultante...