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Cachez ce Grand Prix d'Angoulême que je ne saurais voir…

Cette année, le Grand Prix d’Angoulême attribué au Belge Hermann risque de ne faire peu d'heureux. Mais, entre changements de règles, accusations de copinage ou allergie au manga, cette distinction prestigieuse a rarement connu la tranquillité.

Mise à jour: L'article a été modifié après l'annonce du Grand Prix le 27 janvier 2016.

Sans surprise, le dessinateur belge de 77 ans Hermann, qui a touché durant sa longue carrière à l’aventure, au western ou à la science-fiction –son Jeremiah a été adapté en série télé aux États-Unis–, a reçu le grand prix du 43e festival de BD d’Angoulême. Il devance la Française Claire Wendling, 48 ans, qui n’avait pas été sélectionnée initialement dans la pré-liste (on y reviendra). Sa place, la dessinatrice, originaire d’Angoulême, la doit principalement à la série Les Lumières d’Amalou qu’elle a dessinée dans les années 1990. À la fin de la même décennie, elle s’est détournée de la BD pour devenir illustratrice (dans le jeu vidéo, notamment) ce qui explique son manque de notoriété parmi les jeunes générations de lecteurs et hum les moins jeunes (1). Cependant, elle compte suffisamment de partisans pour arriver dans le trio de tête après le vote libre de 1.216 de ses collègues.

Le scénariste anglais Alan Moore s'incline aussi, lui qui avec Watchmen, V For Vendetta, From Hell (on pourrait continuer) a impacté le medium BD de son écriture complexe, transgressive et érudite. De toute façon, il clame depuis presque autant de temps qu’il refuserait la distinction si son blaze sortait du chapeau. Il ne voyage plus, prétend ne plus avoir de passeport, etc. Vu qu’il touche à la magie et à la sorcellerie, peut-être que dans son repaire de Northampton, il a bricolé un sort pour que jamais cette nomination n’arrive.

«Vous voulez me faire plaisir? Ne votez plus pour moi»

D’ailleurs, c’est drôle, les deux autres gagnants possibles avaient d’ores et déjà annoncé qu’eux non plus ne voulaient pas de ce prix. Pour Claire Wendling, ça date du 21 janvier, sur sa page Facebook: «Vous voulez me faire plaisir? Ne votez plus pour moi.» Quant à Hermann, c’était il y a deux ans dans une interview au quotidien 20 Minutes: «Je serais très embarrassé si je recevais le Grand Prix, parce que je le refuserais.» Ok, Hermann semble avoir changé d'avis, déclarant au Figaro: «C'est un honneur (...). Pour moi, le plus important reste la reconnaissance de mon travail par la profession.» Reste alors la vraie question: comment en est-on arrivé à cette situation ubuesque? Pourquoi tant d'auteurs ne veulent plus de ce Grand Prix, pourtant censé récompenser une carrière pleine dans la BD?

Souvent, comme les autres ne venaient pas, je me retrouvais la seule nana perdue dans un monde de mecs

Florence Cestac

Remontons le temps. Pendant les quinze premières éditions, de 1974 à 1988, c’est un jury qui a la tâche de désigner le Grand Prix. Parmi les heureux élus, des artisans géniaux de la BD franco-belge (Franquin, Jijé), des talents aveuglants qui se sont imposés avec l’avènement de la BD adulte (Jean Giraud/Moebius, Reiser, Fred, Druillet), UN scénariste (Lob, celui du Transperceneige) et un seul auteur non francophone, Will Eisner, le créateur du Spirit, et un des premiers à avoir tenté le format du roman graphique (Un pacte avec Dieu, 1978). À partir de 1988, les anciens Grands Prix se regroupent chaque année en Académie et, avant un bon gueuleton, se mettent d’accord sur un nom, la plupart du temps celui d’un de leurs émérites collègues. 

Le machisme festif

Entre 1997 et 1999, place à la démocratie participative: l’Académie est out, tous les auteurs accrédités votent. C’est grâce à ce mode de scrutin que le Grand Prix atterrit dans les mains d’un auteur non francophone pour la 1re fois depuis 1975, celles de Robert Crumb, l’Américain francophile. Oui, Crumb, celui qui a soufflé un air d’émancipation respiré par tous à la fin des années 1960. En 2000, reprise du pouvoir par l’Académie qui récompense une auteure, oui, une femme, Florence Cestac

«J’étais en train de faire mon marché, se rappelle-t-elle. Mon fils me dit: “Maman, il faut que tu rappelles Angoulême”. J’ai Jean Giraud au téléphone. “Habille-toi vite et prends le train, tu es Grand Prix d’Angoulême.” Oui, c’est ça, fous toi de ma gueule! Cela a été une surprise totale, je ne m’y attendais pas du tout. Être choisie par mes pairs, c’est quelque chose, j’étais hyper contente.»


À l’époque, Florence a la cinquantaine, a publié une vingtaine d’albums (Les Déblok, Le Démon de Minuit et le culte Harry Mickson) remplis de personnages au gros nez. Cofondatrice avec Étienne Robial des éditions Futuropolis, elle connaît par cœur le milieu de la BD française, ses auteurs. «À l’époque, les filles se comptaient sur les doigts de la main. Souvent, comme les autres ne venaient pas, je me retrouvais la seule nana perdue dans un monde de mecs.» Concernant le machisme du monde de la BD, elle apporte une réponse nuancée. «Non, ce n’est pas forcément un milieu macho. Mais quand vous lâchez 50 mecs hors de chez eux un peu avinés en train de déconner, ce n’est pas non plus forcément gracieux. J’ai toujours traité ça avec de l’humour et, s’il fallait, je remettais les mecs en place.»

Florence Cestac

«Je crois que l’on s’est peu trompé»

Pendant les années 2000, alors que Florence Cestac a intégré l’Académie, seul le choix de l’Argentin Jose Munoz échappe à l’axe franco-belge-suisse. La dimension internationale du festival constitue-t-elle depuis le début un leurre? «C’est très bien de s’ouvrir à l’international mais il y a quand même en France un vivier d’auteurs extraordinaire. Ce qui s’est passé chez nous dans les années 1970 et 1980, c’est unique au monde, c’est en France que la notion d’auteur de BD est née! Soyons un peu contents de nous.» OK, mais est-ce qu’au festival de Cannes –auquel elle compare Angoulême vu que «c’est le plus gros, le plus ancien des festivals»– il faut attendre dix ans pour qu’un non-francophone ait la Palme d’or? Non. La comparaison se révèle en tout cas judicieuse si l’on comptabilise le nombre de réalisatrices palmées d’or… il n’y a que Jane Campion à opposer à Florence Cestac.

Revenons à Angoulême. Florence Cestac se rappelle avoir été frustrée par certains choix: «Certaines années, le choix final ne me plaisait pas mais je me suis pliée à la majorité. Les discussions étaient houleuses mais, au moins, il y avait des discussions, des arguments. Le Grand Prix avait le mérite d’être choisi par des gens qui connaissent la bande dessinée, je crois que l’on s’est peu trompé, quoi.» Pas d’erreurs de personnes mais peut-être une erreur historique: minorer l’importance des autres continents et tourner le dos au manga. Pour l'anecdote, en 1982, quand le géant du manga Osamu Tezuka (créateur d’Astro Boy, du Roi Léo, d’Ayako et d’innombrables chefs-d’œuvres) est venu à Angoulême, il a été snobé par quasi tout le monde (à part Moebius et François Corteggiani, alors jeune scénariste que Tezuka invitera au Japon).

 

Place aux étrangers

En 2006, Lewis Trondheim reçoit le Grand Prix. Il a alors 41 ans et une œuvre déjà colossale à son crédit, que ça soit du côté de l’éditeur indépendant l’Association, chez Dargaud (Lapinot) ou chez Delcourt (Donjon avec Sfar). L’année suivante, il intègre l’Académie et témoigne par e-mail. «La règle était de récompenser un auteur pour l’ensemble de sa carrière, quelle que soit la nationalité de l’auteur. Et cette dimension était tout à fait en tête de l’Académie, et d’ailleurs répétée chaque année avant le vote.» En 2007, l’Argentin José Munoz est récompensé. Le résultat de son influence? «Non, le nouvel arrivant n’a pas plus de pouvoir que les autres, réfute Lewis. J’ai juste un peu appuyé sur le fait qu’il y avait peu d’auteurs étrangers nommés et que c’était dommage pour un festival international.»

Je pense que l’Académie a scié la branche sur laquelle elle était assise en votant encore pour quelqu’un de connaissance. Ça a fini par la décrédibiliser

Lewis Trondheim

Les années suivantes voient les Français Dupuy-Berberian, Blutch, Baru et l’Américain Art Spiegelman récompensés. Arrive 2012 et le premier clash public. Jean-Claude Denis, auteur d’albums délicieux et délicats, est désigné Grand Prix. En soi, ce choix possède toute légitimité, J-C Denis est à la tête d’une œuvre qui possède un ton à elle. Mais, comme l’élu, plutôt discret, a plein d’amis au sein de l’Académie, des soupçons de copinage se font jour. Alors, des questions d’amitié sont-elles entrées en jeu? Florence Cestac admet: «Certainement, on a bossé ensemble, on se connaît depuis longtemps mais en même temps, c’est un auteur intéressant et il le mérite. C’est toujours pareil, il faut qu’un nom sorte!»

La discorde de la culture

Beaucoup plus grave, dans une lettre ouverte de mars 2012, Lewis Trondheim dénonce le manque de culture et d’ouverture de la majorité des membres de l’Académie et son refus de voir un auteur japonais récompensé. Il raconte avoir quitté les délibérations et annonce ne plus y participer dans le futur si les choses restent en l’état. Toujours par e-mail, il revient sur le vote. «Je pense que l’Académie a scié la branche sur laquelle elle était assise en votant encore pour quelqu’un de connaissance. Ça a fini par la décrédibiliser. Ce que j’ai dit n’était que le reflet de ce que pensait aussi d’autres Grands Prix, une minorité certes, mais surtout l’immense majorité des auteurs.» Quant à la position de l’Académie, à l’époque, vis-à-vis du manga, il précise: «Certains étaient très réactionnaires à cette idée, et conscients de l’être. D’autres se demandaient pourquoi on voterait pour des Japonais alors qu’ils ne votent pas pour nous. D’autres étaient tout à fait ouverts pour honorer un mangaka.» 

Surtout, il nie toute fracture générationnelle. «C’était simplement une question de curiosité et de connaissance de notre médium. Ce n’est pas parce qu’on plus âgé qu’on est arcbouté (…) Souvent, avec Benoît Mouchart (alors directeur artistique du festival), il a été question d’apporter des livres de plein d’auteurs susceptible de devenir Grand Prix lors de la délibération afin que chacun voit un peu de qui il retournait. Mais ça n’a jamais été vraiment fait. Un livre doit se lire, pas se feuilleter au dernier moment.» Florence Cestac apporte un autre son de cloche: «Lewis est de mauvaise foi! Ce n’est pas vrai, il y avait peut-être un ou deux membres qui ne connaissaient pas, ou mal, le manga.»

Willem vs Toriyama, duel au sommet

Quoi qu’il en soit, en 2013, le mode de scrutin est bouleversé: l’Académie choisira dans une liste de cinq auteurs établie par tous les auteurs. Conséquence du coup de gueule de Trondheim? «Je n’ai pas proposé ce changement.» Le 3 février 2013, les anciens Grands Prix doivent départager Alan Moore, Katsuhiro Otomo (Akira), Akira Toriyama (Dragon Ball), Chris Ware (Jimmy Corrigan) et Willem. Via Twitter, Lewis Trondheim informe en direct de l’état des votes et du nombre de votes blanc.

Puis il dénonce le seuil d’incompétence de la majorité de l’Académie qui vote pour le seul auteur qui lui est connu.

Trois ans plus tard, il se souvient de ce moment: «Après avoir répété plusieurs fois: “soyez curieux, lisez de la BD, des comics, des mangas, lisez untel ou untel”, rien ne se passe et l’Académie vote pour la personne qu’elle connaît le plus. Même si Willem est un excellent auteur qui mérite tout à fait son prix, ce qui me gêne, là, c’est qu’il est élu parce que la majorité des votants ne connaissaient pas du tout les autres.» Florence Cestac nie totalement sa version des faits: «Il prétend ce qu’il veut mais il est d’une mauvaise foi totale. Lui voulait absolument Toriyama, comme ce n’est pas lui qui est sorti du lot, il nous a engueulés en nous disant que l’on n’y connaissait rien, qu’on était vieux, des ringards! Moi, j’étais absolument ravie parce que Willem est un grand monsieur, on l’avait choisi parce que c’est lui qui nous touchait le plus. Qu’il arrête de raconter des salades. Lui veut toujours un peu diriger. Il faut défendre ce que l’on aime mais chacun vote et il faut se plier à la majorité. Ça, ça ne lui plaisait pas.» 

Le lot de rattrapage

Que Willem reçoive le Grand Prix déconcerte ceux qui le pensent uniquement dessinateur de presse et méconnaissent son imposante œuvre BD et son rôle dans l’underground européen. Son élection permettra d’ailleurs des rééditions opportunes telles que l’anthologie Traquenards et mélodrames.

Devant des assauts anti-manga de certains membres de l’Académie durant les conciliabules, j’ai compris que jamais un mangaka ne serait Grand Prix

Lewis Trondheim

Surprise, lors de la cérémonie, un prix spécial est décerné à Toriyama, une initiative de Lewis. «Devant des assauts anti-manga de certains membres de l’Académie durant les conciliabules, j’ai compris que jamais un mangaka ne serait Grand Prix. À la fin des délibérations, j’ai discuté avec Franck Bondoux (le délégué général du festival, ndlr) qui avait assisté pour la première fois au vote et je lui ai dit que ce serait peut-être pas mal que le festival remette un prix spécial à Toriyama pour le 40e anniversaire. Il était arrivé en tête des votes de la profession… Je regrette sincèrement de ne pas avoir pensé à proposer cela à toute l’Académie lorsqu’elle était encore réunie. Même si je pense que ma proposition n’aurait pas été couronnée de succès.»

La fronde

Cestac ne cache pas son trouble face à cette initiative: «Par derrière, Trondheim a rendu le prix du 40e anniversaire sur scène sans nous en avoir parlé avant! Ils se sont arrangés… Ce qu’il oublie de dire c’est qu’il a un contrat avec le festival d’Angoulême. Il est quand même plus impliqué que nous, c’est normal qu’il essaye de leur faire plaisir.» Précision: en 2007, Lewis Trondheim a créé pour le festival un petit personnage tout mignon, le Fauve qui, devenue mascotte, est décliné chaque année. Mais l’auteur ne fait pas du tout partie de l’organisation. Il avoue à la fin de son e-mail: «Je suis mal à l’aise parce que de nombreux Grand Prix que j’estime se sont fâchés avec moi.»

Lewis Trondheim

En 2014, sonnez trompettes, le mode de désignation du Grand Prix est encore modifié! (Deux secondes, je remets de l’aspirine dans mon café au guarana) 2014, le mode de désignation du Grand Prix est donc modifié. Tout auteur de BD publié en France pourra voter pour trois auteurs tirés d’une liste de 25 noms décidée pour 80% par l’organisation du festival et pour 20% par l’Académie. Au deuxième tour, les auteurs accrédités et l’Académie devront distinguer un des trois auteurs arrivés en tête. La dilution des prérogatives de l’Académie ne plaît pas à 16 de ses membres qui déclarent quinze jours avant le festival ne plus vouloir siéger au sein de l’AcadémieFlorence Cestac fait partie des démissionnaires.

Aucune femme dans la liste…

Finalement, coup de théâtre, l’Académie est dissoute et, comme entre 1997 et 1999, tous les auteurs –enfin, ceux qui veulent voter– choisissent le Grand Prix. Plutôt avec discernement puisque Bill Watterson, le génial créateur de Calvin & Hobbes, et Katsushiro Otomo (Akira, entre autres) sont honorés respectivement en 2014 et 2015. Lewis Trondheim commente: «Tel que le festival proposait la façon de voter, l’Académie avait 50% des votes et le reste de la profession 50% aussi. Ça me semblait être moins radical que de virer purement et simplement le rôle de l’Académie. Mais finalement, je suis ravi que ce soit toute la profession qui vote.»

Donc, ça y est, l’horizon est enfin dégagé, la solution parfaite trouvée? Oui, tout va bien; le festival divulgue au début de ce mois de janvier la liste de trente auteurs retenus pour le futur Grand Prix. Gros malaise: aucune femme n’y figure. Florence Cestac, qui a été interviewée par le Washington Post à ce sujet, commente: 

«Ils ont fait n’importe quoi, pas une seule femme, alors qu’il y en a amplement qui mérite, Chantal Montellier, Posy Simmonds... Au sujet de Marjane Satrapi, certains disent: “oui, mais elle ne fait plus de BD”. C’est aussi le cas de Watterson qui ne fait plus de BD depuis vingt ans. Il n’y a pas de règles, les années n’ont pas d’importance. Il y a des gens de la nouvelle génération qui le mérite amplement, prenez Marion Montaigne… Quand existait l’Académie, tous les ans, je faisais attention à ce qu’il y ait toujours des femmes dans la liste. Ce festival est maintenant tenu par des gens qui sont peut-être très bons commerçants, très bons gestionnaires, mais pour le relationnel…»

Il y aura toujours les mecs qui dessineront des filles à gros nichons avec des flingues dans chaque main mais on n’est pas obligé d’acheter leurs bouquins

Florence Cestac

«C'est un combat perdu d'avance»

D'après la publication annuelle de l’Association des Critiques de BD établi par Gilles Ratier, la proportion d’auteures est estimée à 12,4% (voir page 34 du rapport), un pourcentage encore faible mais loin d’être nul. Pour Lewis Trondheim: 

«C’était une mauvaise idée à la base de proposer une pré-liste. Et je pense que ça aurait été absurde d’en rajouter. Combien? Sur quels critères? Il y aurait même pu avoir une réaction inverse du genre: “Puisque vous voulez 12% de femmes dans la sélection du Grand Prix, on va les mettre. Et pour la sélection officielle des livres en compétition, on avait mis 24% de femmes sans réfléchir, on va redescendre ce chiffre à 12%.” La bande dessinée est un milieu où il y a vraiment peu de sexisme. Un auteur est payé selon ce qu’il vend, qu’il soit homme ou femme. Là où il y a du sexisme et ça vaudrait la peine de se battre, c’est sur certaines couvertures de magazine BD avec toujours des femmes semi-dénudées. Ou sur le prix Artemisia qui récompense une bande dessinée d’une auteure. Imaginez qu’on crée un prix pour uniquement des auteurs hommes… Le sexisme existe dans les deux sens.»

Pour finir sur le sexisme dans le milieu BD, Florence Cestac, qui a participé à la fantastique mais éphémère revue BD féministe Ah Nana et qui a cosigné en 1985 une tribune dans le Monde initiée par Chantal Montellier ou Nicole Claveloux dénonçant les «crasseux fantasmes machos», précise: «Le Prix Artemisia, c’est bien que ça existe mais je ne suis pas chaude pour séparer, faire un prix pour les filles pour les garçons.» Quant aux clichés sexistes, elle se montre philosophe. «Il y aura toujours les mecs qui dessineront des filles à gros nichons avec des flingues dans chaque main mais on n’est pas obligé d’acheter leurs bouquins. C’est la liberté d’expression, donc chacun son truc. Je n’en fais pas un drame, de toute façon, c’est un combat perdu d’avance. Je dis toujours aux dessinatrices: les choses vont se faire mais il faut bosser, prouver que l’on a autant de talent que les mecs.» À suivre, forcément…

1 — J’avoue mon impardonnable ignorance,  je n'ai jamais eu un de ses albums dans les mains, chic je vais donc découvrir son travail. Retourner à l'article

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