Vous avez aimé la vidéo du panda qui joue dans la neige? Vous avez tort

Tian Tian le panda, le 16 décembre dernier au zoo de Washington | REUTERS/Gary Cameron

Tian Tian le panda, le 16 décembre dernier au zoo de Washington | REUTERS/Gary Cameron

Derrière ces images adorables, se cache un système destructeur de prêts de panda mis en place par la Chine.

Alors que la tempête Jonas, surnommée à juste titre «Snowzilla», poussait des milliers d’Américains à rester cloîtrés chez eux, un animal profitait de ces conditions extrêmes pour aller se rouler dans la neige. Sur une vidéo publiée le 23 janvier et très partagée sur les réseaux sociaux, on peut voir Tian Tian, adorable panda du Smithsonian National Zoo, en train de profiter joyeusement de la neige.

Adorable, n’est-ce pas? En voici une autre, toujours de Tian Tian.

Peut-être avez-vous été surpris de voir ce panda s’ébattre dans la poudreuse. C’est normal: on les voit peu dans leur habitat naturel, des montages rocheuses et souvent enneigées. Et puis de toute façon les pandas sont beaux, les pandas sont précieux, les pandas sont rigolos... Mais ces images de Tian Tian sont bien moins innocentes qu’on ne le pense, si l’on en croit Richard Spencer, éditorialiste au Telegraph:

«Les pandas sont une forme de rayonnement du parti communiste chinois, ils sont le symbole de l’amitié internationale, écrit-il. Les Chinois sont assez transparents à ce sujet: vous avez un panda pour votre zoo (en concédant un coût d’1 million de dollars par prêt de panda) si vous êtes gentils avec les Chinois.»

Face cachée

Taïwan en aurait ainsi reçu deux quand le pays a voté pour le candidat à la présidentielle que Pékin préférait. S’il s’agit d’une forme de jeu diplomatique tout à fait compréhensible, on oublie assez vite la face cachée de ces transferts de pandas, espèce toujours menacée. En plus de son travail avec le WWF (Fonds mondial pour la nature), qui lui reproche ses développements industriels dans les habitats naturels des pandas, «la Chine a mis en place une campagne publicitaire massive pour montrer le Parti comme un sauveur plutôt qu’un destructeur de l’animal».

Dans un long reportage du Washington Post, Zhang Hemin, le directeur du Centre de recherche et de conservation chinois pour le panda géant, expliquait que, dans les zones censées être protégées, «il y a beaucoup d’autoroutes et de stations hydroélectriques en train d’être construites. Cela fragmente l’habitat du panda».

De plus, leur reproduction dans les zoo, sous les yeux des visiteurs ou des vétérinaires, est souvent bien plus complexe que dans la nature. «À un moment, ajoute le journaliste du Telegraph, le succès du programme –promouvoir les centres de reproduction et le projet “exportation de l’amitié”– était si important que des pandas étaient même extraits de la nature pour le faire durer. Pendant ce temps-là, un seul panda est retourné dans la nature après une période de captivité.»

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