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Selon le Financial Times, Vladimir Poutine a demandé à Bachar el-Assad de démissionner

Temps de lecture : 2 min

Un chef des services secrets russes se serait rendu à Damas fin 2015 pour convaincre le président syrien.

Poutine à Moscou, le 30 septembre (REUTERS/Alexei Nikolsky/RIA Novosti/Kremlin)
Poutine à Moscou, le 30 septembre (REUTERS/Alexei Nikolsky/RIA Novosti/Kremlin)

Dans le chaos qui règne en Syrie depuis 2011, on croyait que le soutien de la Russie à Bachar el-Assad était indéfectible. Et pourtant, le Financial Times affirme que Moscou a demandé au président syrien de démissionner.

Il y a quelques semaines de cela, Vladimir Poutine aurait envoyé à Damas Igor Sergun, directeur de l’agence de renseignement GRU, pour une mission très spéciale. Le Financial Times écrit:

«Le général, qui s'est fait les dents en tant qu’espion en Syrie, a porté un message de Vladimir Poutine au président Bachar el-Assad: le Kremlin, le plus puissant protecteur du dictateur syrien à l’international, estimait qu’il était temps pour lui de démissionner.»

Ce qu’a bien évidemment refusé le président syrien.

Ce basculement supposé dans les relations entre les deux pouvoirs prouve bien, selon le journal britannique, le sentiment d’optimisme qui a traversé les services secrets occidentaux à la fin 2015, notamment parce que la Russie a compris que son intervention militaire pour soutenir Damas avait atteint ses limites. «M. Poutine a jeté un coup d’œil sous le chapeau du régime syrien, explique une source au sein des services secrets européens au journal, et il a trouvé beaucoup plus de problèmes que ce à quoi il s'attendait.» Dimitri Trenin, président du think tank Carnegie Moscow Center, ajoute que «pour Poutine, l'objet de l’intervention en Syrie n’a jamais été de garder Assad au pouvoir: il s’agissait de faire savoir aux Américains que la Russie aurait un rôle central dans le règlement de ce conflit, et cela se met en place via le processus de Vienne».

De son côté, Moscou a d’ores et déjà nié ces affirmations. Le Guardian rapporte que Dimitri Peskov, porte-parole de Poutine, a simplement déclaré que «non, ce n’est pas le cas» lorsqu’un journaliste lui a demandé si la démission d'Assad avait bien été demandée par le Kremlin.

En revanche, il y a quelques jours à peine, Poutine lui-même reconnaissait, dans une interview à Bild, que, s’il était trop tôt pour envisager d'accorder l'asile à el-Assad, ce dernier avait commis «beaucoup d’erreurs».

Un seul homme pourrait donner le fin mot de l’histoire rapportée par le Financial Times: Igor Sergun, l’envoyé de Moscou à Damas. Seulement voilà, il est décédé le 3 janvier dernier. Le Guardian relaie ce qu'un responsable gouvernemental expliquait à une agence de presse russe: «L’une des raisons de sa mort est la fatigue –le travail, le manque de sommeil et tous les symptômes qui vont avec sa position.»

Slate.fr

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