Histoire

La barbe, cet excellent marqueur historique

Repéré par Sacha Nelken, mis à jour le 26.01.2016 à 14 h 57

Repéré sur Esquire

Le Jour ni l’Heure 2214 : Jean-Baptiste Carpeaux, 1827-1875, Hector implorant les dieux en faveur de son fils Astyanax, 1854 | Renaud Camus via Flickr CC License by[

Le Jour ni l’Heure 2214 : Jean-Baptiste Carpeaux, 1827-1875, Hector implorant les dieux en faveur de son fils Astyanax, 1854 | Renaud Camus via Flickr CC License by[

Ces dernières années, le nombre de personnes arborant une barbe dans nos rues a fortement augmenté. Pas seulement «accessoire de style», cette pilosité affichée pourrait en dire long sur notre époque et sur les précédentes, selon Christopher Oldstone-Moore, auteur du livre Of Beards and Men, qui accorde une interview au site américain Esquire et pour qui «l’histoire des hommes est écrite sur leurs visages».

Dans cet entretien traitant de l'évolution de la barbe à travers les âges, le nom d’Alexandre le Grand est largement cité puisque Oldstone-Moore nous apprend qu’il est le premier à avoir imposé le rasage comme une norme en Occident. Le roi de Macédoine, qui vivait au IVe siècle avant Jésus-Christ, demandait notamment à ses guerriers de se raser pour ne pas qu’on puisse les attraper par la barbe dans les combats au corps à corps.

Outre aujourd'hui, l'universitaire dénombre trois autres périodes durant lesquelles la barbe était «in» le XIXe siècle, où les hommes de toutes les classes sociales adoptaient le poil; le Moyen-Âge et le tout début de la Renaissance; et, enfin, le règne de l’empereur romain Hadrien (117-138 après Jésus-Christ). Se voyant comme un empereur «sage», il décida de se laisser pousser la barbe, à l’instar des philosophes stoïciens, afin de se rapprocher de la nature et d’en respecter les lois.

La barbe est donc aussi un marqueur de l’époque. Elle sert, à chaque fois, à redéfinir dans un sens ou dans l'autre la perception que l'on peut avoir de la virilité. Quand les Égyptiens, durant l’Antiquité, allaient jusqu’à se raser intégralement (cheveux compris), les Romains gardaient la barbe en signe de sagesse. Chaque civilisation a sa propre perception de ce que représente la barbe, signe de bestialité pour les uns, de culture pour d'autres.

La grande mode de la barbe actuelle est symptomatique d'une époque où les codes sociaux ont éclaté. Elle n’est plus réservée aux hipsters ou aux religieux, mais bien à la société masculine toute entière, des campagnes jusqu’au conseil des ministres. Reste maintenant à voir si cette mode va perdurer: en tout début d'année, le Telegraph penchait plutôt pour le non.

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