Monde

Le quotidien d’un sauveteur bénévole en mer Méditerranée

Temps de lecture : 2 min

Un secouriste australien a passé dix jours dans les eaux séparant la Turquie de l’île grecque de Lesbos.

Une réfugiée et son enfant ont été secourus en essayant d'atteindre l'île grecque d'Agathonisi, dans la mer Égée, le 16 janvier 2016 | Angelos Tzortzinis/AFP
Une réfugiée et son enfant ont été secourus en essayant d'atteindre l'île grecque d'Agathonisi, dans la mer Égée, le 16 janvier 2016 | Angelos Tzortzinis/AFP

En Australie, à Melbourne, Simon Lewis préside un club de sauvetage, le St Kilda Surf Lifesaving Club. Après avoir vu dans les médias l’horreur des naufrages en Méditerranée et la photo du petit Aylan, il décide de s’y rendre en tant que secouriste bénévole. Il passera dix jours dans les eaux séparant la Turquie de l’île grecque de Lesbos.

Lewis explique à The Independent qu’il ne s’est pas engagé pour une raison politique:

«Je ne suis allé là-bas que parce que je suis un sauveteur. J’ai vu l’image de l’enfant qui s’était noyé [Aylan Kurdi; NDLR] et j’ai réalisé que, grâce à mon travail, j’avais des compétences uniques. Je me suis donc dit: pourquoi ne pas y aller?»

Il s’est aussi confié à la chaîne australienne SBS: «Le premier jour, nous étions sur la plage depuis quelques heures, et nous avons secouru un bateau de 200 réfugiés. C’était un vrai baptême du feu.» Au total, son équipe et lui ont secouru 517 réfugiés, des enfants de 6 mois mais aussi des octagénaires, rapporte le Sydney Morning Herald.

Plusieurs médias australiens comme ABC.net ont écrit que Lewis et son équipe avaient vu trente-et-une personnes mourir sans pouvoir agir car elles se trouvaient dans les eaux internationales. À The Independent, il dénonce une exagération des faits par les médias: «Nous n’avons pas réellement vu trente-et-une personnes mourir devant nous. [...] Les lois concernant le trafic de migrants peuvent être en vigueur, mais quel sauveteur n’interviendrait pas?»

En effet, les équipes de sauveteurs ne sont pas autorisées à intervenir en eaux internationales, sous peine d’être accusées de trafic de clandestins, sauf si les migrants sont en danger de mort. Le bénévole raconte au Guardian et aussi à la radio australienne 3AW une scène frappante, au cours de laquelle une mère a voulu sauver son bébé des eaux en le tendant aux sauveteurs et où ils ont dû reculer: «Nous ne pouvons pas juste les faire passer de leur bateau au nôtre parce qu’il est plus sûr. Nous devons attendre qu’ils soient dans l’eau, dans une situation désespérée.»

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