Monde

Dix regards d'écrivains sur les printemps arabes

Repéré par Fanny Arlandis, mis à jour le 25.01.2016 à 12 h 15

Repéré sur The Guardian

En janvier 2011, le Guardian a demandé à des auteurs arabes d'écrire sur les révolutions naissantes. Ils reprennent la plume cinq ans plus tard.

Un manifestant sur la place Tahrir, dans le centre du Caire, le 30 janvier 2011. AFP /MARCO LONGARI

Un manifestant sur la place Tahrir, dans le centre du Caire, le 30 janvier 2011. AFP /MARCO LONGARI

En janvier 2011, le Guardian a demandé à des écrivains arabes d'écrire sur les révolutions en cours. Ben Ali vient alors de fuir la Tunisie pour l'Arabie saoudite, l'Égypte est en train de se lever et Hasan Ali Akleh s'est immolé par le feu pour protester contre le régime de Bachar al-Assad, imitant le tunisien Mohammed Bouazizi. Cinq ans plus tard, le journal britannique a demandé à ces mêmes auteurs de réécrire un nouveau texte.

«Ces cinq dernières années, l'image de la Tunisie dans les médias nationaux et internationaux est passée de façon spectaculaire du berceau du printemps arabe au dernier espoir des printemps arabes», écrit le tunisen Nouri Gana. Sans nier les difficultés auxquelles doit faire face le pays, il souligne cependant la «dégénérescence désastreuse» des autres soulèvements qui ont plongé la Syrie et la Libye dans la guerre et l'Égypte sous régime militaire. 

Depuis la prison, l'Égyptien Alaa Abd El-Fattah dit «perdre [s]es mots». Il revient sur les questionnements, notamment narratifs, qui ont jalonné les premiers mois de 2011 puis aborde les différents points de bascule, comme le massacre de Rabaa, dans lequel plus de 1.000 personnes sont mortes le 14 août 2013. Il se positionne à cette époque-là en faveur de l'acceptation de la «défaite» de la révolution pour «maintenir la défense de droits humains de base». Puis il arrête peu à peu d'écrire. Lorsqu'il publie cet article en janvier 2016, cela fait plus d'un an qu'il n'avait pas pris position. «Je n'ai rien à dire: pas d'espoir, pas de rêve, pas de craintes, pas d'avertisement, pas d'idée, rien, absolument rien». 

«J'avais tort»

Le poète palestinien Mourid Barghouti est, lui, beaucoup plus optimiste «pour les deux millions d'Égyptiens qui ont vécu ce moment de gloire et sont passés par la douleur et la joie, la découverte de leur potentiel, l'estime de soi et le courage ne seront pas facilement perdus –le fait qu'ils l'ont fait une fois est la preuve qu'ils peuvent le faire à nouveau». 

Si la révolution en Libye «a peut-être juste commencé», selon le poète Khaled Mattawa, la Syrie «a connu les profondeurs de la dépravation humaine», note le syro-britannique Robin Yassin-Kassab. «Les Syriens ont aussi démontré la créativité la plus inspirante et une résilience dans les plus terribles circonstances». C'est cette créativité syrienne que retient également le palestinien Raja Shehadeh: «Il y a cinq ans, je regardais les façons inspirantes et créatives par lesquelles le peuple syrien exprimait sa rebellion contre le régime d'Assad, parfois avec la danse, les chansons, les graffitis et les dessins. J'ai alors pensé que quand un peuple se soulève contre l'oppression il gagnera forcément à la fin. J'avais tort.»

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